‹ Hygiène sociale de l'enfanceChapitre 64 sur 212 · MOBILIER SCOLAIRE · texte numérisé non relu

MOBILIER SCOLAIRE

SOMMAIRE. — [. Hygiène des locaux. — A. Rôle du médecin au moment de la création d'un établissement scolaire. — Données générales.

1° Externats : situation, emplacement, superficie, construction, plan (tes bâtiments. — a. Classe, y.. Eclairage naturel ; orientation, éclairage unilatéral ou bilatéral, fenêtres, détermination photométrique, lumière diffuse, visibilité du ciel, stores. — [s. Formes et dimensions de la classe. — y. Cube d'air, échanges respiratoires chez les enfants. — S. Ventilation intermittente, permanente. — î. Chauffage, poêle, chauffage central. — 1. Eclairage artificiel, conditions requises, appareils employés. — 8. Plancher, murs et plafond.

h. Annexes : Vestiaire, cours de récréation, préau couvert, terrains de jeu, salle de gymnastique, atelier de travail manuel. Lavabos, bains-douches, water-closet. Réfectoire, cuisine, parloir, cabinet du directeur, logement des instituteurs. Cabinet médical, salle d'isolement.

2° Internats : situation, ville, campagne. — Locaux (l'enseignement : classes, études, cours de récréation, etc. — Locaux de l'internat : a. Dortoirs en commun et chambres séparées. — b. Lavabos, salles (Ifbains. — c. Infirmerie. — d. Réfectoires, cuisines.

B. Rôle du médecin dans l'entretien des locaux scolaires. — I" Entretien hygiénique journalier. — 2° Entrelien hygiénique annuel. — 3° Entretien hygiénique accidentel. Mesures prophylactiques à la suite d'épidémies. — Casier sanitaire des écoles.

II. Hygiène du mobilier. — A. Table et siège. Attitude normale de l'écolier, — Bases physiologiques du mobilier scolaire. Dimensions du mobilier scolaire. — Modèles divers : Choix d'un modèle. — Inconvénients de la station assise prolongée.

B. Mobilier des écoles maternelles : Table, banc. — Banc scolaire de Pezzarossa. Lit de camp.

C. Influence nuisible d'un mauvais mobilier scolaire. 1" Cène respiratoire. — 2° Déviations de la colonne vertébrale ; cgphose, scoliose. Rdle des attitudes scolaires défectueuses ; causes prédisposantes (terrain, rachitisme tardif). — 3° Myopie : Fréquence. Cause déterminante.

nuise prédisposante. — i" Rôle de l'écriture et des liens scolaires : écriture penchée et écriture droite : influence au point de eue ophtalmologique. — Conditions que doit remplir un bon livre scolaire.

La construction et l'entretien des locaux et du mobilier scolaires ont une répercussion sur la santé des élèves. Il appartient au méde- * cin de rappeler lesprescriptions de l'hygiène à leur sujet et de veiller à leur exécution.

Le médecin doit être appelé à donner son avis au moment de la création de l'établissement scolaire, afin que les locaux réalisent les conditions d'hygiène indispensables aux enfants. Plus tard, pendant le fonctionnement de l'école, il doit veiller à son bon entretien.

A. Rôle du médecin au moment de la création d'un établissement scolaire- — Le médecin doit être consulté sur la construction de l'immeuble pour qu'il soit conforme aux règles générales de l'hygiène.

La situation sera telle que l'aération et la lumière soient largement assurées.

L 'emplacement permettra un accès facile. Autant que possible, on choisira un terrain élevé et distant des agglomérations. On évitera le voisinage des casernes, des hôpitaux, des établissements dangereux ou insalubres, des débits de boissons. On recherchera un entourage de verdure qui purifie l'air et influence heureusement le moral des enfants. La superficie du terrain sera eu rapport avec l'importance delà population scolaire.

Le sol doit être perméable S'il est nécessaire, on effectue, pour supprimer l'humidité, des travaux de drainage.

h' orientation des bâtiments devra permettre la pénétration large des rayons solaires. On ménagera des cours et des préaux suffisamment vastes pour permettre les jeux et les exercices physiques.

La construction des Uni inients doit être économique '. Il faut bannir toute architecture somptueuse et superflue. Il suffit que les bâtiments soient rationnels et hygiéniques, c'est-à-dire que leur aération, leur insolation, leur chauffage et leur éclairage soient adéquats aux besoins des enfants.

