‹ Hygiène sociale de l'enfanceChapitre 61 sur 212 · Pr. Merklen, Société de pédiatrie, i(i mai 1911, p · texte numérisé non relu

Pr. Merklen, Société de pédiatrie, i(i mai 1911, p

Age.

Pé

ri mi'

tre xiphoïdien cm.

2 à 3 ans

mètre thoracique, d'abord faible, devient très importante à la fin de la grande enfance.

En chiffres ronds, elle est annuellement :

entre 2 ans 1/2 et 12 ans 1/2, de 1 cm.

De i'i ans 1/2 à i5 ans, le périmètre reste fixe.

b) Hauteur thoracique. — Elle est fournie par la distance, mesurée sur la ligne mamelonnaire, qui sépare le rebord supérieur delà clavicule du rebord costal. Voici les chiffres que Cruchet et Sérégé ont relevés chez les garçons :

Age. Hauteur thoracique.

cm.

i4 à iô ans 27

L'accroissement de la hauteur thoracique est sensiblement parallèle à celui du périmètre thoracique, mais il est beaucoup moins considérable. De 2 ans 1/2 à i4 ans 1/2 la première augmente de 10 cm. et le second de 3o cm. La hauteur thoracique augmente surtout de 11 ans 1/2 à i!\ ans 1/2 (1 cm. 5 par an).

c) Diamètres thoraciques. — Le diamètre anléro-postérieur DAP et le diamètre transverse Dï se mesurent à la hauteur de l'appendice xiphoïde. L'indice thoracique (Fourmentin) est fourni

par le rapport suivant : indice thoracique = — *

d) Le diamètre bi-acromial donne la largeur des épaules. Pour A. Binet, il exprime le développement du corps en largeur et il complète ainsi les données fournies par la taille, laquelle exprime la croissance en hauteur.

Diamètre bi-acromial chez les garçoas (Binet).

Age.

lui

leur thoracique.

cm.

ans

IÔ

Age.

Diami

lie l)i-;i cm.

cromial.

Age.

Diamètre bi-acromial cm.

!\ ans

9 ans

Les mensurations du thorax comparées aux mensurations de la taille et du poids fournissent encore d'autres indications.

Rapport du périmètre thoracique h la taille. Indice de vitalité. — Ce rapport reste faible jusque vers 12 ou i3ans; d'après Roberts, il atteint son minimum (o,/|5) chez le garçon de 12 ans. A partir de ce moment, il augmente rapidement et, vers 17 ans, il devient ce qu'il est chez l'adulte (o,5i).

D'après la loi de Daily, utilisée pendant longtemps par le recrutement français, le périmètre thoracique doit être supérieur de deux centimètres à la demi-taille. Cette loi n'est pas exacte chez l'enfant:

Ans

IO

AO

Fig. 49. — Coefficient de robuslicité de i à ai ans Courbe moyenne (Maïet).

les mensurations effectuées sur 5o élèves de lycée, âgés de t 5 à 19 ans, ont montré à Manès i qu'il est toujours inférieur à la demi-taille.

Rapport du périmètre thoracique, de la taille et du poids. Coefficient de robusticité. — Ce coefficient C R est évalué par la formule suivante de Pignet :

T — [P + Cire, thorac] = C R

T étant la taille en centimètres, P le poids en kilogrammes.

Mayet (fig. 49) a utilisé pour les enfants une formule qui donne des résultats sensiblement analogues à la précédente :

cire, thorac. insp. + cJrc- thorac. expir.

1. 0. Manès, La circulaire de 1902. Valeur sémeiologique des mensurations thoraciques faites dans les lycées, Thèse de Paris, 1913.

EX A M EN A N THROPOMÉ TRIQ LE Il a obtenu pour les deux sexes :

à 2 ans

» 10 et il ans

a îo ans » a i —

.li!)

Chez les garçons les valeurs sont un peu plus faibles ; chez les filles, un peu plus élevées.

La constitution de l'enfant est d'autant plus mauvaise que C R est plus élevé au-dessus de la moyenne, d'autant meilleure qu'il est plus bas. Dans le premier cas, en effet, l'enfant est grand et étroit ; dans le second, petit et râblé.

3° Mensurations des segments du corps. Croissances segmentaires. — Les mesures et les rapports que nous venons d'étudier ne donnent qu'une idée insuffisante du corps des enfants.

Fig. 5o. -- Proportion du corps de l'enfant (Stratzi. Naissance 2 ans 6 ans 12 ans

4 hauteurs 5 hauteurs G hauteurs ~ hauteurs

de tète. de tète. de tête. de tête.

La ligne poinlillée indique le milieu du corps.

