INSOUMISES MINEURES DU DÉPARTEMENT DE LA SEINE
Sur 438 insoumises mineures trouvées malades en 1878, il y en a 186 qui sont originaires du département de la Seine; c'est plus des 2/5 de l'ensemble total. Sur les mineures malades appartenant au département de la Seine, Paris en revendique un chiffre important, puisqu'il en compte 164 à son actif. Sur les 186 mineures malades, 15 ont été malades deux fois en 1878; les maladies constatées sont, par suite, plus nombreuses que les unités malades. Les accidents observés sont :
Accidents syphilitiques 79 \
Accidents vénériens 113 I 201
Gale 9 )
Le groupe des 164 mineures originaires de Paris compte les manifestations morbides suivantes :
Accidents syphilitiques 73 \
Accidents vénériens 98 ( 178
Gale 7 )
Pour les autres communes du département de la Seine, il reste 22 malades avec 23 maladies :
Accidents vénériens 16
Gale 2
Le nombre des mineures trouvées malades en 1879 a été de 394. Sur ce nombre, le département de la Seine a fourni 169 jeunes filles à la prostitution clandestine et Paris figure, à lui seul, pour 146. Parmi les mineures de Paris, on en trouve 10 qui ont été malades deux fois et 2 ont été malades trois fois. Il résulte de ce fait que les
maladies comptent 14 unités de plus que le nombre des mineures malades. Les manifestations morbides observées, tant pour Paris que pour les communes suburbaines sont :
Accidents syphilitiques 106 \
Accidents vénériens 66 | 183
Gale * 11 )
Les 146 mineures de Paris ont fourni les accidents suivants :
Accidents syphilitiques 93 \
Accidents vénériens 56 | 160
Gale H )
Pour les autres communes du département de la Seine, le nombre des malades est de 23 qui ont fourni les accidents suivants :
Accidents syphilitiques 13 ) ^o
Accidents vénériens 10 ^
Les accidents syphilitiques observés sur les mineures de Paris étant de 93 et ces mômes accidents étant de 246, pour l'ensemble des mineures malades en 1879 et originaires des autres départements ou de l'étranger, il s'ensuit que les manifestations syphilitiques observées chez les Parisiennes, représentent, à quelques unités près, les 2/5 du chiffre total.
En 1880, 614 mineures ont été trouvées malades. Dans ce nombre, le département de la Seine figure pour 271 ; mais, comme plusieurs de ces mineures ont été arrêtées, à différentes reprises, dans le courant de Tannée et trouvées plusieurs fois malades, il s'ensuit que les manifestations morbides sont de 58 unités plus élevées que le nombre des unités malades ; il y a, en effet, 329 manifestations morbides. Nous avons donc, pour le département de la Seine :
Mineures malades 271
Manifestations morbides 329
Les accidents observés se divisent de la façon suivante :
Accidents syphilitiques 178 ]
Accidents vénériens 125 | 329
Gale 26 )
Les mineures originaires de Paris comptent les manifestations morbides suivantes :
Gale , 23 )
Pour les communes du département de la Seine, en dehors de Paris
nous trouvons :
Accidents syphilitiques 17 \
Accidents vénériens 12 > 32
Gale 3 )
L'ensemble des manifestations morbides, pour l'année 1880, étant de 720, il s'ensuit que Paris et le département de la Seine qui comptent 329 manifestations morbides, représentent plus des 2/5 de la totalité des maladies.
En 1881, sur 476 mineures malades, il y en a 36 qui ont été plusieurs fois malades et, par suite, les accidents constatés ont été au nombre de 512.
Le département de la Seine figure dans le nombre total des malades pour le chiffre 188; Paris seul fournit 163 mineures malades.
Vingt insoumises ayant été deux fois malades, il s'ensuit que les accidents morbides observés sont plus nombreux que les unités malades; il y a, en effet, 188 malades et 208 manifestations morbides.
Les accidents constatés se divisent de la façon suivante :
Accidents syphilitiques 127 \
Accidents vénériens 60 ( 208
Gale 21
Pour les mineures originaires de Paris, nous trouvons
Accidents vénériens 53
Gale 18
Les communes du département de la Seine, en dehors de Paris, fournissent :
Accidents syphilitiques 18 j
Accidents vénériens 7 | 28
Gale 3 )
Le département de la Seine figure pour les 2/5 dans le chiffre total des insoumises mineures de 1881, de môme qu'il compose les 2/5 des manifestations morbides constatées.
