‹ Hygiène vestimentaireChapitre 12 sur 90 · ÉVENTAILS · texte numérisé non relu

ÉVENTAILS

L’éventail est un des ustensiles hygiéniques des plus nnciens ; on le retrouve chez presque toutes les nations du globe. Les Indiens, les Babyloniens, Mèdes, 'Assyriens, Égyptiens, etc., etc., usaient de l’évenïail. — La beauté célèbre qui alluma la guerre de Troie s’éventait avec un éventail de plumes d’autruche. Lorsque le paon fut importé en Grèce, l’éclat de son plumage le fit d’abord consacrer à Junon, et les mains profanes n’osèrent de longtemps y toucher; mais, plus tard, l’espèce s’étant multipliée, on fit des éventails avec les plumes de sa queue. Ces sortes d’éventails, à longs manches, sont encore en usage chez

les peuples orientaux. Les sculptures et peintures trouvées à llerculanum représentent des esclaves, armés d’éventails en plumes de paon, éventant lçur maîtresse. Sur beaucoup de bas-reliefs, on voit des éventails de plumes de cet oiseau. Les Romains placèrent entre les plumes de petites larnes de bois ou d’ivoire, pour donner plus de résistance à l'éventail. Le moUabellæ, employé par Ovide, Properce et Tibulle, signifie un instrument pour agiter l'air, un éventail. — Le luxe ne tarda point à s'emparer des éventails, comme il s’était emparé des parures et autres objets de toilette; on les enrichit d’ornements d'or et de perles, de manière à flatter la vanité des dames. La valeur de quelques éventails historiques devint presque fabuleuse : l’éventail deSémiramis fut acheté, à Rome, 200,000 francs ; celui de Cléopâtre 300,000 !

Les élégants, du temps d'Ovide, portaient les éventails de leurs dames et les éventaient galamment. A une époque bien antérieure, Hercule avait agité un éventail en plumes d’autruche pour rafraîchir l'air que respirait la belle Omphale. Il résulte de toutes les recherches archéologiques et de plusieurs bas-reliefs, surtout de la mosaïque expliquée par Yisconti, que les éventails modernes les plus riches ne sauraient être comparés aux anciens, pourla magnificence et la délicatesse du travail. Les dessins et peintures conservés sur les vases antiques offrent tant de variétés et de modifications de ces éventails, qu'on est naturelle*

ment porté à croire que la mode, il y a deux mille ans, était tout aussi changeante qu'elle l’est aujourd’hui.

Les éventails de plumes réunies en touffes ou séparées par des lames de bois précieux ou d’ivoire, de forme ronde, ovale ou triangulaire, furent les plus en usage. Otte mode qui, des Babyloniens, passa aux Égyptiens, puis, de ceux-ci, aux Grecs et aux Romains, se conserva pendant le moyen âge et arriva jusqu’au seizième siècle, avec cette différence que les plumes de paon furent préférées, en Europe, aux plumes d’autruche pour la fabrication des éventails. Yenise, 'Gènes, Livourne étaient des marchés où se faisait le •commerce des plumes d’autruche et de paon ; les premières venaient d’Alexandrie, de Smyrne et d’autres ■villes du Levant. — Les éventails des dames italien— mes des onzième et douzième siècles, dont le Titien mous a donné les dessins, avaient des formes tout à ffait originales. Les plumes d’autruche, de paon, de geai, de corbeau de l'Inde, de perroquets et d’autres uiseaux, entraient dans leur fabrication.

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