‹ Hypnotisme et croyances anciennesChapitre 1 sur 38 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Pour rendre intolligible au lecteur l'exposé des documents qui vont suivre, il faut tout d'abord fixer son esprit sur la valeur du mot hypnotisjne et sur le sens qu'il convient de lui appliquer.

Beaucoup confondent le magnétisme et les merveilles qu'on on raconte, le somnambulisme et les états de sommeil naturel avec les phénomènes de l'hypnotisme, qui s'en distingue cependant par ce caractère essentiel qu'il est toujours artificiellement provoqué.

Nous pouvons, l'envisageant dans son acception la plus large, le définir de la manière suivante : c'est un état spécial du système nerveux qu'on peut artificiellement provoquer chez un grand nombre d'individus et dont la caractérisque est un état d'inconscience complète ou partielle, avec oubli total, lorsque cesse l'état hypnotique, de tout ce qui s'est passé pendant sa durée.

Le mot sommeil hypjwtiquc, qu'on emploie souvent, est défectueux sous bien des rapports. Il ne faut pas croire en effet, que le sujet hypnotisé présente toujours les apparences d'un iiulividu endormi. Il est certaines phases légères de l'hypnose, où le sujet, sans avoir entièrement perdu la conscience do tout ce qui l'entoure et de ce qu'on lui fait, est cependant accessible à la suggestion et tout à fait privé de son libre arbitre. 11 en est d'autres, plus profondes (fascination, somnambulisme lucide les yeux ou-

verts), où l'hypnotisé garde toutes les apparences extérieures de la veille, bien qu'il soit, intellectuellement parlant, dajis un état de délire et d'inconscience absolus. Quoiqu'il soit capable, en ces moments, de répondre correctement aux questions qu'on lui pose, le sujet est alors un véritable aliéné, qui peut, par ses paroles, ses actes, son aspect extérieur, induire en erreur ceux qui ne sont pas prévenus et qui le croiront en pleine possession de son bon sens. Une légère altération du timbre delà voix, une accentuation plus scandée des mots, vous avertissent que le sujet est sorti de l'état normal de veille et qu'il est en pleine hypnose ; mais à ceux qui ne connaissent pas ces détails il paraît parfaitement éveillé. Le plus souvent il a les yeux ouverts, la parole vive, le geste exubérant, il répond et agit comme une personne normale. Interrogez-le, vous vous apercevez qu'il est en plein délire: il ignore où il est, ses yeux ouverts ne voient rien, ou plutôt verront ce qu'il vous plaira de leur faire voir et vous pourrez le transporter, au gré de votre fantaisie, dans un jardin, dans un théâtre, dans une forêt, sur une montagne, au ciel ou dans les enfers.

Alors le délire de l'hypnotisé se met d'accord avec l'idée qu'on lui suggère, et cette idée se développe d'elle-même, automatiquement, comme si les images successives d'un kaléidoscope passaient tour à tour devant ses yeux. Dans le jardin, il voit des fleurs qu'il admire et qu'il cueille. Au théâtre, il rit de la pièce à laquelle il croit assister, vante le jeu des acteurs et l'esprit de l'auteur. Sur la montagne il jouit du boji air, s'épouvante et est pris de vertiges à la vue des précipices, frémit au bruit des avalanches. Au ciel^ il contenq)le l'Eternel avec une joie profonde. Aux enfers il se mêle au chœur des damnés, hurle et danse avec eux et profère d'épouvantables blasphèmes. C'est donc dans son cerveau seul que cet hypnotisé voit. S'il

aperçoit les objets réels et les gens qui l'entourent, c'est seulement quand riiypiiotiseur les lui a fuit remarquer. La facultés du somnambule se ré% cillent ou s'éteignent suivant les ordres de celui qui l'a endormi.

