‹ Hygiene sociale. La prostitution clandestine à ParisChapitre 58 sur 78 · CORRECTION · texte numérisé non relu

CORRECTION

DansToxamen des insouinisos qui ont été envoyées en correction, il y a lieu d'établir deux divisions : 1^ les insoumises envoyées en correction antérieurement à leur passage à rinfirmerie de Saint- Lazare; 2** les insoumises condamnées à la correction après le séjour fait à l'infirmerie de Saint-Lazare.

Dans le premier groupe, je trouve 142 insoumises, parmi lesquelles 28 sont restées dans un établissement correctionnel jusqu'à Tàge de dix-huit et de vingt ans. Pour cette catégorie spéciale, la durée de la correction a été, on peut le dire, exceptionnelle; une a fait un séjour de sept ans dans une maison de correction; une autre y a demeuré pendant six ans; 6 y sont restées pendant cinq ans; il pendant quatre ans; 6 pendant trois ans; 3 pendant deux ans. En établissant une moyenne, pour ces 28 insoumises, je trouve quatre années de correction pour chaque individualité. 11 m'a paru utile de faire une classification particulière de ces 28 insoumises qui ont passé plusieurs années en correction, de façon à ne pas majorer la moycMme du séjour en correction du plus grand nombre des filles qui ont été envoyées, pour quelques mois seulement, dans un établissement spécial. En mettant à part ce groupe exceptionnel, il reste 114 insoumises condamnées à un séjour dans une maison de correction pendant un, deux, trois, quatre, cinq mois et parfois six mois. Pour établir une moyenne générale des mois de correction subis par chacune de ces 1 14 insoumises, il y a àétabhr le temps de correction accomph par l'ensemble, ce qui fournit 543 mois. La moyenne du temps de correction pour chacune des 114 insournises est de 4 mois.

Ces différentes insoumises constituant le groupe des filles condamnées à la correction avant leur séjour à Tinfirmerie de Saint- Lazare, n'ont pas retiré un bénéfice moral de leur condamnation ; elles n'ont pas modifié leur manière de se conduire, puisqu'elles ont été arrêtées, plus tard, pour acte de prostitution, et envoyées en traitement à l'infirmerie de Saint-Lazare. Dans cette série de 142 mineures, il y en a 35 qui sont devenues des prostituées inscrites.

428 LA PnOSTlTUTION CLANDESTINE A PAniS

Dans la seconde division sont comprises toutes les insoumises mineures arrêtées pour prostitution, envoyées en traitement à Saint-Lazare et condamnées à la correction, sur la demande de leurs parents, après leur guérison. Celles-ci constituent une catégorie spéciale signalée année par année, lorsque j'ai cherché à déterminer Tavenir qui avait été réservé aux fdles soignées à Saint-Lazare.

Il y a eu, dans la période décennale, 234 insoumises, sorties de l'infirmerie de Saint-Lazare, qui, sur la demande de leurs parents, ont été condamnées à la correction, pour une période de trois à six mois. Parmi les 234 mineures, beaucoup ont recommencé à se livrer à la prostitution; dans ce nombre, il y en a 69 qui, après avoir été définitivement abandonnées par les parents, ont été inscrites sur les registres de la prostitution.

Lorsque le père et la mère ont épuisé la série des conseils et des réprimandes, afl'ectueuses, pour ramener dans la bonne voie leur fille égarée, ils se décident, ne sachant phis que faire, à demander au Président du tribunal de la localité quïls habitent, une ordonnance pour qu'elle soit envoyée dans une maison de correction, soit pendant plusieurs mois, soit jusqu'à Tàge de dix-huit ou de vingt ans. C'est ainsi que des jeunes filles ont pu passer six mois dans une maison de correction à Tàge de quinze ans. Quand, à l'expiration de la peine, la mineure rentre sous le toit paternel, elle n'est pas toujours améliorée, il s'en faut. Il arrive souvent, en efl'et, qu'elle abandonne sa famille quelques jours à peine après lui avoir été rendue, parfois même dans les vingt-quatre heures qui ont suivi son retour, pour recommencer à se livrer à la prostitution. Une nouvelle ordonnance est réclamée du Président du tribunal et celte insoumise de quinze ou de seize ans est condanmée encore à six mois de correction. Des jeunes filles ont fait ainsi, à trois ou quatre reprises successives, six mois de correction, sans que leurs instincts pervers se soient modifiés.