Celui-ci. en effet, n'est pas une réduction d'un corps d'adulte et son développement ne porte pas simultanément sur toutes ses parties. Ses proportions diffèrent notablement d'une période à l'autre, caries croissances segmentaires ont leur individualité propre (fig. 5o). |r; Il importe tout d'abord de préciser la part qui revient au buste et aux: membres inférieurs dans l'allongement du corps.

La hauteur du buste s'obtient, l'enfant étant assis, en mesurant la distance qui sépare le p!an du siège du vertex.

La hauteur réduite des membres inférieurs est donnée en soustrayant la hauteur du buste de la taille debout.

Ces données, qu'il est facile de recueillir, conduisent aux conclusions suivantes, établies par les travaux deGodin l. , A la naissance, le buste constitue environ les deux tiers delà taille. Ensuite il grandit moins vite que les membres inférieurs.

Les membres inférieurs s'allongent beaucoup de la naissance à 7 ans, âge où leur longueur de naissance est doublée (N X 2), beaucoup moins de 7 à i5 ans, âge où leur longueur de naissance est triplée (N X 3), très peu après i5 ans.

Le buste s'allonge peu jusqu'à 7 ans (la longueur de naissance est

doublée à 6 ans = N X 2), très peu de 7 à i5ans, beaucoup ensuite.

La longueur de naissance n'est triplée qu'à l'âge adulte.

§ Le rapport de Manouvrier — , B étant le buste, S la hauteur

réduite des membres inférieurs (taille debout moins la hauteur du buste), varie suivant les périodes de l'enfance. Il permet de distinguer des enfants à membres inférieurs et à bustes normaux (mésatiskèles) , à membres inférieurs courts et à longs bustes {brachyskèles), à membres inférieurs longs et à bustes courts (macroskèles).

Ce rapport est surtout intéressant à connaître à la fin de la grande g enfance. Vers i3 ans 1/2, tt vaut :

chez les mésatiskèles 90

— brachvskèfes 87

— macroskèles 96(9^-98)

Il ne suffit pas, comme le fait remarquer Godin, de mesurer la taille. On apprend ainsi qu'un sujet est moyen, petit ou grand. Mais il faut tenir compte des proportions relatives des membres inférieurs et du buste. Tout accroissement exagéré portant uniquement sur les membres inférieurs, surtout de i3 à 16 ans, alors que normalement ceux-ci n'augmentent que peu, est suspect. Il se fait, en effet, au détriment du buste, qui ne prend alors qu'une part à peine appréciable à l'allongement de la taille ; il y a transgression des phases régulières d'alternance. Cette transgression se produit sous l'influence

1. Paul (iodim, Recherches anthropométriques sur la croissance des diverses parties du corps, Paris, 1903, et Les proportions du corps pendant la croissance,

Société d'anthropologie, 1910.

de la claustration, de l'insuffisance d'air, de lumière, d'activité, pendant la convalescence d'une longue maladie.

Les membres supérieurs se comportent comme les membres inférieurs. Leur longueur de naissance est doublée à 5 ans, triplée à i5 ans 1/2.

La grande envergure, c'est-à-dire la distance entre les extrémités des médius des deux mains, les membres étant placés horizontalement en croix, est un peu inférieure à la taille à la naissance, égale à la taille vers 5 ans, un peu supérieure à elle vers i4 ans.

La tête, le cou, le bassin, etc., se développent suivant des règles intéressantes à connaître. Mais le médecin scolaire n'a pas à s'en occuper dans la pratique journalière. Mentionnons cependant que la circonférence céphalique, passant par les parties les plus saillantes des bosses frontale et occipitale, mesure, d'après Bonnifay ', pour les deux sexes :

la naissance

34 cm.

de

52 cm

1 an

de

a à 3 ans

Elle s'accroît au total de 20 centimètres pendant l'enfance.

L'accroissement, rapide pendant les deux premières années, se ralentit ensuite peu à peu, atteint son minimum de 8 à n ans 1/2, et présente une légère accélération de 1 1 ans 1/2 à i3 ans 1/2. Chez les filles, il est, comme l'a montré Mlle Francillon -, un peu plus précoce que chez les garçons, mais l'avance ne persiste pas et finalement leur tête reste plus petite que celle des garçons.

4° Notation des signes de puberté. — La fin de l'enfance coïncide, nous l'avons vu, avec l'évolution delà puberté. Il importe de pouvoir en suivre les étapes, car les modifications qu'elle apporte à l'organisme ont une importance considérable pour l'hygiène et l'éducation.

Parmi ses diverses manifestations, une des plus intéressantes, au point de vue pratique, est l'apparition et la poussée des poils. Pubère signifie : commencer à se couvrir de poils.