Tl ne faudrait pas croire que cet état soit bien difficile à produire: avec les individus entraînés la chose est des plus simples; un geste imperceptible, un clin d'oeil suffit à l'hypnotiseur pour plonger son sujet dans cet état dit de fascination qui n'est en somme qu'un état d'hypnotisme léger mais suffisant pour faire perdre à celui qui y tombe toute conscience de ses actes, toute notion des paroles qu'il prononce, du lieu où il se trouve, du temps qui va s'écouler. En effet, lorsqu'on fait cesser l'état hypnotique, le sujet reprend son existence à l'instant précis où l'état hypnotique s'est produit ; il n'a pas la conscience de l'hypnotisation qu'il a subie ni du temps qu'elle a duré.

Il y a des gens qui présentent une aptitude extraordinaire à la fascination, à tel point qu'on peut sans effort et du premier coup les hypnotiser soit par un commandement bref et énergique, soit en les fixant tout à coup d'un regard impérieux et sombre. Les magnétiseurs ambulants, qui connaissent très bien cette aptitude et les moyens de la mettre en jeu en usent souvent au milieu de leurs séances ; ils fascinent ainsi tout à coup des spectateurs qui ne sont pas le moins du monde leurs compères, mais dont ils ont reconnu la facilité a l'hypnose soit en les faisant regarder quelque temps et sous un prétexte quelconque à travers un prisme de verre, soit à l'apparence générale de leur physionomie qui, pour un œil exercé, est en effet assez caractéristique.

Cela ne prouve nullement les vertus supérieures d'un fluide qu'ils ne possèdent pas plus que vous et moi, cela prouve simplement qu'on ne doit pas se risquer sans réflexion aux expériences d'un charlatan qui peut en abuser

tout au moins pour vous tourner en ridicule et qui risque, pour se donner un succès dont il sera seul à bénéficier, de compromettre à jamais la santé du malheureux qui s'est ainsi volontairement offert à ce genre d'exploitation.

C'est justement à cause de ces accidents trop nombreux déjà dans les annales de la science, que les médecins demandent avec insistance la suppression des séances publiques d'hypnotisme, qui ne peuvent qu'être préjudiciables au public toujours assoifé de merveilleux, car les expériences qu'on lui montre sont surtout destinées à frapper son imagination et non pas à l'instruire des vérités utiles.

Même pour les gens de science, l'hypnotisme estunterrain dangereux sur lequel il ne faut s'aventurer que la poitrine et le cerveau cuirassés du triple airain d'Horace, sous peine de voir sombrer sa raison à la recherche de la solution des problèmes ardus que soulève pour les esprits sérieux et réfléchis, mais quelquefois aussi trop enthousiastes, l'étude des réactions morales et intellectuelles de l'encéphale et des relations à distance possibles entre les divers êtres.

Il faut, si on ne veut pas perdre à jamais une science qui commence à se fonder, ne pas se lancer ainsi à corps perdu dans le domaine de l'hypothèse. Ce n'est que depuis quelques aimées que la réalité scientifique de l'état hypnotique est établie. Il faut, avant d'aller plus loin, bien caractériser les diverses phases de cet état, étudier leurs réactions physiques appréciables à nos sens et susceptibles d'être contrôlées par nos instruments. Puis, lorsque nous saurons bien l'anatomie de l'encéphale et que nous connaîtrons un peu le mécanisme de la pensée, peut-être sera-t-il possible de nous avancer plus sûrement sur la voie glissante des communications soi-disant lluidiques des êtres admises par les partisans du magnétisme et par les spirites .

11 ne faut pas confondre en effet ce qu'on appelle encore

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aujourd'hui le magnétisme avec l'hypnotisme tel qu'on l'entend en physiologie et en médecine (t).