Voici les articles du code civil qui prescrivent la façon de procéder, \Hn\r ce qui concerne la correction :

Art. 375. — Le père qui aura des sujets de niéoontentement 1res graves sur la conduite d'un enfant, aura les moyens de correction suivants :

Art. 370. — Si l'enfant est Agé de moins de seize ans commencés, le père pourra le faire détenir pendant un temps qui ne pourra excéder un mois; et, à cet effet, le Président du tribunal d'arrondissement devra, sur sa demande, délivrer l'ordre d'arrestation.

Art. 377. — Depuis Tdge de seize ans cominencés jusqu'k la majorité ou rëmaocipation, le père pourra seulement requérir la détention de son enfant, pendant six moisau plus; il s'adressera au Président dudit tribunal, qui, après avoir conféré avec le procureur de la ïlépublique, délivrera l'ordre d'arrestation ou le refusera, et pourra, dans le premier cas, abréger le temps de la détention requis par le père.

Art. 378. — il n'y aura dans l'un et l'autre cas, aucune écriture ni formalité judiciaire, si ce n'est l'ordre môme d'arrestation dans lequel les motifs ne seront pas énoncés. Le père sera seulement tenu de souscrire une soumission de payer tous les frais et de fournir les aliments convenables (i).

Art. 379. — Le père est toujours maître d'abréger la durée de la détention par lui ordonnée ou requise. Si, après sa sortie, l'enfant tombe dans de nouveaux écarts, la détention pourra être de nouveau ordonnée de la manière prescrite aux articles précédents.

.\rt. 380. — Si le père est remarié, il sera tenu, pour faire détenir son enfant du premier lit, lors môme qu'il serait Agé de moins de seize ans, de se conformer à l'article 377.

II faut citer, en outre, l'article qui concerne les droits du tuteur.

Art. 468. — Le tuteur qui aura des sujets de mécontentement graves sur la conduite du mineur, pourra porter ses plaintes à un conseil de famille, et, s'il y est autorisé par ce conseil, provoquer la réclusion du mineur, conformément à ce qui a été statué à ce sujet, au titre de la puissance paternelle (Code civil, art. 376 et suivants).

Aprùs avoir fait connaître les moyens que la loi met à la disposition des parents, pour envoyer les prostituées mineures dans des maisons de répression, je reviens à ce que j'ai dit plus haut au sujet des deux divisions d'insoumises envoyées en correction.

En réunissant ces deux groupes de jeunes filles envoyées en correction, soit avant leur séjour à rinfirmerie de Saint-Lazare, soit postérieurement à leur maladie, nous trouvons 376 mineures condamnées à la correction, par le Président du tribunal, sur la demande des parents. Sur ces 376, il y en a i04 qui ont recommencé leur vie de débauche et ont été inscril(*s sur les registres de la prostitution; c'est plus du quart du chiffre total, puisque la pro-

(1) Le Président peut accorder à un père indigent l'ordre de faire enfermer son enfant mineur, par forme de correclion, bien qu'il ne souscrive pas la soumission de payer les frais et de fournir les aliments convenables, pourvu qu'il justiÛe de son indigence par un certiGcat du maire et par un extrait du rôle des contributions, et que l'autorité administrative consente à prendre à sa cbarge les frais de détention.

portion est de 27,65 pour iOO. Le séjour dans la maison de correction n'a donc eu aucune influence salutaire sur ces jeunes filles!

