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Hygiène sociale

Par Le D' Pmrppe TISSIÉ Président- Fondateur de la Ligue girondine de l'Éducation physique.

Dans son article : Sur l’Évolution de l'Éducation physique en France, paru dans la Revue Scientifique, M. Demeny a prononcé un réquisitoire très vif contre la méthode de gymnastique suédoise. Je n’ai pas l’intention d'entrer dans la discussion. J’ai tout dit dans mes précédents articles sur la valeur théorique de la méthode rationnelle de gymnastique suédoise, je n’y reviendrai point. Je veux uniquement aujourd’hui produire des faits.

Cependant il m’est impossible ne ne pas relever quelques-unes des contradictions de M. Demeny.

Voici ce que M. Demeny écrit en janvier 1903, dans la Préface du livre de propagande du commandant Lefebure, L’Éducation physique en Suède, devant servir à la réforme de la gymnastique militaire en Belgique :

« La méthode suédoise ? a toute la précision de la science, elle pourra, » sans doute, se perfectionner encore dans les détails, se tenir d’accord » avéc progrès futurs ; mais les principes et le plan en resteront immua- » bles, et mériteront la reconnaissance des peuples.

» Pour juger de l’œuvre de Ling et se faire une idée exacte de ce grand » mouvement éducatif, il faut le débarrasser des interprétations erronées » et remonter à la source même de ses principes.

» Les grandes œuvres sont toujours simples, les complications viennent » ensuite et finissent par étouffer le tronc principal. Le livre de M. le com- » mandant Lefebure a précisément l’avantage d’être inspiré par le souffle » de Ling : les documents photographiques à eux seuls sont précieux » puisque, même en Suède, il serait très difficile, pour ne pas dire impos- » sible, de s’en procurer de semblables. *

» Puisse cet ouvrage, dans l'intérêt général, éclairer ceux qui sincère- » ment désirent le progrès, et détruire les préjugés de ceux qui se font » encore aveuglément les défenseurs de l'erreur ».

Je n’ai jamais dit autre chose. Pourquoi M. Demeny félicite-t-il M. Lefebure pour sa documentation photographique en 1903, et le critique-t-il, en 1905, pour cette même documentation, au sujet des photographies prises par lui sur ses élèves, à l’École de gymnastique militaire belge ?

« Un document photographique simple n’a aucune valeur scientifique, » dit M. Demeny*, la photographie fixe bien un instant l'attitude et la » forme d’un sujet, mais ce dernier pose devant l'appareil comme on lui » ordonne de poser, il cherche involontairement à faire valoir ce que l’on » veut prouver ; en particulier, la tenue, l’ampliation de la poitrine peu- » vent être bonnes pendant la prise de l’image sans être acquises définiti-

» vement par l'exercice. En photographie, si l’on ne s’entoure pas de

» certaines précautions, les erreurs de perspective et d'éclairage ne se » comptent plus, et si l’on veut en faire un moyen de mesure cela devient » extrêmement délicat. »

— Revue Scientifique, du 17 février 1906, n° 9, page 198. — Commandant LEreBuRE : L’Éducation physique en Suède. Préface de M. DEMENY, Rrcitée: Lamertin, 1905, page virr.

3. — Demeny : Sur l’Évolution de l'Éducation physique en France. Revue Scientifique du 30 septembre 1905, n° 14, page 425.

MD I. — La Gymnastique suédoise à la Caserne.

Je vais utiliser quelques photographies que M. le commandant Lefebure me communique avec des observations prises sur les soldats de son école. Il était donc nécessaire, pour bien établir la valeur de cette documentation de citer les deux textes de M. Demeny.

Rappelons ici quelques faits concernant la Belgique. C’est en 1901 que

le Ministre de la Guerre de ce pays, adoptant les conclusions d’un rapport

de M. Lefebure, lui confiait le commandement de l’École normale de gymnastique et d'escrime militaires de Belgique, afin d'assurer sa réorganisation, avec mission d'élaborer une méthode et un règlement nouveaux. M. Lefebure avait auparavant suivi, pendant un an, les cours à l’Institut central de Gymnastique de Stockholm. Bien documenté, ayant surtout bien compris les principes de la méthode de Ling, il les applique dans toute leur pureté.

« Nous basant, dit M. Lefebure ', sur l’expérience de trois années con- » sécutives de pratique constante à l’École normale, nous pouvons affirmer » que le développement corporel, l'énergie musculaire et morale, de même » que le contrôle physiologique :des résultats obtenus dépassent toute

» attente, et ont vivement impressionné les nombreux pédagogues et.

» médecins qui ont visité l'Ecole normale depuis trois ans.

» L'augmentation de la capacité vitale des élèves pendant ces trois » années a été en moyenne de un cinquième à un sixième, en six à dix » mois, et leur développement thoracique est tel, que la seule critique » qu'un spécialiste prévenu a pu en faire, c’est que ce développement » thoracique était excessif et n’avait pas grande valeur pratique. Le simple » bon sezs fait justice de critiques semblables, que nous avons considérées » comme un argument de plus en faveur dela méthode éducative suédoise.

» Nous avons eu la satisfaction d'entendre M. le D' Demoor, professeur » de physiologie à l’Université libre de Bruxelles, et attaché à l’Institut » Solvay de physiologie, nous déclarer en 1903, après avoir assisté aux » exercices exécutés par les élèves, et pris connaissance de notre ouvrage » de propagande que nous avions imprimé au système d'éducation phy- » sique.en Belgique une direction nouvelle, conforme à toutes les données » de la science contemporaine. »

M. Lefebure, en prenant la direction de l’École normale de gymnastique et d'escrime, avait divisé systématiquement les élèves en deux sections, l’une soumise à la méthode réglementaire actuelle empirique, l’autre aux exercices de la méthode suédoise scientifique. Voici les résultats physiologiques moyens obtenus dans le développement thoracique pendant une période de six mois.

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