Ceux qui croient au magnétisme admettent l'existence d'un fluide plus ou moins analogue à l'électricité à l'aide duquel le magnétiseur agirait sur le magnétisé. Pour les spirites ce sont les esprits, c'est-à-dire des forces invisibles, impondérables, sans forme, sans consistance, qui produisent certains phénomènes dont on trouvera la relation à la fin de ce volume, phénomènes qui d'ailleurs n'ont que des rapports indirects avec Thypnotisme (tables tournantes, esprits frappeurs, etc.). L'bypnotisme pour nous, n'est rien de tout cela. C'est un état en quelque sorte pathologique du système nerveux, ditTérantdes états spontanés analogues par des caractères bien tranchésqui distinguent lesétats hypnotiques où il y a apparence de sommeil, du sommeil vrai et de certains états naturels de catalepsie, de léthargie, de somnambulisme, dont ils ont pris le nom, parce qu'ils res.semblent à ces états, connus avant rhypnotlsme, développés, soit spontanément, soit à la iin de crises hystériques. Examinons ces dilTérences ; cela précisera mieux encore ce que nous entendons par le mot d'hypnotisme.

La léthargie spontanée est, à proprement parler, une mort apparente et à ce point trompeuse qu'on a pu s'y méprendre et que les cas d'inhumation de malades tombés en cet état ne sont pas exceptionnels. Le sujet n^accuse aucune sensibilité. Ni ses muscles, ni ses nerfs moteurs ou sensoriels ne répondent aux excitations, quelles qu'elles soient ; les battements du cœur et du pouls sont imperceptibles ; la respiration, inappréciable à la vue, est si faible que l'haleine ternit à peine l.i surface d'un miroir. Cet

\. Le fluide possède encore des zélés partisans. — Ils se divisent d'après Guyonnet de Bérat en 7 classes : 1» les volonlistes spirites, 2» les suggestionnistes, 3" les polaristes, 4° les masseurs , 5° les électro-niagnétistes, 6» les fascinateurs liseurs de pensée, 1° les hypnolislcs.

état peut se prolonger pendant plusieurs jours et même plusieurs semaines.

Il ressemble beaucoup à 'un état que nous avons eu l'occasion d'observer dans le service de notre ami M. le

docteur Luys, état qu'il qualifie à'hypolélharffie hypnotique dans lequel toutes les fonctions psychiques et psycho-motrices sont à tel point suspendues, que le sujet ne vit plus, pour ainsi dire, que par le bulbe ; encore estce à peine si l'on sent les pulsations cardiaques et si on peut apprécier la respiration à l'aide d'une glace,

11 n'en est pas de môme chez le sujet passé dans l'état

hypnotique que le professeur Charcot a qualifié de léthargique. Si on le pique, il semble ne ressentir aucune douleur, car il n'exhale aucune plainte et ne cherche môme pas à retirer le membre piqué, à quelque profondeur qu'on

pousse l'aiguille. Ni la chaleur ni le froid ne l'impression nent; il est véritablement analj^ésique et anesthésique. Les yeux sont fermés, les membres retombent inertes lorsqu'on les soulève. Cependant le visage du sujet reste coloré: les battements du cœur et du pouls sont particulièrement appréciables, la respiration normale, quelquefois légèrement accélérée.

Mais ce qui caractérise lu léthargie hypnotique, c'est la persistance et même l'exagération de la sensibilité des muscles : si on frotte légèrement la peau au niveau des fléchisseurs de lavant-bras par exemple, on voit ceux-ci entrer en une contracture qui ne cède (jue lorsqu'on frotte la peau au niveau de leurs ;mtiit;()nistes (1). De même pour

tous les autres groupes jnusciilairc.s du tronc] et des membres. A la face, la friction ou le simple contact d'une pointe au niveau d'un muscle produit la contraction de ce muscle mais non la contracture, car le muscle se relâche dès que la pression cesse.

i . Cette contracture peut aussi être vaincue mécaniquement à Taicle de la fatigue provoquée en chargeant le poignet avec des poids, mais lorsqu'on fait cette expérience, on constate (pie le poids supporté par l'avant-bras contracture est environ cinq fois supérieur à celui que peut soulever le sujet lorsqu'il est éveille, /l y a donc un accroissement nolable de l'énergie muaeulaire.

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D'autre part, si on presse sur un point quelconque de sou trajet un nerf, le cubital par exemple, on voit les muscles auxquels ce nerf se distrihuc entrer en contracture.

Le professeur Cbarcot a qualifié cet état spécial des muscles et des nerfs (rin/porexritahtlitf' nenro-mu<iciilaire.

