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II. — HABILLEMENT

L'habillement de l'enfant intéresse surtout les médecins des internats. Il a préoccupé également les hygiénistes et les éducateurs ; et à son sujet des opinions contradictoires ont été émises.

J.-J. Rousseau estime que les vêtements doivent être légers, « afin de s'habituer à toutes les vicissitudes de l'air et à tous les degrés de température, sans en être incommodé ».

H. Spencer 1, au contraire, est d'avis qu'il faut tenir compte des sensations. «Parmi les sensations qui servent à nous guider, dit-il, sont celles du chaud et du froid, et le vêtement pour enfant qui ne tient pas compte de ces sensations doit être condamné. L'opinion courante sur l'endurcissement est une dangereuse erreur. »

D'après l'auteur anglais, la vigueur des fils de paysans, à peine vêtus, ne saurait être invoquée en faveur de cette dernière théorie. « Leur bonne santé se maintient non pas en vertu de leurs vêtements insuffisants, mais malgré l'insuffisance de leurs vêtements. »

A vrai dire, entre ces deux opinions opposées, il convient de choisir un juste milieu. L'enfant doit être vêtu chaudement car l'étendue relative de sa surface spécifique, c'est-à-dire de la surface correspondant au kilogramme de poids du corps, l'expose au refroidissement ; celui ci est surtout à craindre chez les petits, la surface spécifique étant proportionnellement d'autant plus grande que l'enfant est plusjeune.

L'habillement doit différer suivant les saisons et les climats.

Les vêlements, gilets, vestes, pantalons, robes, seront de laine l'hiver, de toile ou de drap l'été. Ils seront amples et souples, afin de permettre les mouvements et l'évaporation cutanée, de ne gêner ni la respiration ni la circulation. Les liens constricteurs, tels que

1. Herbert Spencer, De l'éducation intellectuelle, morale et plixsique, Paris,

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les jarretières, les corsets avec baleine, seront prohibés ; on recommandera aux jeunes filles le port des bretelles et des corsets-ceintures.

Les sous-vêlements, durant l'été, seront en tissus d'origine végétale (coton et lin), qui laissent passer la chaleur et absorbent la sueur. Durant l'hiver, ils seront en tissus d'origine animale (laine, soie) ou mixte (laine et coton), moins bons conducteurs de la chaleur. La flanelle n'est pas pratique, car elle supporte mal les lavages répétés et prend facilement une mauvaise odeur.

Les enfants porteront des chaussettes ou des bas de coton en été, des bas de laine en hiver. De toute façon, le linge de corps devra être extrêmement propre ; il devra être changé au moins deux fois par semaine.

Les manteaux devront être faciles à mettre et à ùler. L'enfant doit pouvoir les quittera l'entrée en classe et pour les jeux ; ceux-ci terminés, il doit les remettre pour éviter les refroidissements.

Les vêtements en tissu imperméable, utiles par la pluie ou la neige, auront la forme de pèlerine, de façon à permettre la circulation de l'air.

Les coiffures, d'après J.-J. Rousseau, devraient être supprimées : « Accoutumez vos enfants, disait-il, à demeurer, été et hiver, jour et nuit, toujours tête nue ». Cette opinion nous semble exagérée, mieux vaut protéger la tête, au moyen d'une coiffure de feutre ou de drap l'hiver, d'un chapeau de paille à larges bords, l'été. On interdira la ouate dans les casquettes.

Les chaussures seront épaisses et imperméables, pour proléger les enfants contre l'humidité ; elles devront remonter suffisamment haut et être solidement fixées par des lacets pour maintenir correctement le pied.

L'alimentation des enfants est très importante1. Il convient, en effet, de subvenir à l'entretien et à la croissance de leur organisme. Par suite du développement continuel du corps, de la croissance, la ration varie naturellement suivant l'â^e.

i. Rapports présentés par Maurel et P. Le Gendre au Congrès d'hygiène ali menlaireet d'alimentation rationnelle, 1906.— P. Le Gendre, L'alimentation di tiers, in les Œuvres périscolaires, Paris, ioi3. — Rexé Gauwier, Rapport répondant

aux questions relatives à l'alimentation des enfants prenant leurs repas à la cantine scolaire, La Médecine scolaire, 1\, n» 9, 1er septembre i<)20, p. ion.

HYGIÈNE SOCIALE DE l'eNFAXCE I -

L'appétit est un guide précieux en matière d'alimentation. On peut se fier à lui : « Soyez sûrs, dit J.-J. Rousseau, en parlant des enfants, qu'ils ne mangeront jamais trop et n'auront point d'indigestion ; mais si vous les affamez la moitié du temps et qu'ils trouvent le moyen d'échapper à votre vigilance, ils se dédommageront de toute leur force, ils mangeront jusqu'à regorger, jusqu'à crever. » Herbert Spencer émet la même opinion.