Ils apparaissent d'abord au pubis, plus tard dans les aisselles.

Chez les garçons, les examens semestriels permettent les constata-

1. Jean Bonnifay, Du dévetappement de la tête au point de vue de la céphalc» mélrie depuis la naissance jusqu'à l'âge adulte, Thèse de Lyon, 1897.

2. M'!e Frakcillon, Essai sur la puberté chez la femme, Thèse de Paris, 1905.

lions suivantes, qu'Usera facile dénoter en suivant la méthode pro posée par Godin :

vers i!\ ans 1/2 apparition îles poils pubiens P1

. — l5 — poils pubiens plus nombreux I'-

— îô — 1 a — encore — .... 1" — apparition des poils axillaires A1

— 17 — 1/2 développement complet des poils pubiens

et axillaires ]' A

A P3A* correspond l'éclosion pubertaire ; elle est précédée, avec P-, de la mue de la voix.

A PyA3 correspond la fin de la période pubertaire ; elle a lien deux ans après l'éclosion. C'est alors seulement que survient le grossissement des organes génitaux.

Chez les filles, le développement des poils se fait dans le même ordre. La première menstruation se produit un peu avant l'apparition des poils axillaires. A Paris, elle a lieu entre 12 et 17 ans, généralement de i4 à i5 ans.

Cen'estque 5 ans après l'éclosion de la puberté (P-'A1) et les premières règles que le sujet est véritablement nul/ile, c'est-à-dire « un reproducteur aussi parfait que lui permet son conditionnement individuel » (Godin).

\ous avons déjà signalé l'importance de la puberté, au point de vue de l'hygiène scolaire, de la pédagogie et de la morale. La séparation des pubères et des non- pubères s'impose. Quand un enfant retartadaire se trouve placé au milieu d'autres enfants de son Age déjà pubères. il en éprouve, dit Godin, «un malaise quia poureffet appiv ciable l'instabilité », et cet auteur ajoute : « Vous concevez le danger auquel est exposé un enfant qui est placé dans un milieu d'enfants possédant des attributs qu'il ne possède pas lui-même. »

Pour des raisons de convenance, le médecin scolaire devra être très réservé dans la recherche des caractères de la puberté. En pratique, celle-ci sera limitée à des cas particuliers, quand un enfant présentera des symptômes qui attirent spécialement l'attention sur son développement physique ou intellectuel, sur son caractère, sur sa moralité, sur son état de santé.

5" Mensuration de la capacité respiratoire — Elle s'effectue au moyen du spiromètre ' . Mais dans la pratique scolaire il n'est

1 Vigneron i>'Ili:i 1 < h 1 \ ii.i.e, L'acte respiratoire. Essai sur la rééducation respiratoire, Thèse de. Paris, 1910, p. 83 et suivantes. — (i. I! -imiim, Les applications médicales de la gymnastique respiratoire, Journal médical français, septembre 19 13.

guère possible d'y avoir recours et, en général, on doit se contenter des renseignements fournis par la mesure deVampliation thoracique. Le spiromètre est un appareil qui permet d'évaluer la quantité maxima d'air rejetée dans l'expiration forcée. Il en existe divers modèles. Les plus anciens sont ceux d'Hutchinson, fondateur de la méthode, et de Schnepf. Des spiromètres pratiques, d'un maniement

Fig. 5i. — Spiromètre de Yerdin.

aisé, ont été construits dans ces dernières années. Citons ceux de Yerdin (fig. 5 1), de Boulitte, de Dupont-Brùcker, de Lance et Javary.

L'emploi du spiromètre est difficile avant Sou 10 ans, à causedes précautions qu'il exige. L'estomac doit être vide, pour ne pas gêner les mouvements du diaphragme. L'enfant se place debout ; après avoir inspiré lentement par le nez, il expire par la bouche clans l'embouchure du spiromètre. L'expiration doit être modérément soutenue ; il convient de recommander aux enfants de ne pas souffler trop fort dans l'appareil.

Hutchinson conseille de recommencer l'expérience plusieurs fois. Dufestel pratique trois épreuves successives espacées de deux minutes et il note l'expiration maxima.

Voici les chiffres moyens recueillis par Schnepf :

Age.

Capacité respiratoire '.

4oo à 500 cm3

8oo » i.ooo —

8 » io

i.35t cm3

Age. Capacité respiratoire,

io à 12 ans 1.760 cm3

iô — 2.544 —

1. Volume d'air rejeté dans une expiration maxima après une inspiration maxima.

Voici ceux donnés par A. Binet pour les garçons

Age.

Capacité respiratoire

Age.

Capacité respiratoire

935 ciu;

1 1 ans

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