AH'luJepi'Ovoiiiu'e eu croisant sur la poitrine les bras du sujet calaleplique.

La catalepsie spontanée peut débuter brusquement, mais elle est le plus souvent précédée de symptômes précurseurs : céphalalgie, vertiges, douleurs épigastriques ; sensation de constriction à la gorge. Elle peut être partielle, ou incomplète. Tissot a vu un cas dans lequel les deux bras seuls étaient frappés de catalepsie et cet état dura deux mois.

La plupart des malades n'ont pendant l'accès, aucune conscience de ce qui se passe autour d'eux. L'insensibilité est ordinairement complète ; les fonctions sensorielles sont suspendues. Le malade est incapable d'aucun mouvement volontaire.

Altitude imprimée au sujet cataleptique.

Après la disparition de l'accès, il reste presque toujours de la céphalalgie, une grande irritabilité des sens, un sentiment de profonde courbature.

Chez le cataleptique hypnotique on retrouve, comme chez les précédents, l'aptitude des membres à garder la position qu'on leur donne, si fatigante, si difficile qu'elle soit. L'ab-

sence d'effort paraît évidente (l) mais le masque, au lieu de rester immobile, comme chez le cataleptique spontané, prend une expression correspondante au geste imprimé. Inversement, si on fait contracter les muscles du visage, de façon à lui faire exprimer successivement la frayeur, la co-

Autre attitude d'équilibre diflicile.

lëre, la joie, le mépris, les membres prennent d'eux-mêmes une attitude correspondante à l'expression de la physiono-

1. En effet flans des recherches que nous avons faifes à ce sujet, M. Paul Riclier et moi nous avons été à même de conslalcr que le bras d'une cataleplique pouvait resleréicndu horizontalement peudanl dix ou quinze miaules sans que le tracé delà respiration traduisit le moindre effort, tandis que le même tracé pris chez un homme vigoureux simulant la catalepsie traduit des efforts considérables des muscles de la poitrine.

mie. L'indépendance des doux côtés du corps est telle qu'on peut d'un côté faire exprimer la joie pendant que l'autre côté de la face et de tout le corps exprime la douleur ou la colère, ainsi qu'on le voit dans les figures ci-joiates.

Altitude {Muvuqiiée par su^^geslion molrict; en fermant le poing du sujet.

Le cataleptique hypnotique est capable d'automatisme. Il voit, mais sa vue a subi une perturbation. Les objets perdent leur aspect réel. En agitant la main devant les yeux du cataleptique, de façon à imiter grossièrement le vol d'un oiseau, on voit le sujet saisir bientôt la main et la caresser comme s'il avait réellement dans les doigts un petit oiseau.

La vue des boules colorées éveille dans son esprit des sensations variées suivant les couleurs et la dimension de la boule qu'on lui présente — le bleu produit un étonnement mêlé de terreur. Le jaune semble au contraire les attirer et

Attitude d'équilibre diflicile imprimée au sujet.

si la boule est grosse (de 20 à 30 centimètres de diamètre), le sujet sort de l'état cataleptique, passe en somnambulisme et marque par l'exubérance de ses paroles et la précipitation avec laquelle il à'empare de la boule, ainsi que par sa résistance désespérée à toute tentative faite pour la lui reprendre, combien il tient à ce cber trésor. Cette boule lui semble

xvni

une sorte de palais dans lequel il voit sa figure et celles des assistants (1) mais il ne reconnaît ni lui, ni personne. L'image réelle éveille dans son esprit une hallucination visuelle correspondante, mais il n'a aucune notion de la perspective ni des dimensions réelles des choses. Il frappe

Atlitudes provoquées par l'excitation d'un bcul liémisplière céi-ébral h la fois.

sur la boule comme on frappe à une porte, demandant qu'on lui ouvre et s'indignant de ce que les gens qui sont dedans n'aient pas l'air de l'écouter.

