‹ Hygiène sociale de l'enfanceChapitre 53 sur 212 · ROLE DES MÉDECINS SCOLAIRES · texte numérisé non relu

ROLE DES MÉDECINS SCOLAIRES

4° La surveillance de la sanlé intellectuelle. — Le médecin doit intervenir dans l'établissement des horaires et dans la répartition du travail cérébral ; il doit signaler aux maîtres les enfants auxquels, en raison de leur santé, il ne faut demander que des efforts restreints et chercher à évaluer les capacités individuelles ; il doit étudier les anormaux psychiques et demander leur placement dans des établissements spéciaux.

5° L'éducation hygiénique des enfants et des maîtres. — Le médecin peut, dans ce but, faire un enseignement élémentaire ; en tout cas, il doit saisir toutes les occasions pour montrer ce qu'il faut faire et ce qu'il ne faut pas faire, au point de vue de l'hygiène.

Telles sont les principales attributions réclamées par les médecins scolaires. Elles ne sont pas sans soulever des contestations. Maîtres et médecins sont d'accortl pour réserver à ces derniers la surveillance de l'hygiène de l'école et la prophylaxie des maladies contagieuses. Mais l'accord cesse quand il s'agit de leur laisser la surveillance de la santé physique et intellectuelle des écoliers et l'éducation hygiénique. Les maîtres, d'une part, les médecins de famille, d'autre part, semblent redouter que les médecins inspecteurs n'empiètent sur les terrains qui leur sont légitimement réservés.

A vrai dire, de telles craintes ne sont pasjustifiées.

Le médecin scolaire a un rôle bien différent de celui du maître • . Il surveille le développement physique de l'enfant ; il signale l'influence que peut exercer sur sa santé un travail intellectuel trop fort pour lui et appelle l'attention du maître sur les précautions qu'il convient de prendre. Lui seul peut, en connaissance de cause, déceler des troubles fonctionnels ou des lésions organiques responsables de l'inattention, de la paresse, du retard intellectuel, etc. Sa collaboration est précieuse pour le maître. 11 ne contrarie en aucune façon l'action de ce dernier ; il l'aide, au contraire, et la favorise. Il « doit rester dans ses attributions et ne pas s'immiscer dans celles du pédagogue. Au premier incombe la surveillance du développement physique, au second la culture des facultés intellectuelles ». Mais ils ont un but commun : « le perfectionnement harmonieux des facultés physiques, intellectuelles et morales de l'enfant » (Dufestel) .

Le médecin scolaire ne peut pas remplacer le médecin de famille, dont le rôle d'ailleurs est souvent bien restreint dans la population

i.De Pradel, Collaboration des médecins et des éducateurs dans les écoles, llyqïïne scolaire, janvier 1911, n° 33, p. 1.

ouvrière. Le médecin scolaire se borne, en effet, à signaler les imperfections physiques de l'eu Tant, sans lui prescrire de traitement *. L'école ne doit plus se bornera répandre l'instruction ; elle doit veiller aussi au développement complet de L'enfant pour en faire un homme sain et vigoureux. L'instruction primaire obligatoire a pour Corollaire la culture physique obligatoire.

Page 1