Toutefois l'excès n'est pas seul à redouter. Le défaut d'appétit, l'anorexie, n'est pas rare, surtout chez les enfants des villes; souvent le médecin doit le combattre.

i° Bases physiologiques de l'alimentation. — Il est indispensable de connaître les rations alimentaires qu'il convient de mettre à la disposition des enfants dans les établissements d'instruction pour assurer leur entretien et leur croissance.

Ces rations alimentaires peuvent être approximativement fixées d'après les besoins caloriques de l'organisme aux différents âges. Ceux-ci sont diversement appréciés. On peut admettre qu'il faut, par kilogramme du poids et par jour J :

Calories

Aux enfants pesant

d'entretien

de

croissance

de travail

i3 à 29 kgr.

Il s'agit de calories utiles. Pour les aliments calculés en calories brutes, il faut tenir compte du déchet de 8 0/0 non utilisé par l'organisme (Rubner).

Il est à noter que, chez les enfants, les besoins de calories sont proportionnellement plus élevés que chez les adultes.

Les rations doivent comprendre en outre, en proportions convevenables, les différents principes alimentaires ; albumines, graisses, hydrates de carbone, matières minérales. Les proportions correspondant aux besoins caloriques sont, en chiffres ronds, les suivantes, par kilogramme et par jour :

'oids des enfants.

Albumine.

Graisse.

Il Mirâtes de carbone

i3 à i5 kgr.

2 gr.

3 gr.

6 gr.

3 gr.

2 gr.

8 gr. 5

3i » ,'io —

2 gr.

1 gr. 5

7 gr-

1. Nobécoort, Les bases théoriques de l'alimentation pendant la moyenne et la grande enfance. Conférence faite à la Clinique des maladiesdes enfants, le 28 novembre I9i3, in Journal de diététique, 20 février igi4. — Quelques considérations sur l'alimentation dans la moyenne et la grande enfance, La Presse médicale, 5 novembre 19 19.

ALIMKSTAT10X

Le besoin d'albumine est difficile à établir avec précision. De grandes divergences d'opinions régnent à son sujet.

Les auteurs allemands, Forsler, Camerer, Uffelmann, Flugge, donnent en général des chiffres plus élevés que les précédents.

En France, les rations d'albumine qu'ils conseillent sont considérées comme trop fortes. La Commission de réforme de l'enseignement secondaire, chargée de fixer le régime des collégiens ', adoptant les idées de Bouchard, établit que les aliments azotés ne doivent pas être supérieurs au cinquième de la ration totale et que la viande ne doit pas fournir plus des deux cinquièmes de l'albumine.

Maurel - notamment s'est élevé contre l'abus des albuminoïdes. Pour lui, la dose d'albumine nécessaire aux: écoliers est de i gr. 75 par kilogramme. Elle est notablement inférieure à celle des auteurs allemands, et cependant Marcel Labbé 3 a encore tendance à la trouver trop forte : « Les chiffres de Maurel, dit-il, doivent être considérés comme des optima, mais non comme des minima. »

Voici d'ailleurs, réunies dans le tableau suivant, les proportions des différentes substances alimentaires adoptées par Maurel :

Age

Taille

Poids

Albumine par kil.

Albumine du régime

Graisses par kil.

Hydrates

de carbone par kil.

Alcool par kil.

Calories par kil

Calories totales

3 ans

1 gr. 75

21 gr.

3 gr. 5o

6 gr. 5o

a6 gr. 25

3 gr

3 1 gr. 5o

2 gr. oo

7 gr- 5o

0 gr. 10

35 gr.

4i gr 75

2 gr.

6 gr. 5o

52 gr. 5o

1 gr. 00

7 gr-

0 gr 10

1 m. oo

7° gr-

(i gr. 5o

1 gr. 70

85 gr.

0 gr. 00

La réaction actuelle contre les régimes trop albumineux nous paraît justifiée, mais il convient de ne pas dépasser le but et d'accorder à l'organisme de l'enfant les matériaux azotés dont il a besoin.

Les hydrates de carbone, les graisses, les albumines sont tous producteurs d'énergie calorique, mais les dernières seules apportent

1. Trabarel, Hygiène au lycée de Toulouse, Thèse de Toulouse, 1901.

2. Maurel, Traité de l'alimentation et de la nutrition, t. II, p. 582.

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