I. Augustin Rey, L'école de lavenir : sa construction rationnelle, 1 1 le Congrès international d'hygiène scolaire, III. p. 1S4, Paris, 1910.

L'adduction d'eau potable doit être l'objet d'une attention spéciale. Dans les villes, l'eau est amenée par la canalisation urbaine ; par sa composition et sa pureté, elle vaut ce que vaut l'eau distribuée à la population. Dans les campagnes, on s'approvisionne soit à une source voisine, soit à un puits ; le médecin doit s'enquérir de la provenance de l'eau, la faire analyser, s'assurer qu'elle est prélevée correctement. Dans tous les cas, il convient de prévoir l'installation d'appareils de stérilisation.

h' écoulement des eaux usées est réglementé dans les villes ; mais dans les campagnes il est souvent livré au hasard. Les eaux, si elles deviennent stagnantes, répandent des odeurs malsaines autour de l'école. L'établissement d'une bonne canalisation permettra d'éviter cet inconvénient.

Les principes généraux relatifs à l'hygiène des locaux s'appliquent aux externats et aux internats. Mais les uns et les autres réclament des dispositions particulières.

i° Externats. — Les externats qui nous intéressent plus spécialement ici sont les écoles primaires destinées aux enfants de 7 à i3 ans et les écoles maternelles fréquentées par les enfants de 3 à 7 ans. Nous aurons surtout en vue les écoles urbaines.

La situation et l'emplacement seront conformes aux données générales exposées plus haut. L'école sera bâtie dans une rue tranquille pour éviter les bruits extérieurs nuisibles à l'enseignement. Elle devra être suffisamment éloignée des immeubles voisins, pour que les rayons solaires ne puissent être interceptés. Aujourd'hui encore, trop souvent, il arrive qu'on élève des constructions de six étages au voisinage immédiat d'un bâtiment scolaire. En France, le règlement n'impose qu'une distance de 8 mètres entre une école et les maisons les plus proches ; cette distance est manifestement insuffisante. Elle doit être au moins égale à la hauteur de ces dernières et, mieux, au double de cette hauteur.

La superficie du terrain est basée sur le nombre d'écoliers qui fréquentent l'école.

Le règlement français impose les bases suivantes :

Ecole maternelle. Ecole primaire.

Minimum par enfant 8 m3 10 m3

Minimum par école 4oo m3 5oo m3

La construction des bâtiments ne retiendra pas notre attention. Il convient toutefois que l'école soit élevée sur une cave ou sur un soussol et qu'en principe elle comporte seulement un rez-de-chaussée.

Mais, si cette disposition est facile à obtenir à la campagne, elle est, pour ainsi dire, impossible à réaliser dans la plupart des villes, à cause du peu d'étendue et de la cherté des terrains. Presque toujours des étages superposés s'imposent.

Dans quelques pays, on installe dans les sous-sols les gymnases,

* les salles de récréation, les bains-douches, les water-closel ; sauf

pour ces derniers, cette pratique n'est guère recommanclable, car les

jeux et les exercices physiques doivent avoir lieu, à défaut de plein

air, dans des salles où la lumière pénètre largement.

Les bâtiments comportent les classes et des annexes.

Leur plan doit être soumis à l'examen du médecin scolaire.

a. Classe. — Les questions à envisager sont : l'éclairage naturel, la forme et les dimensions, le cube d'air, la ventilation, le chauffage, l'éclairage artificiel, le plancher, les murs et le plafond.

a. Eclairage naturel1. — L'éclairage naturel ou diurne varie selon les pays, les saisons, les heures de la journée. Il faut tenir compte de ces circonstances pour l'adoption des dispositions architecturales et pour fournir à l'écolier le maximum de lumière possible, quelle que soit la place qu'il occupe.

L'orientation de la classe variera suivant les régions. L'exposition

/-K jryr

Fig. 55. — Orientation des classes dans les régions tempérées.

nord convient aux pays du sud, l'exposition sud aux pays du nord * dans les régions tempérées, la meilleure direction est la diagonale est-ouest ou nord-est-sud-ouest; les façades, dans le premier cas, se trouvent au nord et au sud, dans le second au nord-ouest et au sud-est (fig. 55).

h' éclairage latéral est le meilleur. Il peut être uni ou bilatéral.

i. Truc, Eclairage naturel ou diurne des écoles, IIIe Congrès international d'hygiène scolaire, Paris, 1910, I, p. 593.