Les mineures sortent fréquemment des maisons de correction plus perverties qu'avant leur condamnation. Les moralistes et les magistrats, qui ont eu à s'occuper de la répression des vices chez les enfants, ont été frappés de ce- fait et ont cherché à y remédier en demandant l'isolement cellulaire pour les condamnés à la correction. Pendant les trois années d'internat que j'ai faites à Tinfirmerie de Saint-Laxare, j'avais été frappé de voir les filles mineures condamnées à la correction ou à la •correction Duval, n'ohtenir aucune amélioration morale de leur séquestration à la prison. J'avais remarqué que l)eaucoup d'entre elles sortaient plus corrompues de la prison qu'elles n'y étaient entrées. La promiscuité de ces insoumises, d'âge un peu différent, amenait fatalement ce résultat déplorable, parce que les filles les moins vicieuses subissaient progressivement l'influence de celles qui étaient plus perverties et se trouvaient l)ientùl au même diapason moral. La contagion du vice est bien plus intense que la contagion de la vertu. Les préceptes de la morale pure ou de la religion sont accueillis avec tiédeur, alors que les professeurs du vice ont un auditoire attentif, toujours rempli de bon vouloir et de zèle. — Le quartier des mineures condamnées à la correction était entièrement séparé de l'infinuerie spéciale des filles se Hvrant à la prostitution; néanmoins, ces toutes jeunes filles trouvaient le moyen d'être en correspondance régulière avec les prostituées soumises ou insoumises. Il se nouait là des amitiés qui devenaient le point de départ d'actes où la saine morale n'avait rien à voir. En général, les mineures envoyées en correction étaient, au début, quelque peu corrompues; elles sortaient absolument vicieuses! Depuis mon internat à Saint-Lazare, j'ai eu soin d'interroger au dispensaire les mineures sortant des maisons de correction : de toutes, j'ai reçu le même aveu : le séjour qu'elles venaient de faire, dans différents établissements, n'avait pas modifié leurs instincts pervers ; elles avaient acquis, au contraire, une science du vice qu'elles ne soupçonnaient pas antérieurement.

Il y avait autrefois à Saint-Lazare une section (troisième section) dénommée correction Duval, qui était destinée à recueillir les jeunes filles que l'administration envoyait en hospitalité, à la prison, pendant un certain nombre de semaines, en attendant qu'on eût

retrouvé leur famille et qu'on eût connu leurs intentions. A côté de la correction Duval se trouvait la correction paternelle. Les mineures condamnées à la correction, par les tribunaux, sur la demande des parents, étaient réunies dans un compartiment spécial qui ne communiquait pas avec celui qui était consacré aux insoumises de la correction Duval. Dans chacune de ces deux divisions les condamnées vivaient en commun sous la surveillance des religieuses; elles travaillaient ensemble, prenaient les repas ensemble, et se trouvaient réunies pendant les récréations. Il n'existait pas à Saint-Lazare des cellules d'isolement. Il y avait donc, dans ces conditions, tous les dangers de l'influence délétère de la promiscuité. La correction Duval a été supprimée le 29 octobre 1893 et transférée à la maison de Nanterre

Le couvent de la Madeleine, rue Saint-Jacques, n** 196, recevait, il y a quelques années, les mineures condamnées à lacorrection paternelle; mais, à partir du 7 octobre 1887, on a cessé d'envoyer des condamnées dans cet établissement et celles qui s'y trouvaient ont été transférées à la maison d'éducation correctionnelle de la Pouilleuse (Seine-et-Oise).

La maison de la Pouilleuse a été fermée le 1®' février 1892 et une section de la maison de Nanterre a été désignée comme lieu de détention pour les filles placées en correction paternelle et condamnées par les tribunaux à la correction jusqu'à vingt ans.

Dans la maison de Nanterre, les jeunes filles sont soumises à l'isolement cellulaire absolu, avec travail obligatoire.

Parmi les insoumises envoyées en correction, sous le régime de la vie en commun, ou dans des maisons à isolement cellulaire absolu, il en est dont le caractère indiscipliné et la dépravation invétérée ne subissent aucune modification dans les maisons de correction, quel que soit le régime auquel elles sont soumises. Deux exemples caractéristiques, choisis parmi les mineures ayant séjourné dans des établissements correctionnels, à organisation différente, viennent à l'appui de mon observation.

