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III. GYMNASTIQUE

La gymnastique occupe une place prépondérante dans l'éducation physique des écoliers. Elle ne saurait remplacer les jeu\ ; pour les raisons invoquées plus haut, H. Spencer déclare qu'elle leur est inférieure sous le rapport de la quantité et de la qualité de l'exercice musculaire qu'elle demande. Elle présente cependant une très grande utilité et son enseignement trouve tout naturellement sa place dans les établissements scolaires.

La gymnastique est obligatoire dans beaucoup de pays. Elle l'est en France, depuis le décret de Victor l)uru\ du i5 février 1869, dans les lycées et collèges. et, depuis 1890, dans les écoles primaires. En jqoq, un Manuel d'exercices physiques et de jeux scolaires a été publié par le ministère de l'instruction publique; il contient des renseignements très utiles.

La gymnastique est l'application à l'éducation physique de la science des mouvements du corps humain. Elle s'appuie sur des bases physiologiques et, avec Dufestel, on peut grouper les buts principaux qu'elle poursuit de la manière suivante :

1. Fkhnahd Lat.range et Petgmez, Le rôle de la boxe française dans l'hygiène et l'éducation physique.

2. J.-A. Doléris, Les sport* au point de vue de l'hygiène chez la femme et la jeune fille, in les Œuvres périscolaires, Paris, 19 1 3, p. 222.

i° Elle augmente l'amplialion Ihoracique et, par suite, elle favorise le jeu des poumons et de l'appareil circulatoire.

2° Elle facilite le développement du squelette.

3° Elledéveloppe d'unefaçon harmonieuse les masses musculaires et elle accroît la force de l'individu.

[\° Elle apprend à coordonner les mouvements pour obtenir un • travail plus productif avec une dépense d'effort moindre.

La gymnastique ainsi comprise utilise, d'une part, des exercices de développement qui visent au perfectionnement du sujet, d'autre part, des exercices d'application qui lui enseignent à bien utiliser ses forces. A l'école, ainsi que le fait remarquer Méry, la gymnastique doit être surtout une gymnastique de développement, particulièrement en ce qui concerne l'appareil respiratoire. Elle doit occuper une place prépondérante dans la première partie de la vie scolaire de l'écolier, jusqu'à la puberté ; et si, plus tard, elle s'associe à d'autres exercices, elle ne doit jamais être mise au second plan.

C'est seulement au xixe siècle que la gymnastique a été réglée de façon méthodique par Pestalozzi en Suisse, par Nachligall en Danemark, par Gusmuths en Allemagne, par Ling en Suède, par Cliaset Amoros en France.

A l'heure actuelle, trois méthodes principales de gymnastique se disputent la faveur des éducateurs : i° la méthode allemande ; 2° la méthode suédoise ; 3° la méthode française. Il faut y joindre d'autres méthodes plus récentes.

i° Méthode allemande. — La méthode allemande, surtout acrobatique, utilise de nombreux appareils. Elle a été introduite en France par Cliaset Amoros. Elle développe l'agilité et l'audace, mais elle n'est guère profitable qu'aux enfants robustes et âgés ; pour les autres, elle est plutôt nuisible.

2° Méthode suédoise. — La méthode suédoise, imaginée par Ling, comporte au contraire une gymnastique très simple, qui utilise très peu d'appareils ; elle convient à tous les enfants. Elle offre l'avantage de réserver une large place aux mouvements respiratoires, d'assurer le développement harmonieux du corps, défaire travailler tous les muscles, y compris ceux que les mouvements de la vie joui nalière ne mettent guère à contribution.

Ling a surtout insisté sur le rôle joué par la colonne vertébrale en gymnastique. « A l'encontre des autres méthodes, dit Philippe lis sié *, qui fixent le point d'appui des bras en avant, au slernum.

i. Philippe Tissié, La gymnastique suédoise de Ling, Paris médical, 22 mars igi3, p. 709.

GYMNASTIQUE

d'où l'hypeiihrophie globuleuse des pectoraux qui matelassent la cage thoracique et qui atténuent lejeu des côtes et du diaphragme, la méthode suédoise fixe le point d'appui des bras en arrière, à l'omoplate, par la forte contraction de ses muscles fixateurs et de ceux de la colonne vertébrale rendus globuleux, en faveur de rallongement des pectoraux, plus élastiques, qui facilitent le jeu des côtes et du diaphragme. »

La méthode suédoise, par la douceur des mouvements qu'elle comporte, convient à l'enfant et répond aux besoins des deux sexes.

Fig. 64. — Mouvements de gymnastique suédoise aux barres jumelles dans le parc de l'école normale d'institutrices de Pau.

Comme appareillage, elle nécessite simplement une poutre, un espalier, quelques bancs ; à la rigueur, le mobilier scolaire suffit à l'exécution des principaux mouvements.

On a reproché à la gymnastique suédoise d'être une gymnastique médicale, mais ce reproche n'est guère valable, car elle est employée avec succès dans un grand nombre d'écoles de tous les pays. Philippe ïissié l'applique depuis dix ans à l'école normale d'institutrices de Pau et, par ses élèves institutrices, dans toutes les écoles primaires du département des Basses-Pyrénées (fig. 64). H déclare en obtenir de très bons résultats.

Plus sérieux, selon Fouineau, est le reproche d'être monotone,

peu agréable et peu récréative. La même critique peut être adressée à beaucoup d'exercices ; il dépend des maîtres de savoir intéresser leurs élèves.

3° Méthodes françaises. — La méthode française actuelle est éclectique ; elle accorde une large place à la fois à la gymnastique de développement et à la gymnastique d'application. «Une séance, dit fie Manuel d'éducation physique, doit contenir des séries de mouvements destinés à activer la circulation du sang et la respiration, à développer harmonieusement le système musculaire, à remédier aux mauvaises attitudes, à fixer l'épaule, à dilater la cage thoracique, à redresser les courbures exagérées de la colonne vertébrale et à renforcer les parois abdominales : ce sera le but de la gymnastique de développement . On y fera entrer également des exercices qui donnent la souplesse, l'adresse et l'indépendance des mouvements, perfectionnent des allures normales et ont une utilité pratique dans la vie sociale et militaire ; ce sera le but de la gymnastique d'application . »

■ Les exercices d'application doivent varier naturellement avec l'âge des enfants. Les agrès doivent être réservés aux grands écoliers; les petits exécuteront simplement des rondes, des pas composés, des évolutions, des distractions gymnastiques.

Le tableau suivant, tiré du Manuel d'exercices physiques, indique de quelle manière on peut varier les mouvements pour les élèves de l'école primaire.

Plan de la leçon de gymnastique pour les élèves de l'école primaire.

D'après le Manuel d'exercices physiques.

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