On voit par cette courte description à quel degré d'altération peut arriver le cerveau d'un liypnotisé. Car si après lui avoir montré la boule, vous lui faites la suggestion que les choses qu'il y voit sont réelles, que vous donniez aux gens qui la peuplent des noms imaginaires et que vous lui

1. Images exactes répétées en raccourci par la surface convexe de la boule de verre.

recommandiez de ne pas oublier ces choses, le somnambule une fois réveillé, gardera le souvenir d'une vision réelle : il en soutiendra la réalité contre toute évidence, môme publiquement et ce n'est qu'après bien des jours (173 au dire de Liébault) que la suggestion s'effacera. A partir de ce moment le sujet peut soutenir avec la môme bonne foi qu'il n'a jamais rien dit de semblable et que ces paroles qu'on lui attribue, cette vision qu'on lui raconte, sont des inventions et de purs mensonges.

L'hypnotisé cataleptique entend: si on lui dit qu'il est dansun jardin, il fait le geste de cueillir des fleurs; on peut lui donner le vertige enluidisantqu'ilestau sommet d'une tour.

Quelques uns parlent spontanément suivant leur hallucination,mais ne répondent pas aux questions qu'on leur pose.

D'autres répondent aux interrogations. D'autres enfin, comme un écho, répètent le mot qu'on leur dit, en quelque langue que ce soit, pourvu qu'il soit bien articulé, mais ils n'ont pas l'air d'en comprendre le sens. Quelques-uns sont dédoublés et répondent en écho lorsqu'on leur parle près d'une oreille, tandis que par l'autre ils comprennent le sens de ce qu'on leur dit et font une réponse correcte.

Lorsqu'ils se réveillent ils n'éprouvent en général ni fatigue, ni malaise.

Dans le somnambulisme naturel il y a absence complète de la conscience et conservation, à des degrés divers, des facultés intellectuelles et sensitivo-motrices, ce qui donne à cette variété de sommeil un aspect très varié.

Tantôt la conscience disparaît seule et conduit aux phénomènes du dédoublement de la personnalité.

Tantôt les facultés coordinatrices s'évanouissent pendant que les facultés Imaginatives demeurent éveillées. Alors le somnambule vit et agit comme en un rôve.

Tantôt toutes les facultés intellectuelles ont disparu laissant intacts la sensibilité et le mouvement. Le somnambule

n'est plus qu'un automato vivant (1). Il est incapable d'avoir par lui-même une idée et de créer uneimage. 11 est le jouet de la volonté d'autrui, des impressions extérieures et des réflexions que celles-ci déterminent. Dans ce dernier cas, le somnambule obéit mécaniquement aux impulsions qu'il reçoit du dehors... Le somnambulisme spontané survient en général pendant le sommeil naturel. Au milieu de la nuit, le malade se lève, s'habille et se promène inconsciemment. Il y en a qui travaillent. Puis ils se recouchent et se réveillent quelques heures plus tard sans aucun souvenir de ce qu'ils ont fait pendant leur promenade nocturne et tout surpris de trouver plus avancé le travail qu'ils ont quitté la veille.

Le somnambulisme est quelquefois un accident unique succédant à quelque émotion vive, à quelque préoccupation grave. Lorsqu'il se répète fréquemment et pendant longtemps, on peut le considérer comme un état pathologique. Il relève alors d'un état spécial du système nerveux, d'une prédisposition qui, pour être simple ou quelquefois latente, n'en existe pas moins. La plupart de ces somnambules comptent parmi leurs ancêtres des individus atteints d'une altération quelconque des facultés cérébrales (névroses, névropathies, dégénérescence).

Chez beaucoup dq névropathes, le somnambulisme ne devient manifeste qu'au milieii d'autres maladies déliniés telles que l'hystérie, l'épilepsie, les compressions cérébrales, les impressions psychiques vives, ou l'ingestion de substances toxiques (haschisch, opium).

Dans l'état somnambulique, l'hypnotisé paraît éveillé ; quelques-uns cependant gardent les yeux fermés, mais ils agissent et se meuvent comme s'ils les avaient ouverts.

On observe aussi chez eux une hyperexcitabilité neuro-

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