‹ Hypnotisme, double conscience, et altérations de la personnalitéChapitre 49 sur 51 · RESPONSABILITÉ LÉGALE · texte numérisé non relu

RESPONSABILITÉ LÉGALE

En effet, s'il est évident qu'un homme ivre ne saurait être punissable d'un acte commis pen« dant l'ivresse, qu^^eût fait ou que ferait la justice^ si une personne comme Félida ou comme la dame américaine de Mac-Nish^ vivant pendant de longues périodes de temps en condition seconde^ avait commis ou commettait un acte punissable pendant cette condition qui n^'est pas sa personnalité réelle, mais qui est cependant sa vie à peu près ordinaire ?

D'une sorte d'enquête que j'ai faite à ce sujet et dont j'ai parlé plus haut (i), il résulte qu'elle serait fort embarrassée.

En fait, je le répète, si pour certaines altérations de la personnalité, rien n'est plus aisé que de conclure à l'irresponsabilité, il est des cas où, dans l'état actuel de notre connaissance de l'homme, rien n'est plus difficile.

Je ne prétends pas, on le comprend, donner ici une solution tendant à écarter un embarras que je partage ; mais j'émettrai une espérance, c'est que la connaissance de l'homme fera des

(i) Voy. p. 184.

2lo LES ALTÉRATIONS DE LA PERSONNALITÉ

progrès non moins grands dans Tesprit des magistrats que dans celui des médecins, et que nous finirons par ne plus voir des criminels, aliénés, épileptiques ou hystériques, frappés par une justice aveugle. ,

Que la société se protège contre leurs fureurs, rien de plus légitime ; mais que ce soit comme contre la rage du chien ou la férocité du loup. Ce que Ton ne saurait comprendre, c^est qu'elle frappe comme responsable un criminel qui n'est lui-même qu'une victime, une victime de la maladie.

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