L'éclairage unilatéral, par la gauche des élèves, est aujourd'hui

le plus généralement adopté ; il est réalisé par des fenêtres ouvertes au sud ou au sud-est. Comme le remarque Truc, l'étroitesse des ouvertures rend souvent cet éclairage insuffisant, soit au petit jour, soit aux places de droite; un éclairage bilatéral devient alors indispensable.

L'éclairage bilatéral, égal des deux côtés, esl défectueux et fatigant. Par contre, l'éclairage bilatéral différent ici, c'est-à-dire un peu moindre à droite qu'à gauche, donne de bons résultats.

Les fenêtres devront laisser pénétrer une lumière aussi intense que possible. Leur étendue variera avec la superficie de la classe ; l'idéal est d'avoir autant de surface vitrée que de sol; la première doit mesuser au moins le tiers du second (Truc). Les fenêtres doivent monter jusque près du plafond et être 1res larges. Pour l'éclairage bilatéral, celles du côté droit doivent être plus étroites ou placées plus haut que celles du côté gauche.

La détermination photométriqtle peut être effectuée à l'aide de différents procédés : rapport des surfaces vitrées au sol, angle céleste, photomètres, etc. Il n'existe pas de procédé scientifique suffisamment simple pour mesurer facilement l'éclai renient des locaux scolaires.

L'appareil de Truc, basé sur l'emploi des milieux absorbants, donne cependant satisfaction à Montpellier et à Nancy1. En pratique, il suffit de connaître les conditions de lisibilité : l'éclairement de la classe est suffisant, si, dans toutes ses parties, ou peut lire sans fatigue les caractères courants placés à trente centimètres des yeux.

La lumière diffuse doit seule être utilisée ; il faut proscrire la lumière solaire directe. Celle-ci, favorable à l'assainissement des classes, ne vaut rien pour la vue parce qu'elle éblouit. L'orientation des fenêtres sera donc telle que le soleil ne puisse pénétrer dans la classe qu'aux heures où elle est inoccupée. Cependant la lumière doit venir du ciel et non par réflexion sur des murs voisins. Pour qu'il en soit ainsi, la distance des bâtiments voisins doit égaler i fois ij-i ou 2 fois leur hauteur.

Un enfant, assis au fond de la classe, doit apercevoir le ciel sur une hauteur minima de 3o centimètres mesurés à partir du bord supérieur de la fenêtre.

On défendra les vitres dépolies, au moins pour les parties hautes, parce qu'elles sont souvent éblouissantes.

i. G inestou, Comment mesurer l'éclairement des locaux scolaires ? Pédiatrie, i5 décembre I9i3, p. 385.

Les stores se dépliant de bas en haut sont préférables à ceux qui tombent de haut en bas, parce qu'ils ne font pas écran à la partie supérieure des fenêtres. Ils auront une couleur uniforme gris, vert ou mieux jaune clair, pour augmenter la clarté.

(3. Forme et dimensions de la classe. — La classe doit être rectangulaire, surtout quand l'éclairage est unilatéral.

Sa longueur ne dépassera pas 10 mètres ; plus grande, elle impose une fatigue au maître et elle rend la lecture du tableau noir pénible à certains enfants.

Sa largeur, par rapport à la longueur, sera dans la proportion de 2 à 3 ou de 3 à 5 ; elle ne devra pas, d'autre part, être supérieure au double de la hauteur et variera suivant l'intensité de l'éclairage. La chaire du maître sera placée sur un des petits côtés ; les bancs des élèves seront disposés perpendiculairement aux grands côtés.

;. Cube d'air. — Le cube d'air est en rapport avec le nombre d'élèves. Ce nombre, d'après le règlement français, doit être au maximum de 5o ; en pratique, il ne devrait pas dépasser 3o.

Pour fixer le cube d'air nécessaire à chaque élève, il faut se rappeler que l'activité des échanges respiratoires est proportionnellement beaucoup plus grande chez l'enfant que chez l'adulte. D'après Gerhardt, il introduit dans ses poumons i/3 d'air en plus que ce dernier par kilogramme de poids. Pour Vigneron d'Heucqueville, l'air courant, c'est-à-dire l'air inspiré et expiré dans un mouvement respiratoire ordinaire, est de 235 centimètres cubes pour les enfants de 2 à 16 ans.

