‹ Hygiène sociale de l'enfanceChapitre 81 sur 212 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

HYGIÈNE PHYSIQUE DE L'ÉCOLIER (suite).

SOMMAIRE. — Nécessité de l'exercice chez l'enfant. — Influence sur l« santé et sur les fa cul 1rs cérébrales. Utilité de régler les exercices physiques. Conséquences du surmenage physique. Aptitudes individuelles.

I. Jeux. — Leur importance. Course et saut. Jeux /'nuirais. Jeux anglais. Jeux des filles. Rôle du maître. — Professeurs de jeux. — Terrains et jardins de jeux; à l'étranger, en France. Organisation. — Stands de sable pour les jielils.

II. Sports. — Sparts naturels et sports d'application. Marche. Excursions scolaires. Boy-scouts. Course. Saut. Natation. Canotage. Patinage. Sports d'hiver. Equitation. Cyclisme. Escrime, lio.ee. Tir.

III. Gymnastique. — Obligation. — Manuel d'exercices physiques et de jeux scolaires (1909). — Bases phrjsiologiques et huis principaux. — Exercices de développement et exercices d'application. — 1° Méthode allemande. — 2° Méthode suédoise. — 3° Méthodes françaises. Plan d'une leçon <le gymnastique à l'école primaire. Importance des mouvements respiratoires. Méthode de .loinrille. — 4° Méthode naturelle du lieutenant de ruisseau Hébert. — J" Méthode d'assouplissement de Démenti. — 6° Méthode rythmique de Jacques Dalrose. — Utilité d'une méthode- d'enseignement uniforme. — Leçon de gymnastique. Fréquence, durée. — Surveillance des exercices : maîtres répétiteurs et professeurs de gymnastique. Insuffisance du recrutement du corps enseignant.

IV. Travai \ \ia\i els. — But éducatif et non professionnel. — Le Slôjd en Suède et en Danemark. — Enseignement îles travaux manuels en France. Organisation dans les écoles primaires de narrons .- Difficultés. Traçai! manuel dans les écoles de filles. Travaux manuels pour les tout petits. Travaux manuels dans les lycées et collèges : dans les collèges de plein air.

V. Répartition des exercices physiques. — /° .1 l'école maternelle : Jardins d'enfants ; 2° .1 l'école primaire : 3° Dans les lycées et collèges : Tableau de Mérij.

I /. Responsabilités en cas d'accident.

)//. Rôle kl médecin scolaire dans l'éducation physique.

L'écolier mène une vie sédentaire : les classes, qui remplissent une grande partie desajournée, ne sont coupées que parde courtes récréations prises dans des cours généralement trop petites ; après les classes, la préparation des devoirs et des leçons exige un séjour prolongé à la salle d'études ou à la maison.

Ce régime de travail présente de multiples inconvénients, tant au point de vue du développement des muscles et du squelette que du fonctionnement des appareils digestif, respiratoire, circulatoire. L'exercice musculaire est le meilleur moyen de contrebalancer les effets nuisibles de la vie scolaire. Il rend les muscles, le squelette et les articulations plus robustes et plus souples ; les échanges respiratoires et les oxydations plus actifs ; la circulation sanguine plus régulière ; le système nerveux mieux équilibré.

Les exercices physiques sont pins indispensables encore à l'enfant qu'à l'adulte ; le besoin de mouvement, si intimement lié au besoin d'aération, est chez lui perpétuel, et l'on peut dire que, pour les jeunes sujets, l'immobilité est contre nature.

Les exercices physiques sont la condition nécessaire, non seulement de la santé, mais encore d'un bon travail intellectuel. Leur influence sur les facultés cérébrales est des plus nettes ; ils développent à la fois la volonté, l'attention et la mémoire. « Pour apprendre à penser, a écrit J.-J. Rousseau, il faut exercer nos membres, nos sens, nos organes, qui sont les instruments de notre intelligence. Tous ceux qui ont réfléchi sur la manière de vivre des anciens attribuent aux exercices de gymnastique cette vigueur de corps et d'Ame qui les distingue le plus sensiblement des modernes. » L'acte volontaire, d'après Ribot, est une «adaptation, une correction, une coordination hiérarchique de tous les réflexes » . L'attention demande la participation de toutes les forces nerveuses et musculaires ; l'individu attentif demeure immobile, par la tension volontaire de tous les muscles qui favorise l'activité psychique. La mémoire, enfin, sous toutes ses formes, simplement biologique ou consciente, a pour support des associations dynamiques entre les éléments nerveux et des modifications particulières de ces éléments. « Les modifications, dit Ribot, résultant de l'impression première, ne sont pas conservées dans une matière inerte ; elles sont déposées dans une matière vivante etla base de la mémoire est la nutrition, c'est-à-dire le processus vital par excellence. » Comme l'a dit Herbert Spencer, l'éducation physique doit être parallèle à l'éducation intellectuelle et morale.

L'éducation ainsi comprise n'est pas seulement à l'avantage des individus ; elle importe au plus haut point à l'intérêt général. « Dans un pays qui aspire à la force, qui ne veut pas se laisser

U-ÏGIÈNE SOCIALE DE l'eXFANCE iS

étouffer par ses voisins, l'individu doit être soumis dès l'enfance à une discipline d'énergie physique et morale. Seule, elle peut le pétrir d'instincts courageux; seule, elle peut refréner ses égoïsmes en lui infusant la grande loi : Salas Reipublicse suprema lex cslo. (Prince G.Borghèse1.)

Les exercices physiques ne doivent pas être livrés au hasard. Ils doivent, au contraire, être soumis à des règles nettement déterminées, et -ces règles doivent être adaptées au but proposé, qui est de faire de l'enfant un homme, clans toute l'acception du mot.

Mais, ici comme toujours, l'excès entraîne des conséquences fâcheuses. L'exagération des exercices physiques est souvent suivie d'une dépression de l'activité intellectuelle, d'une diminution de l'attention et de la mémoire. On se gardera donc autant du surmenage physique que du surmenage intellectuel ; pour chaque écolier on tiendra compte des aptitudes individuelles, et c'est au médecin qu'il appartient de les apprécier.

Les exercices physiques doivent être compris de telle façon qu'ils n'apportent aucune perturbation transitoire ou permanente dans le fonctionnement du cœur, qu'ils ne provoquent aucune palpitation et ne nuisent en rien au développement harmonieux et symétrique des viscères et des membres pendant la période décroissance (Vaquez 2). Cette notion a sou importance, puisqu'ils sont pratiqués par de grands enfants. Au moment de la poussée de croissance pubertaire pendant laquelle l'appareil cardio-vasculaire se transforme, le cœur a une masse moindre, un volume plus grand, une résistance diminuée. Il faut tenir compte, en outre, du fait que l'enfant est capable de produire un effort assez considérable, mais que l'effort prolongé lui est nuisible, que celui-ci notamment entraîne la dilatation du cœur 3.

L'importance de l'éducation physique et le rôle dévolu aux médecins ont été consacrés récemment par la création à la Faculté de médecine de Paris, sur l'initiative du ministre de la guerre, d'un Cours de physiologie appliquée à l'éducation physique, dont est chargé J. P. Langlois 4.

Les exercices physiques pratiqués par les écoliers sont : les jeux,

i. Prince Giovanni Borghèse, L'Italie moderne, Paris, 1913.

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