PARFUMEURS
D’après les recherches archéologiques de plusieurs savants, parmi lecquelsnous citerons Grüter, Reinescius, Bœtiger et Muratori, il existait dans Rome ancienne un grand nombre de parfumeurs. Les uns vendaient des parfums venant d’Orient et opéraient divers mélanges pour fabriquer des parfums composés; les autres s’adonnaient à diverses préparations chimiques, telles que les préparations des blancs et rouges de fard, eaux et pâtes astringentes contre les rides; teintures pour les cheveux, les cils et les sourcils; pâtes et poudres dépilatoires pour détruire les poils disgracieux de certaines parties du corps, etc. 11 existait une autre classe de parfumeurs plus instruits , qui s’occupaient de toutes les préparations favorables à la beauté du corps. L'immense quantité de recettes cosmétiques de ces époques prouve, d'une manière péremptoire, les soins incessants que les femmes prenaient de leur beauté. Criton, médecin de l’impératrice Plotine, écrivit un ouvrage sur la cosmétique ou art d’embellir, dans lequel il parle de
cette classe de parfumeurs. Fabricius, dans sa Bibliothèque grecque, nous a transmis les noms de vingtcinq parfumeurs les plus renommés.
Si l’art de la parfumerie n’était pas aussi avancé chez les anciens que chez les modernes, à cause des progrès que la chimie lui a imprimé de nos jours, on ne saurait refuser aux parfumeurs grecs et romains la connaissance d’une foule de recettes et de procédés dont l’efficacité était reconnue. Mais ce fut surtout dans la fabrication des diverses poteries, flacons, vases et boîtes destinés à contenir la parfumerie, qu’excellaient les anciens. Le génie des artistes grecs était beaucoup plus fécond que le nôtre dans la création de ces objets, dont l’immense variété, quant a la forme, 3ux dessins, aux sculptures et à la richesse, était incalculable ; il suffit, pour s en convaincre, de jeter les yeux sur le musée de nos vases antiques, pour rester dans l’étonnement et dans l’admiration devant cette variété prodigieuse. Aujourd’hui, les dames ont tout simplement une table de toilette à compartiments disposés de manière à contenir les ustensiles nécessaires à la toilette. Le prix de cette table et des ustensiles varie selon la matière et le travail, mais n a rien d’exagéré; chez les dames romaines, au contraire, l’attirail d’une toilette était immense; les ustensiles, toujours de matière précieuse et fabriqués par des artistes célèbres, s’élevaient à un prix exorbitant. Parmi les tables tournantes alors usitées pour la toilette, on
en remarquait dont les sculptures, les incrustations i d’or et de pierreries, la forme et le travail pouvaient I les faire placer au premier rang comme objets d'art