‹ Hypnotisme, double conscience, et altérations de la personnalitéChapitre 47 sur 51 · DUES A UN ÉTAT MORBIDE · texte numérisé non relu

DUES A UN ÉTAT MORBIDE

rend aussitôt; sa main, ainsi qu^on le dit, est partie toute seule^ sans qu'il l'ait voulu, sans qu'il en ait conscience ; peut-être, s'il avait eu le temps de la réflexion, eût-il agi autrement.

Je sais un homme honnête qui, étant un jour chez un banquier, met dans sa poche une clef avec laquelle il occupait ses doigts; il l'emporte. Bientôt après, on vient la lui réclamer; c'était la clef d'une caisse contenant plusieurs millions : il ignorait absolument l'avoir prise. Ici aussi Taltération de la personnalité était de peu d'importance et n'avait que peu duré, mais elle n'en existait pas moins.

L'affaiblissement intellectuel qui accompagne certaines convalescences a pu provoquer des altérations de la personnalité. M. Galinier en a publié un exemple remarquable (i). Un de ses malades, convalescent d'un anthrax qui avait amené de graves accidents, bien que d'ailleurs il fût sain d'esprit, ne se croyait plus lui: ce n'est pas moi qui suis ici^ disait-il. Il croyait être une autre personne, particulièrement un Chinois.

(i) Galinier; Revue philosophique^ ^877,

Au premier rang de ceux chez lesquels on observe une altération de la personnalité due à un état morbide des facultés intellectuelles, je placerai les personnes qui, agissant sous l'influence d'une impulsion dont ils n'ont pas conscience, ignorent complètement leur acte, ou n'en ont qu'une notion obscure : ce sont les impulsifs. Je ne savais pas ce que je faisais^ le coup est partie sans que j'aie pu me rendre compte^ etc. Telles sont, vulgairement, les phrases qu'ils emploient.

Ou l'individu n'a qu'une conscience obscu re de son acte, ou il l'ignore complètement ; de là des degrés dans la responsabilité que le juge apprécie, sachant bien, du reste, que l'excuse est banale, et qu'il n'est pas un criminel qui ne cherche, par des mensonges de cette nature, à tromper la justice. Quoique la plupart du temps banale et mensongère, l'excuse dont nous venons de parler est vraie dans certains cas ; alors l'acte inconscient a été accompli comme par une autre personne, incarnée dans celle qui paraît en être l'auteur; c'est là le véritable automatisme.

Ici je ne saurais mieux faire que de citer un

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