Relativement à l'adulte, l'enfant absorbe plus d'oxygène et exhale plus d'acide carbonique. D'après divers physiologistes, c'est vers 9 ou io ans que l'excrétion de ce gaz atteint son maximum ; elle serait de 2/3 plus élevée que chez l'adulte.

Pour A. et H. Volpert, i.ooo grammes de poids produisent par heure :

pour l'enfant : garçon o 1. 9.240 CO-

— — fille o 1. 8.83i

— l'adulte : homme o 1. 4.4'i6

— — femme o 1. 0.119

Axel Key admet que :

le jeune enfant dégage o m3 012 de CO2 par heure, le grand enfant — o m3 oi5 — —

l'adulte — o m3 020 — —

La proportion de CO2 dans l'air d'une classe ne doit pas dépasser

10 pour io.ooo. Au taux de 4 p. io.ooo, l'air est vicié et, à celui de 7 p. io.ooo, il est déjà nuisible.

En France, le règlement impose par élève les chiffres suivants :

Superficie i m. a5 I . „ .

H„„. . / „ j soit cube d air = o m.

auteur 4 m. )

Quand ce cube d'airn'est pas renouvelé, CO2 atteint io p. io.ooo en i5 minutes avec de jeunes enfants, en 12 minutes avec de grands enfants (Axel Keyj.

Encore n'est- il pas tenu compte de l'augmentation de CO- produite par le travail intellectuel, sur. l'importance de laquelle insistent Binet et Henri.

o. Ventilation. — Si les classes n'étaient pas ventilées, bientôt l'air serait irrespirable. La ventilation est nécessaire. Celle-cipeut être intermittente ou permanente.

L'ouverture des fenêtres constitue le premier mode de ventilation. Le règlement prescrit de la réaliser pendant toute la durée de la récréation. Elle est insuffisante, étant donnée la durée des classes. Trop souvent d'ailleurs on ne tient aucun compte de cette prescription.

La ventilation permanente est indispensable.

Les systèmes de ventilation sont nombreux et nous nepouvons les décrire ici. Ils doivent être compris de façon que l'air nouveau n'abaisse pas notablement la température de la classe. Ils varient d'ailleurs suivant le mode de chauffage.

Quel que soit le système adopté, on doit, d'après les recherches d'Axel Key, pour le cube d'air réglementaire de 5 mètres cubes par élève, obtenir le renouvellement du cube d'air de quatre à sept fois par heure.

t. Chauffage. — La température constante exigée par les règlements varie avec les pays. Elle est, par exemple :

pour la France de i5 à 170,

— la Suède — 170,

— l'Autriche — 18 à 190.

Il existe différents types d'appareils de chauffage.

Le poêle, d'usage courant dans les campagnes, fonctionne encore dans un grand nombre de villes. Son entretien est peu coûteux et la chaleur qu'il fournit est régulière. Il peut être dangereux s'il ne remplit pas un certain nombre de conditions.

Le poêle en fonte à feu nu est mauvais, parce que, porté au rouge,

il laisse passer l'oxyde de carbone. 11 doit posséder une double enveloppe de métal ou de terre cuite et un réservoir d'ean, que l'on remplit tous les malins. Le tuyau de fumée sera entouré d'une gaine de ventilation. L'air à échauffer proviendra du dehors et l'air vicié sera conduit à la gaine d'appel (Bunel).

Le chauffage central est le meilleur pour les établissements scolaires de quelque importance, parce qu'il simplifie considérablement les manipulations. On accordera la préférence au calorifère à vapeur et à basse pression, plus facile à régler et plus sur que le calorifère à air chaud. Chaque classe sera munie d'un nombre de radiateurs proportionnel à ses dimensions.

Ç. Eclairage artificiel1. — La lumière artificielle doit avoir une intensité suffisante. Elle doit être blanche ou jaunâtre et pauvre en rayons ultra-violets ou chimiques, nuisibles à la vue. Elle doit eniin être diffuse, fixe et égale.

Le mode d'éclairage artificiel varie suivant les localités. Les lampes à pétrole sont encore employées dans nombre de classes.

Le plus souvent on utilise soit des lampes à gaz avec manchons incandescents du type Auer, soit des lampes électriques à incandescence.

L'éclairage diffus venant du plafond, par transparence ou réflexion, est excellent, mais coûteux.