Sur 581 insoumises mineures, trouvées malades, on 1882, qui ont à leur actif 640 manifestations morbides, le département de la Seine compte 214 malades avec 235 manifestations morbides.
Paris fournit 196 malades et 212 manifestations morbides. Ces accidents sont divisés de la façon suivante :
Accidents syphilitiques 122 \
Accidents vénériens 73 > 212
Gale 17 )
Les communes du département de la Seine, en dehors de Paris, fournissent 18 malades et 23 manifestations morbides. Voici Ténumération de ces accidents :
Accidents vénériens 7 ! 23
Gale 3 )
Paris réuni aux communes suburbaines donne 214 unités malades et 235 manifestations morbides; ces accidents comprennent :
Accidents syphilitiques 135
Accidents vénériens 80 ]
Gale 20
Le département de la Seine compte un peu moins des 2/5 des mineures malades de Tannée 1882, de môme que les manifestations morbides sont un peu au-dessous des 2/5 du chiffre total.
En 1883, le chiffre des mineures trouvées malades est de 479 et le chiffre des maladies est de 512.
Le département de la Seine fournit 203 unités malades et 222 unités maladies, 19 des mineures ayant été trouvées deux fois malades.
Paris seul figure dans le total pour le chiffre 181 unités mineures et 197 manifestations morbides; dans le chiffre 181, il y en a eu 16 qui ont été arrêtées deux fois et trouvées deux fois malades.
Sur les 22 unités mineures des autres communes du département de la Seine, en dehors de Paris, 3 ont été trouvées malades deux fois.
Les maladies constatées se divisent de la façon suivante :
Pour Paris : i8i unités malades.
Accidents syphilitiques 115 ]
Accidents vénériens 66 | 197 maladies
Gale 16 )
Pour les communes du département de la Seine, en dehors de Paris: 22 unités malades.
Accidents syphilitiques 8
Accidents vénériens 14
Gale 3
25 maladies
L'ensemhle donne :
Paris et Seine : 203 mineures malades.
i Accidents syphilitiques 123 Accidents vénériens 80 Gale 19
Le département de la Seine fournit donc plus des 2/5 des malades de 1883, de même qu'il fournit plus des 2/5 des maladies.
Paris, à lui seul, compte, à 3 unités près, pour les 2/5 dans Tensemble des malades; il compte également, à 7 unités près, pour les 2/5 dans le groupe des maladies.
En 1884, il y a 438 mineures malades, parmi lesquelles 26 ayant été reconnues deux fois malades et 2 trois fois malades, le chiffre des maladies est de 468.
Le déparlement de la Seine figure dans le chiffre total des malades pour le nombre 193 unités et ces unités malades ont fourni
206 maladies. Il y a eu, en effet, 9 insoumises mineures qui ont été malades deux fois et 2 ont été malades trois fois.
Paris fournit 167 malades et 179 maladies.
Les communes du département delà Seine, en dehors de Paris, donnent 26 malades et 27 maladies.
Sur les 167 malades de Paris, on a trouvé :
Accidents syphilitiques 103 )
Accidents vénériens 66 1 179
Gale 10 )
Sur les malades du département de la Seine, en dehors de Paris, on a trouvé :
Accidents syphilitiques 14 ]
Accidents vénériens là > 27
Gale 1 )
Paris et Seine réunis donnent :
Unités malades : Manifestations morbides :
Paris 167 | Accidents syphilitiques. 117 J
Seine 26 ) Accidents vénériens 78 | 206
Il s'ensuit que Paris seul, à 7 unités prés, entre pour les 2/5 dans le nombre des unités mineures malades, comme dans le nombre des maladies.
Paris réuni aux autres communes du département de la Seine figure pour beaucoup plus des 2/5 dans le nombre total des malades et des maladies.
En 1885, il y a 487 mineures malades et comme 35 ont été malades deux fois, le nombre des maladies observées est do 526.
Le département de la Seine fournit 207 unités malades et 225 maladies.
Paris seul figure dans ce nombre pour le chiffre de 177 unités malades et 195 manifestations morbides. Parmi ces 177 unités malades, il y en a, en effet, 18 qui ont été trouvées deux fois malades.
Les autres communes du département de la Seine, en dehors de Paris, donnent 30 malades arrêtées seulement une fois.
Les maladies constatées se divisent de la façon suivante :
Pour Paris :
Accidents syphilitiques 93 ]
Accidents vénériens 97 | 195
Gale 5 )
Pour les autres communes du département de la Seine :
Accidents syphilitiques 16 j
Accidents vénériens 13 | 30
L'ensemble donne : 207 malades.