Au mois d'août 1891, a été examinée au dispensaire la nommée K... Marie, originaire du XP arrondissement de Paris et qui avait, à ce moment, dix-neuf ans. Elle était atteinte, depuis plusieurs mois, d'accidents syphilitiques très graves, sans qu'elle se fût préoccupée de sa santé, sans qu'elle eût cessé, jusqu'au moment de son arresta-

tion, de se livrer à la prostitution. Elle avouait avec un cynisme exceptionnel, n'avoir nul souci des accidents syphilitiques qu'elle pouvait transmettre aux individus qu'elle racolait.

Cette fille, qui n'avait jamais travaillé, avait quitté sa famille à l'âge de treize ans et demi, pour se livrer à la prostitution. Arrêtée, pour la première fois, à l'âge de quinze ans, elle avait été condamnée sept fois à la correction, à différentes époques, et une fois à six mois de prison, pour complicité de vol. Elle avait fait deux ans de correction paternelle ou administrative, soit à Saint-Lazare, soit au couvent de la Madeleine, en dehors, par conséquent, du régime cellulaire. Les condamnations subies n'avaient produit aucun amendement sur cette nature foncièrement mauvaise, mais je ne crois pas que l'isolement cellulaire eût produit un meilleur résultat.

Après un séjour de cinq mois à l'infirmerie de Saint-Lazare, cette insoumise a été inscrite, comme fille soumise, à l'âge de dix-neuf ans et demi, alors qu'elle vivait de la prostitution depuis six ans. Depuis son inscription, elle est restée une indisciplinée et elle sera toujours une fille d'un cynisme invétéré.

Voici un exemple récent choisi parmi les mineures envoyées en correction cellulaire.

Le 13 février 1896, est passée au dispensaire une insoumise mineure, P...Angèle, née le 15 juin 1878 et ayant, par conséquent, dix-sept ans et huit mois. Elle revenait de Nanterre où elle avait été envoyée en correction administrative pendant six semaines.

Cette fille, orpheline, se livrait depuis longtemps à la prostitution. Elle avait été arrêtée, pour la première fois, le 21 juin 1894 et envoyée en traitement à Tinfirmerie de Saint-Lazare. Depuis celte première arrestation, jusqu'au 13 février 1896, c'est-à-dire dans l'espace de dix-huit mois, cette mineure, arrêtée dix fois pour actes de prostitution, a séjourné deux fois à Tinfirmerie de Sainl-La/are et huit fois à la prison de Nanterre où elle avait été envoyée pour faire, chaque fois, six semaines de correction, par décision de la commission d'inscription. Elle a séjourné 160 jours à Saint-Lazare et 360 jours en correction cellulaire, soit, en tout, 520 jours de réclusion.

P... a eu à peine quelques jours de liberté, pendant ces dix-huit mois. Dès qu'elle était relaxée, elle reconunençait à se livrer à la prostitution et était arrêtée souvent, dans les deux ou trois jours

qui suivaient la sortie du dispensaire; dans une circonstance, elle a été arrêtée dans la soirée du même jour où elle avait été rendue à la liberté.

Dans ce cas, la commission de l'inscription a envoyé huit fois en correction cellulaire, pour six semaines chaque fois, une mineure qu'elle ne voulait pas inscrire, parce qu'elle n'avait pas encore dix-huit ans.

Cette insoumise, mineure et orpheline, avait toujours refusé d'entrer au Bon Pasteur ou dans d'autres refuges, désirant vivre indépendante, dès qu'elle était rendue à la liberté; elle a donc été soumise huit fois à la correction non paternelle, mais administrative, la commission de l'inscription ne sachant que faire d'elle. L'envoi fréquent en correction cellulaire à Nanterre n'a modifié en rien les instincts de cette jeune fille, qui a continué qt continuera indéfiniment à se livrer à la prostitution.

Sur certaines natures, il faut bien le reconnaître, la correction en cellule ne produit pas plus d'effet que la correctionen commun, mais il n'y a pas à craindre, au moins, les dangers de la promiscuité et de la contamination vicieuse qui en est la conséquence.