Le nombre des foyers lumineux doit être en rapport avec l'étendue de la classe. On compte, en moyenne, une lampe pour six élèves. Les lampes seront suspendues à o m. 5o environ au-dessus de la tète des enfants.

6. Plancher, murs et plafond. — La construction des planchers, des murs, du plafond devra permettre un nettoyage facile.

Le mieux est de les rendre unis et d'arrondir les angles.

Le plancher doit être en bois dur, en chêne par exemple ; sinon il sera recouvert d'un linoléum, aisément lavable, mais peu résistant aux souliers ferrés. On peut encore enduire le sol de pâtes spéciales qui durcissent en séchant et ne laissent pas d'interstices (xylolilh, porphvrolithe.elc).

Les planchers sansjointure de ciment à la magnésie avec fibres de bois ou de plâtre, les planchers résistants en dalles de granit, en carreaux d'argile ou de mâchefer ont l'inconvénient de refroidir les pieds. Si on les utilise, on aura soin de munir les bancs d'une planchette sur laquelle les écoliers poseront leurs pieds.

i. De Mets, Eclairage scolaire artificiel, III" Congrès international d'hygiène scolaire, Paris, iyio, I, p. Ooo.

Les murs et le plafond seront recouverts d'une peinture blanche lavable ou enduits de plâtre.

b. Annexes. — Les annexes sont plus ou moins importantes, suivant que l'école ne comporte qu'une seule classe ou qu'il s'agit d'un groupe scolaire.

Un vestiaire est indispensable pour que chaque enfant puisse y

Fig. 56. — Vestiaire du lycée de jeunes filles Jules-Ferry, à Paris.

déposer à part ses vêtements. Il devra être facile à aérer et pourvu d'un appareil de chauffage, pour faciliter le séchage des vêtements mouillés (fig. 56). Trop souvent encore les vêtements, accrochés dans la classe même et entassés les uns sur les autres, servent d'intermédiaires dans la transmission des maladies contagieuses, ou, les jours de pluie, dégagent une humidité fâcheuse.

Les cours de récréation dans les grandes villes sont généralement beaucoup trop exiguës ; les enfants y sont trop nombreux pour se livrer à leur aise aux ébats de leur âge.

Or, comme le dit Bougier l, «si l'écolier qui ne joue pas est un enfant malade, l'école où on ne peut jouer est une école malsaine... Les enfants tournent en rond au lieu de galoper, ils ne se poursuivent

i. L. Bougier, Les Terrains de jeu, in les Œuvres pérUcolaires, Paris, 191 3, Félix Alcan. éditeur.

pas, ils se suivent. Cette allure n'est pas normale, elle n'est pas naturelle, elle n'est pas hygiénique ».

IL faut donc, avant la construction des bâtiments, tenir la main à l'application stricte du règlement. Celui-ci prescrit, pour les cours, une superficie totale minima de 200 m2 et 5 m2 au moins par élève.

"Pour l'entretien et la sécurité des enfants, il est bon de bitumer le sol ou de le paver en bois.

Un préau couvert est indispensable pour abriter les élèves en cas de mauvais temps. 11 présente souvent des dimensions trop restreintes. Sa superficie doit égaler celle de l'ensemble des classes et sa hauteur minima doit être de 4 mètres. Le sol sera bitumé ou planchéié et de larges baies seront ménagées pour l'aération.

Des terrains de jeux devront être aménagés à proximité immédiate des bâtiments scolaires. Nousles étudierons plus loin.

L'école primaire doit posséder une salle de gymnastique. Le préau couvert peut à la rigueur la remplacer. Les dimensions de la sal h-, fixées par le Manuel d'exercices physiques, varient de i5 sur 10 mètres à 24 sur 16 mètres ; la hauteur doit être de 8 à 10 mètres.

L'aération du gymnase doit être facile. Pour amortir les chutes éventuelles des enfants, on installe des paillassons en nombre voulu. L'usage delà sciure de bois est mauvais, à cause de la poussière. Le matériel de gymnastique indispensable comprend, d'après Méry et Genévrier1, les appareils suivants, dont le nombre variera suivant l'importance de la population scolaire :

Une console fixée au mur et portant des crochets de suspension ;

Trois paires d'échelles jumelles ;

Trois paires de cordes lisses ou de perches mohiles ;

Une échelle pouvant se fixer horizontalement et obliquement ;

Une paire de barres parallèles à hauteur variable ;

Soixante barres de bois ou bâtons ;

Une corde de traction de huit mrtres de long.