Paris et Seine :
Accidents syphilitiques 109
Accidents vénériens 110 \ 225 maladies
Gale 6 ,
Ici encore le département de la Seine figure pour plus des 2/5 dans le nombre total des mineures malades en 1885, de môme qu'il fournit plus des 2/5 des maladies trouvées.
Le nombre total des mineures malades en 1886 est de 416 qui fournissent 441 maladies. Le département de la Seine figure dans ces chiffres pour un apport de 171 malades et 183 maladies. Dix malades de Paris et 2 malades des autres communes de la Seine ont été trouvées deux fois malades.
Paris à lui seul fournit 149 malades et 159 maladies. Les autres communes du département de la Seine donnent 22 malades et 24 maladies.
Les maladies constatées se divisent de la façon suivante :
Pour Paris ; Accidents syphilitiques 53 | . «g
Accidents vénériens 106
Pour les aulres communes du département de la Seine
Accidents syphilitiques 9 ) ^.
Accidents vénériens 15
L'ensemble donne : 171 malades.
Paris et Seine :
Accidents syphilitiques 62 J
Accidents vénériens 121 )
183 maladies
Le département de la Soine figure encore pour plus des 2/5 dans le chiffre des mineures malades en 1886 et dans l'ensemble des maladies.
Paris seul fournit, à 11 unités près, les 2/5 des maladies trouvées chez les mineures pendant Tannée 1886.
Le nombre des mineures trouvées malades en 1887 est de 389; mais 25 d'entre elles ayant été trouvées malades deux fois, le nombre des maladies est de 414.
Le département de la Seine entre dans cet ensemble pour 207 malades et 218 maladies.
Sur ce nombre, Paris fournit 189 malades et 199 maladies. Dix des unités mineures ayant été trouvées malades deux fois.
Les autres communes du département de la Seine, en dehors de Paris, comptent 19 malades et 19 maladies. Les maladies trouvées se décomposent de la façon suivantes :
Pour Paris :
Accidents syphilitiques 55 ]
Accidents vénériens 130 | 199
Gale 14 ) .
Pour les communes du département de la Seine en dehors de Paris : Accidents syphilitiques 7
L'ensemble donne : 207 malades.
Paris et Seine :
Accidents syphilitiques 62
Accidents vénériens 141
Gale 15
218 maladies
Le département de la Seine compte un peu moins des 3/5 du nombre des malades de 1887 et un peu plus de la moitié des maladies trouvées pendant cette année.
L'ensemble des dix années donne, pour Paris, 1,777 unités mineures malades, avec 1,956 manifestations morbides, quelquesunes de ces mineures ayant été trouvées plusieurs fois malades dans une même année. Les autres comnmnes du département de la Seine
comptent 231 mineures, avec 254 manifestations morbides. En réunissant les insoumises mineures originaires de Paris à celles des communes suburbaines, nous avons :
2,008 unités mineures (1) 2,210 manifestations morbides.
La syphilis est constatée 977 fois sur les mineures originaires de Paris et 121 fois sur les mineures nées dans les communes suburbaines; il y a donc, pour Tensemble du département de la Seine, 1,098 fois des manifestations syphilitiques observées, alors que le nombre total des unités mineures du département est en réalité de 1,714 ; il s'ensuit que les accidents syphiUtiques ont été observés sur plus de la moitié des mineures originaires de Paris et des communes voisines. La proportion est de 64 pour 100.
Je résume dans un tableau spécial le nombre des mineures de Paris trouvées malades par année et suivant l'arrondissement où elles sont nées. Voici ce tableau :
(1^ Ce chiffre de 2,008 se réduit à 1,714, lorsqu'on déduit les mineures trouvées plusieurs fois malades dans la même année et dans d'autres années de la période décennale.
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La classification des mineures malades, suivant leur arrondissement d'origine, a été faite de façon à avoir Tunité des malades, par année, en laissant de côté Ténumération de celles qui ont été plusieurs fois malades dans la même année.
L'examen de ce tableau montre le nombre exact des unités malades pour chaque arrondissement et pour Tensemble des vingt arrondissements, par années. En regard du nombre des unités malades, par année, figure Ténumération des maladies constatées pendant chacune de ces périodes.
En classant les arrondissements de Paris, suivant le plus grand nombre de mineures malades qu'ils ont fourni à la prostitution clandestine, dans cette période de dix ans, nous trouvons :
En première ligne, le XP arrondissement^ c'est-à-dire une partie du faubourg du Temple, les quartiers du boulevard Voltaire et du boulevard Richard-Lenoir, les quartiers Popincourt et de la Roquette.
