II. SPORTS
Les sports peuvent contribuer grandement au développement de certains enfants. Ils doivent être judicieusement cboisis, car ils ne conviennent pas indistinctement à tous. Maints auteurs se sont élevés à juste raison contre le surmenage physique qui peut résulter d'un entraînement trop intense.
La pratique des sports est surtout recommandable aux écoliers robustes et déjà âgés.
Les sports se divisent ensports naturels et ensports d'application. Les premiers comprennent la marche, la course, le saut, la natation ; ce sont certainement les meilleurs et les plus simples à exécuter. Parmi les seconds se rangent l'escrime, le canotage, le patinage, l'équitation, le cyclisme, la boxe, le tir, etc.
La marche est un excellent exercice ; elle peut être pratiquée en tout lieu et offre cet avantage de pouvoir grouper un nombre illimité de participants. Elle ne doit pas toutefois être livrée au hasard. « Il est bien spécifié, dit W eiss, qu'il ne s'agit pas de ces lamentables promenades du jeudi où les élèves se traînent tristement le long des routes poussiéreuses, mais de véritables marches d'entraînement, graduées suivant l'âge des élèves, et ayant un but variable suivant la région et la saison. »
Dans ces dernières années, un certain nombre de sociétés sportives. comme le Club alpin et le Touring-Club, ont organisé des caravanes scolaires qui répondent à ces desiderata. Les élèves, sous la surveillance bénévole de maîtres partisans des sports, profitent de leurs jeudis et de leurs dimanches pour faire d'intéressantes excursions. Pendant les vacances de Pâques, de la Pentecôte, etc., des marches en montagne ou au bord de la mer sont même organisées dans certaines villes. Pour agrémenter l'excursion et la rendre plus intéressante, on fait visiter aux élèves les sites pittoresques et les monuments historiques ; d'autre part, quelques professeurs profitent de ces petits
I. Maurice Letclle, Stands de sable pour les jeux des petits enfants, La Presse médicale, 3 août 1912, n° 63.
voyages pédestres pour diriger des recherches entomologiques, botaniques ou minéralogiques ; certains même font exécuter aux enfants des levers topographiques et leur apprennent à lire les cartes d'étatmajor.
Les caravanes scolaires, ainsi comprises, favorisent le développement physique et intellectuel des écoliers. Il est à souhaiter qu'elles se généralisent et que tous les élèves puissent y participer, non seulement les externes, mais encore les internes, si étroitement enfermés dans les lycées et les collèges.
Il faut cependant se rappeler que, si la marche est un excellent exercice, elle convient mieux aux adultes qu'auxenfants et doit surtout être réservée aux grands, toutaumoinsquandelleestprolongéeet rapide. Il n'est pas rare, en pareil cas, de voir apparaître des palpitations et de la dilatation du cœur. Clide Rivière a observé (\o garçons de 7 à \!\ ans qui avaient fait à pied une excursion fatigante d'une semaine; or, deux jours après le retour, 20 d'entre eux présentaient une dilatation cardiaque manifeste, et celle-ci persistait encore, chez 10, au bout de six semaines 1.
Une autre institution plus récente mérite également d'être encouragée, c'est celle des Boy-scouts. Elle est d'origine anglaise. Elle a pour but de rendre les enfants plus robustes et plus énergiques en les soumettant à un entraînement méthodique et en organisant des marches en campagne.
La course stimule la respiration et favorise l'absorption d'oxygène. Quoique beaucoup plus violente que la marche elle est bien tolérée par les enfants, bien mieux que parles adultes. Chez les premiers, en effet, l'appareil circulatoire s'adapte avec une extrême facilité aux variations du mouvement, au passage du repos à l'activité, mais le cœur est incapable de résister à un efTort prolongé ( \ a quez). La course constitue l'élément principal de beaucoup de jeux. Elle ne doit pas être trop prolongée ni poussée jusqu'à l'essoufflement; la course rapide doit alterner avec des périodes de repos, comme dans le jeu de barres par exemple. On déconseillera, par suite, les courses de fond. Les enfants, qui cherchent à réaliser de magnifiques « performances », à « battre des records », risquent fort d'en pâtir ; tous leurs organes et leur cœur en particulier ne tardent pas à être surmenés.
Le saut direct ou à la perche présente une valeur analogue à
1. Nobiîcolrt, Les dilatations et hypertrophies du cirur. Les troubles du rythme cardiaque chez les enfants, Journal Je médecine Je Paris, 2a novembre 191 3. p. 91"),
Les CarJiopatlùes Je l'enfance, 191 4.