Autant que possible, les appareils doivent être mobilisables, pour permettre de pratiquer en plein air les exercices de gymnastique toutesles fois que le temps le permet.

Un alelier de travail manuel dans les écoles de garçons, une salle de couture dans les écoles de filles, sont nécessaires pour l'enseignement pratique. Faille de place, ces enseignements sont parfois donnés dans des locaux mal éclairés et mal aérés, dans des

1. Méry et Genévrier, Hygiène scolaire, in Traité d'hygiène de (liante messe et Mosny, p. VI, igi3.

sous-sols par exemple, c'est-à-dire dans des conditions hygiéniques déplorables.

Des lavabos sont installés en nombre suffisant dans les écoles de construction récente (fig. 5"), mais ils font défaut ou sont trop peu nombreux dans les établissements anciens. Us doivent être placés de

Fig. 57. — Lavabos du lycôe Jules-Ferry.

façon à permettre aux élèves de se laver les mains à l'entrée et à la sortie des classes et être en nombre suffisant pour que cette opération soit rapidement effectuée.

Les bains-douches sont presque complètement ignorés dans nos écoles primaires et maternelles. Cette lacune est regrettable et nous insisterons plus loin sur l'importance de l'hydrothérapie scolaire, qui est pratiquée dans une large mesure à l'étranger. Une société nouvelle, l' Hygiène par l'exemple ', s'efforce de remédiera cet état de choses. Elle a créé dans ce but une première installation modèle, en 19 19, à Saint-Amand-de-Boise (Charente), avec salle de douches, lavabo et vestiaire. Chaque élève dispose d'un verre, d'une brosse à dents et d'une serviette individuels; il a, d'autre part, un casier où, à son arrivée, il place ses chaussures et ses vêtements d'extérieur pour mettre des chaussons et revêtir un sarrau.

Les water-closet seront établis à raison d'un cabinet par quinze

1. G. Schreiber, L'Hygiène par l'exemple. La Presse médicale, 21 août 1920.

enfants, dans Les écoles maternelles ; de deux cabinets par classe de garçons et de trois cabinets par classe de filles, dans les écoles primaires.

Ils devront être installés conformément aux données de l'hygiène

Grande Cour

Fig. 58.

Plan d'un service médical scolaire modèle.

moderne. Partout où il est possible on utilisera le système du tout à l'égout. Si on a recours aux tinettes mobiles, elles doivent être enlevées fréquemment.

Dans les écoles maternelles, le siège est parfois muni d'un dossier; dans les écoles primaires, le siège est généralement a la (arque. Un siège permettant de s'asseoir est préférable; quand il existe, il faut qu'il soit mobile, pour éviter les souillures.

Un écoulement d'eau automatique assurera la propreté de la cuvette. Les murs et le sol devront être d'un nettoyage facile.

Les écoles de garçons posséderont un urinoir par quinze enfants. On utilisera des urinoirs à huile minérale lourde ou à écoulement d'eau permanent.

Dans la plupart des écoles maternelles ou primaires, les enfants prennent leur repas soit dans le préau couvert, soit dans la classe

elle-même. Cet usage comporte de multiples inconvénients. [1 faut prévoir un réjecloire et une cuisine pour la cantine scolaire.

Nous n'insistons pas sur le parloir, pour la visite des parents, sur le cabinet du directeur, sur le logement des instituteurs.

Il faut, enfin, un cabinet médical dans lequel le médecin pratiquera l'examen individuel des élèves (fig. 58) et une salle d'isolement où il sera possible de garder un enfant qui tombe malade, en attendant son transfert au domicile de ses parents.

2° Internats '. — La situation d'un internat doit être choisie avec plus de circonspection encore que celle d'un externat, puisque les élèves y vivent complètement. La plupart des internats se trouvent dans des villes. Il serait préférable de les construire au voisinage des villes ou en pleine campagne. Aux environs de Paris se trouvent le lycée Lakanal, près de Bourg- la-Reine, le lycée Miche/et. près de Vanves. Dans plusieurs régions existent des internats ruraux privés ; tels sont le collège de Normandie (Seine-Inférieure) ; l'école des Boches (Eure), le collège de Liancourt (Oise).

Ces établissements comprennent des locaux d'enseignement et des locaux d'internat.