En deuxième ligne, le XVII P arrondissement^ c'est-à-dire Montmartre, les quartiers de Clignancourt, des Épineltes, des Grandes- Carrières et de la Goutte-d'Or.
En troisième ligne, le XY® arrondissement^ c'est-à-dire Belleville, Ménilmontant, Charonnc, les quartiers du lac Saint-Fargeau et du Père-Lachaise.
En quatrième ligne, le XIX"" arrondissement^ c'est-à-dire les quartiers de La Villette, du Pont de Flandre, du Combat et d'Amérique.
En cinquième ligne, le X^ arrondissement^ c'est-à-dire le quartier Saint-Louis, une partie du faubourg du Temple, les quartiers de la porte Saint-Denis et de la porte Saint-Martin, le quartier de Saint- Vincent-de-Paul et le faubourg Poissonnière.
En sixième ligne, le XV arrondissement, c'est-à-dire les quartiers de Grenelle, de Javel, de Necker et de Saint-Lambert.
En septième ligne, le XIP arrondissement^ c'est-à-dire une partie du faubourg Saint-Antoine , les quartiers de Bercy, de Picpus, de Sainte-Marguerite et des Quinze-Vingts.
En huitième ligne, le V^ arrondissement, c'est-à-dire les quartiers de la Sorbonne, du Jardin des Plantes, de Saint-Victor et du Val-de-Grâce.
En neuvième ligne, le XVIP arrondissement, c'est-à-dire Les
BalignoUos, les quartiers de la plaine Monceau, des Ternes et des Épinettes.
En dixième ligne, le XI V^ arrondissement, c'est-à-dire Montrouge et les quartiers de Plaisance, de Montparnasse et de la Santé.
En onzième ligne, le /F® arrondissement, c'est-à-dire une partie du boulevard Sébastopol, les quartiers Saint-Méry, Saint-Gervais, rile Saint-Louis et le quartier de l'Arsenal.
En douzième ligne, le AY//® arrondissement, cest-à-dire les quartiers de la Gare, de la Salpètrière, de la Maison-Blanche et de Croulebarbe.
En treizième ligne, le VIP arrondissement, c'est-à-dire les quartiers de Saint-Thomas-d'Aquin, de l'École militaire, du Gros- Caillou et des Invalides.
En quatorzième ligne, le IW arrondissement, c'est-à-dire les quartiers des Arts-et-Métiers, de Sainte-Avoie, des Archives et des Enfants-Rouges.
En quinzième ligne, le F7^ arrondissement, c'est-à-dire les quartiers de la Monnaie, de Saint-Germain-des-Prés, de Notre-Damedes-Champs et de l'Odéon.
En seizième ligne, le /"" arrondissement, c'est-à-dire les quartiers des Halles, du Palais-Royal, de Saint-Germain-l'Auxerrois et de la place Vendôme.
En dix-septième ligne, le VHP arrondissement, c'est-à-dire les quartiers de la Madeleine, de l'Europe, du faubourg du Roule et des Champs-Elysées.
En dix-huitième ligne, le XVP arrondissement, c'est-à dire les quartiers des Bassins, de la Muette et de la porte Dauphine.
En dix-neuvième ligne, le IX^ arrondissement, c'est-à-dire les quartiers Saint-Georges, de la Chaussée-d'Antin, du faubourg Montmartre et de Rochechouart.
En vingtième ligne, le IP arrondissement, c'est-à-dire les quartiers Gaillon, Vivienne, du Mail et de Bonne-Nouvelle.
Il est facile de constater que ce sont les arrondissements les plus populeux, ceux où dominent l'élément ouvrier et les établissements industriels, qui fournissent le plus de recrues à la prostitution clandestine des mineures. Il y a également lieu de remarquer que l'arrondissement qui est à l'avant-dernier rang dans la classification du nombre des mineures se livrant à la prostitution
(IX' arrondissement), est celui qui donne Thospitalité la plus large aux filles de toutes les catégories, soumises ou insoumises ; c'est dans cet arrondissement qu'elles élisent domicile et, par un contraste assez piquant, c'est de ce centre, qui semble être le refuge sacré des amours vénales et faciles, qu'elles se répandent dans les autres quartiers de Paris à la recherche des amateurs qui, poussés par la faim, l'occasion, l'herbe plus ou moins tendre, seront souvent les victimes de leur imprudence et des manœuvres de ces Vénus de rencontre.