Dans une étude importante et fort intéressante, M. Puibaraud(i), inspecteur général des services administratifs au Ministère de rintérieur, après avoir signalé les inconvénients du séjour des mineures dans les maisons où l'isolement cellulaire n'est pas établi, s'exprime ainsi : « L'envoi en correction paternelle dans dépareilles conditions est donc un leurre, pour ne pas dire un péril, car il est bien mauvais de donner à un enfant cette idée qu'en définitive, la prison, ce n'est pas l'enfer du Dante, et, qu'après avoir eu le chagrin d'y entrer, on a toujours la certitude d'en sortir. Et il en sort plutôt aigri qu'amendé, n'ayant emporté de la leçon que le ressentiment profond de l'avoir subie, puisque aucune pensée de moralité n'a pu être développée en lui, durant sa détention. »

Il parle, plus loin,, des maisons paternelles qui pourraient être établies sur le modèle de celle qui a été fondée par M. Demetz et qui est une annexe du domaine de Mettray et il émet le double vœu suivant :

« i° Que les enfants envoyés en correction paternelle ne puissent

(l) Louis Puibaraud, U^ Maisons d'éducation préventive et correctionnelles 1894. Pages 19, 21,47, 61.

jamais être internés que dans des prisons cellulaires, officiellement classées comme telles, et auxquelles est attaché un instituteur;

(( 2® Que l'administration pénitentiaire agrée la fondation d'établissements privés, construits et aménagés suivant le mode cellulaire, disposant d'un personnel enseignant convenable pour sa mission, établissements qui seraient affectés à l'éducation et au redressement des enfants indisciplinés envoyés en correction paternelle, par application des articles 37.') et suivants du Code civil. »

En parlant des prostituées clandestines qui se livrent à la prostitution avant Tâge de seize ans, M. Puibaraud demande ce que Ton doit faire à leur égard ; il s'exprime ainsi :

« Une question particulière et bien importante se pose pour les filles : où placer les malheureuses qui, avant Page de seize ans, se sont déjà livrées à la prostitution et qu'une jurisprudence nouvelle a assimilées à des vagabondes? Je n'hésite pas à dire : dans des quartiers spéciaux, car la contagion du vice est encore plus à craindre de la part de celles-ci que de la part des déhnquantes. Je suis donc résolument partisan d'une sélection administrative pour les jeunrs prostituées. Mais il sera assez embarrassant, je dois le dire, de discerner les mineures qui se seront livrées à ce triste commerce, car il est quasi inséparable du vagabondage et de la mendicité, au moins dans les grandes villes. Je ne crois pas que personne accepte ridée de créer des petits Saint-Lazare pour les mineures de seize ans. Il y aurait je ne sais quoi de révoltant dans un pareil projet. Le mieux serait, il semble, de les parquer dans des quartiers cellulaires isolés, tant dans des établissements de préservation que dans des établissements de réforme. »

En donnant de nombreux extraits du travail de M. IMiibaraud, j'ai tenu à montrer l'évolution qui s'est faite, en C(» qui concerne la correction, dans l'esprit des administrateurs qui joignent, à une grande expérience, une rare sagacité et une tendance philosophique à signaler le mal pour améliorer ce qui leur semble défectueux ou dangereux. Il ne faut pas se payer de mots et avoir le courage do signaler les réformes qui s'imposent.

Il semble que la tendance actuelle des magistrats est d'envoyer en province, dans des maisons pénitentiaires, comme à Cavaillon, ou dans des maisons mixtes, moitié laïques et moitié religieuses, comme

LRS INSOUMISES APRKS LEUH SOHTIE DE SAINT-LAZARE 435

le Bon Pasteur de Rouen^ les jeunes filles qui tombent sous le coup de l'article 66 du Code pénal, et que Ton condamne pour vagabondage.

Il reste à examiner la réglementation et l'inscription; mais celte question est trop délicate et trop importante pour ne pas exiger de très grands développements. Son étude nécessite un chapitre spécial.

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