Les locaux d'enseignement se composent de classes d'études, d'une salle de gymnastique, etc ; ils doivent être installés d'après les données exposées précédemment pour les externats.

De même les cours de récréations doivent répondre aux principales conditions énoncées plus haut.

Les locaux d'internat, proprement dits, sont les dortoirs, les lavabos et salles de bains, l'infirmerie, le réfectoire, la cuisine, etc.-

a. Dortoirs. — Les dortoirs sont des salles où les enfants passent la nuit. Ils seront vastes et bien aérés. Le cube d'air doit être, au minimum, de 4o m3 par pensionnaire. Ce chiffre est souventdépassé ; au lycée Louis le Grand, par exemple, chaque enfant dispose de 000 m3 (Ferté).

Les lits seront séparés les uns des autres par un intervalle aussi large que possible; en regard de ce dernier, le mur sera percé d'une fenêtre, qui restera ouverte la plus grande partie de la journée.

Les enfants ne doivent pas être plus de trente dans un même dortoir. Certains internats possèdent même des chambres séparées ;

1. Ferté, Des conditions hygiéniques les meilleures d'établissement d'un internat, III* Congres international d'Iiygiène scolaire, Paris. 1910, I, p. 97. — Schelly, idem, I, p. ici. — M'Ie Allégret et Broussi>\ Rapport sur l'hygiène des internats de jeunes filles, idem. I, p. 116. — Gozdzicki, Hygiène des internats de filles, idem, I, p. 124.

par exemple le lycée Lakanal et le lycée Roliui. D'autres ont des dortoirs avec boxes, comme le lycée d'Amiens.

b. Lavabos et salles de bains. — Les lavabos seront indi\iduels, si l'internat comporte des chambres séparées, sinon ils seront communs et devront se trouver à proximité du dortoir. Autant que possible, ils seront munis de robinets d'eau chaude et d'eau froide.

Les salles de bains sont indispensables dans les internats; les baignoires doivent être en nombre suffisant pour permettre à tous les élèves de se baigner fréquemment. On devra aussi installer des salles de bains de pieds et mettre à la disposition des élèves, surtout dans les internats de jeunes filles, les accessoires nécessaires à la toilette intime.

Certains lycées possèdent une installation hydrothérapique très moderne. Au lycée Michelet, il existe même une piscine. Nous voudrions voir cet exemple suivi par tous les établissements similaires, éloignés d'un cours d'eau ou d'un lac, afin que l'enseignement de la natation puisse être donné à tous les élèves.

c. Infirmerie. — L'infirmerie aura des dimensions eu rapport avec le nombre des pensionnaires. On compte en général un lit pour 35 élèves. En plus d'un dortoir commun, elle doit comprendre une salle d'isolement avec boxes fermés analogues à ceux de l'Institut Pasteur, pour les élèves suspects ou atteints d'affections contagieuses, et une salle de convalescents. Elle comporte encore un cabinet de consultations, une salle de pansements, des chambres pour l'interne et l'infirmier chargés de surveiller les malades. Elle doit avoir enfin ses salles de bains et de douches particulières.

d. Réfectoire, etc. — Le réfectoire, la cuisine, etc., doivent permettre le maintien d'une propreté rigoureuse.

B. Rôle du médecin dans l'entretien des locaux scolaires.

— Lorsque l'école fonctionne, le médecin doit se préoccuper de son entretien hygiénique. Nicolas et Cuminal ' distinguent à ce point de vue : i° l'entretien hygiénique journalier, 2° l'entretien hygiénique annuel ; 3° l'entretien hygiénique accidentel.

i° Entretien hygiénique journalier. — Le nettoyage des locaux est effectué généralement par des gens de service. Cependant, dans nombre d'écoles, il est pratiqué par des élèves, et ['Hygiène

i. Nicolas et Cuminal, Entretien hygiénique des locaux scolaires, II h Congrès international d'hygiène scolaire, Paris, 1910. t. III, p. 1-5. — Meyeu, Entretien hygiénique des locaux et du matériel scolaire, L'Hygiène scolaire, juillet 1912, n° 39, p. 200.

par l'exemple, société filiale de la Société de médecine publique et de génie sanitaire, fondée pour développer la pratique de l'hygiène, estime que c'est aux enfants que doit revenir le soin d'entretenir la propreté des locaux, pour qu'ils se rendent compte des inconvénients de leur souillure. Elle recommande que la classe soit cirée par eux, lorsque le sol n'est pas en céramique, lavée clans ce dernier cas, et, à l'image de ce qui se passe en Amérique, elle institue, dans les écoles patronnées par elle, des officiers sanitaires choisis parmi les enfants et élus trimestriellement par leurs camarades. Sous le contrôle du maître, chacun d'eux reste en fonctions pendant une semaine et exerce une véritable autorité, très bien acceptée par tous.

