GILET DE FLANELLE
L application d’un vêtement de laine sur la peau, tel que le gilet, le caleçon ou la ceinture de flanelle, produit une excitation accompagnée d’abord de démangeaisons légères ; la circulation capillaire est activée, et avec elle la transpiration. Le vêtement de laine, immédiatement appliqué sur la peau, a la propriété de développer de l’électricité par le frottement, ce qui augmente encore ses effets stimulants. Ces vêtements doivent donc être réservés pour les constitutions valétudinaires et dans les cas de convalescence où la peau, restée sèche, transpire difficilement. Le gilet de flanelle, les caleçons et la ceinture de laine, sont une précieuse ressource pour les personnes sujettes aux refroidissements, aux rhumes, aux névralgies, etc.; mais il faut les employer sobrement, c'està-dire n’en faire usage que comme moyen thérapeutique, et les abandonner aussitôt que la maladie est entièrement dissipée. L’adoption d'un gilet de fla-
nelle, sans nécessité, ainsi que le font beaucoup de jeunes gens, offre de grands inconvénients, en les privant d’une excellente ressource pour plus tard. On est en droit de dire , avec beaucoup de raison , que, l’habitude du gilet de flanelle une fois contractée, il est difficile et souvent imprudent d’y renoncer ; il faut subir le joug qu’on s’est imposé, ou du moins ne le quitter qu’avec les plus grandes précautions et à 1 époque de l'année où la haute température de l’air est reconnue stable.
D’après les sages principes de l’hygiène , ce n’est que vers l’âge de quarante-cinq à cinquante ans, alors que la peau a perdu de sa vitalité, que son tissu s’est resserré, que l’activité concentrique s’est développée aux dépens de l’activité excentrique, ce n’est qu’à cet âge seulement que l’usage du vêtement de laine sur la peau doit être définitivement adopté ; parce qu’alors il agit comme préservatif des dérangements de transpiration qui sont une cause fréquente des maladies de l’âge de retour.
Les vêtements de laine et de coton en contact immédiat avec la peau, s’imprègnent promptement des émanations cutanées; ils doivent, par conséquent, être changés le plus souvent possible : car les matières de la transpiration s’altèrent, se corrompent et peuvent exercer sur la peau et même sur la santé générale une fâcheuse influence. (Voyez, dans notre Hygiène médicale du visage et de la peau, l’analyse chimique
des substances animales dont un gilet de flanelle a été trouvé imprégné.)
Règle générale. Les gilets, caleçons, bonnets et bas de laine, doivent être proscrits des habillements de la jeunesse, hormis les cas exceptionnels indiqués ' plus haut. Les parents éclairés ont compris , dans ce j qui vient d’étre dit, les inconvénients qu’entraîne leur j usage. La vraie éducation hygiénique des enfants est de les habituer graduellement aux variations atmosphériques. Cette éducation, qui commence à se généraliser en France, est le meilleur préservatif contre les dérangements de la santé causés par les variations de température et l'intempérie des saisons.
Le corset est un vêtement dont les femmes pourraient se passer : nous prions les dames , surtout les mères, de relire avec attention le chapitre IV de cet ouvrage ; elles en retireront profit.
Les corsets sont généralement fabriqués par des ■ ouvrières n’ayant aucune idée de la structure anatomique de la poitrine; leur but, en fabriquant, est de ; produire un vêlement qui embrasse étroitement la taille et la fasse paraître fine : peu leur importe que la personne qui le portera devienne contrefaite, poitrinaire ou phthisique. Le corset inflexible à buse, à lames d’acier, devrait être à tout jamais rejeté comme très-dangereux ; et, puisque la mode despotique impose ce vêtement, il serait sage aux mères de faire
fabriquer, pour leurs filles, des corsets fujgiétiiqucs sur lesquels voici quelques détails.
Le corset hygiénique doit être exempt de tout corps dur, résistant, capable d’exercer une compression toujours dangereuse au développement, aux fonctions et à la beauté des organes mammaires. Il sera fait d'un tissu élastique ayant la propriété de se mouler sur la taille; d’exercer une pression douce, uniforme, sur toute la surface du buste ; de se prêter aux mouvements inspirateurs du poumon et à tous les autres mouvements du corps sans jamais leur opposer la moindre résistance. — Pour les personnes grasses, le but du corset est uniquement de maintenir le surcroît de formes tendant à se développer outre mesure, et de contenir la proéminence abdominale. Le corset qui remplira ces conditions méritera le nom de corset hygiénique , et devra être adopté de toutes les femmes.