Le balayage à sec et même le balayage après arrosage doivent être rigoureusement défendus. On doit utiliser partout le balayage humide.

Pour pratiquer ce dernier convenablement, on répand tout d'abord sur le sol de la sciure de bois humectée avec une solution antiseptique. On peut, par exemple, utiliser le mélange suivant (Doizy) :

Sciure de bois 6 litres.

Eau 9 —

Crésyl o,02Ô

Au lieu d'épousseter le mobilier, on l'essuie avec des linges imbibés de la solution antiseptique adoptée. On procède de la même façon pour les murs, jusqu'à hauteur d'homme, si ceux-ci sont en état de supporter l'essuyage humide, comme cela devrait toujours être.

Dans les établissements modernes, le nettoyage par le vide donnerait certainement d'excellents résultats, mais il nécessite l'installation d'appareils.

Le nettoyage journalier doit être pratiqué non seulement dans les classes, mais aussi dans toutes les parties de l'école : vestiaire, cours de récréation, préaux, salle de gymnastique, réfectoire, cuisine, dortoir, etc., etc.

Il doit être fait, surtout dans les classes, assez longtemps avant l'arrivée des élèves, pour que les poussières soulevées, malgré le balayage humide, aient le temps de se déposer sur le sol. Le mieux est de balayer la classe le soir, aussitôt après la sortie des enfants.

Les lavabos et les lieux d'aisances seront lavés plusieurs fois par jour.

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UYC1LNE SOCIALE DE L E5FASCE

Le médecin scolaire s'assurera de temps en temps que les lavabos sont bien tenus, que leurs robinets, ainsi que les appareils des water-closct et des urinoirs fonctionnent convenablement, que les uns sont munis de savons et de serviettes propres, les autres de papier hygiénique.

Il surveillera la ventilation des locaux. Il vérifiera le fonctionnement des dispositifs destinés à renouveler l'air. Il s'assurera que les fenêtres restent largement ouvertes entre les classes. Si la ventilation est insuffisante, il recommandera d'aérer la salle à trois ou quatre reprises par heure, durant les cours.

Il contrôlera le chauffage et l'éclairage de la classe; il examinera s'ils sont conformes aux données précédemment indiquées.

2° Entretien hygiénique annuel. — A la fin de chaque année scolaire, le médecin, le directeur de l'établissement, l'architecte, le maire ou un conseiller municipal passent une inspection générale des locaux, pour constater les réparations à effectuer pendant les vacances.

Le sol des classes, des cours, des préaux, les escaliers, îes canalisations d'eau, les cases du vestiaire, les fourneaux, les appareils de chauffage, les lavabos, les bains-douches, les watercloset, etc., sont examinés avec soin et le fonctionnement des appareils est vérifié.

Pendant les vacances on procède au lessivage ou à la peinture des murs, au lavage de tous les vitrages, au nettoyage complet du mobilier et de tous les accessoires destinés à l'enseignement (tableaux, cartes, pièces de démonstration, etc.).

3° Entretien hygiénique accidentel. — A la suite de certaines épidémies, le médecin scolaire exige d'urgence l'application de mesures prophylactiques particulières : lessivage, contrôle de la canalisation, réparation des water-closet, etc. Au besoin, il interdit l'usage des installations existantes et demande leur remplacement par de nouvelles, plus conformes aux exigences de l'hygiène.

Casier sanitaire des écoles. — Le médecin scolaire doit attirer l'attention des autorités compétentes sur les imperfections de l'école.

Dans la plupart des villes, le médecin inscrit, au furet à mesure, ses observations dans un registre spécial. La lecture de plusieurs dossiers est, par suite, difficile lorsque l'administration désire faire une enquête sur une question déterminée.

Pour remédier à cet inconvénient, divers auteurs onl proposé la création, pour chaque école, de carnets sanitaires, de même qu'il existe, pour chaque écolier, une fiche de santé individuelle.

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