Zend-Avesta
vaient les livres sacrés, ses écoles sacerdotales où s'enseignaient les formules magiques, la divination, les incantations. Our fut le centre de cette civilisation. C'est le Chaldéen qui, transport tant partout avec lui son esprit et ses connaissances, répandit sur ses pas la magie à travers les migrations des peuples à Babylone, en Egypte, en Grèce et de là dans toute l'Europe.
Pour ce qui a trait aux états naturels de sommeil les renseignements manquent à peu près complètement. Peut-être eut-on l'occasion de voir des sujets endormis dans les attaques de possession. Il est probable cependant que chez ces peuples peu contemplatifs par nature, la véritable extase et les phénomènes du sommeil spontané demeurèrent inconnus.
in
Egypte. — Hébreux. — Juifs
Il y a à peine trente ans qu'on possède des documents positifs capables, de renseigner sur ce que fut la magie égyptienne.. Mais, s'ils se sont fait longtemps attendre, ils sont assez complets pour nous permettre de reconstituer à peu près exactement les maladies et les pratiques médicales en honneur dès les premières époques connues de la civilisation de l'Egypte.
L'un des plus importants est un long papyrus découvert par M . Ebers sous les ruines de Thèbes, papyrus qui paraît dater du règne de Konsou. Un second, qui remonte à la xix" dynastie est considéré comme la copie d'un livre soi-disant trouvé sous le règne de Housapaiti (Hesep-ti) et complété sous celui du roi Send ou Sondou de la ii^ dynastie. L'origine ancienne de ce livre et des recettes qu'il renfermait était cause qu'on le tenait en grand honneur et qu'il était pieusement conservé et intégralement recopié dans les bibliothèques. Son origine véritable nous échappe parce que les médecins égyptiens se. plaisaient à
envelopper de mystère l'apparition do leurs livres, qu'ils s'eflôrçaient de faire passer pour issus de la main même de la divinité.
« Cet écrit médical, est-il dit au papyrus de Londres, fut rencontré une nuit dans une grande salle du toniple do Debmout i)iu' un prêtre de ce temple. Toute la terre était plongée dans les ténèbres ; mais la lune se leva soudain et enveloppa le livre de ses rayons. On l'apporta comme une merveille au roi Khéops.
Les médecins égyptiens semblent ne pas avoir inventé toutes les recettes qui figuraient dans leurs livres. Le papyrus Ebers renferme une formule applicable aux maladies des yeux qui est citée comme œuvre d'un asiatique de Biblos. 11 fallait bien d'ailleurs qu'il y eût de ces emprunts carie respect que les Egyptiens avaient pour les cadavres empêchait toute recherche par' voie de dissection. Quant aux recherches empiriques le médecin ne les entreprenait ([u'à ses risques et périls. H devait traiter les malades d'après les règles posées dans les livres sacrés. S'il s'écartait de ces prescriptions et que le malade mourût, le médecin était considéré comme homicide volontaire et puni comme assassin .
Sous le rapport de la doctrine, la croyance qu'avaient les Egyptiens à une seconde existence en tout semblable à la première, avec reviviscence complète du corps devait naturellement les éloigner de chercher les causes des maladies dans une lésion des organes ou des tissus. Le malade était pour eux un homme subissant une mauvaise influence, qu'il fallait détruire par des procédés empiriques.
Les maladies dont il est question dans les papyrus ne sont pas toujours faciles à reconnaître. Ce sont, autant qu'on en peut juger des ulcères aux jambes, une sorte d'érysipèle (le ver) des maux d'yeux, des maux de ventre et enfin le mal sacré : l'épilepsie.
La médication, très variée, comprenait à la fois des remèdes très simples et des recettes étranges, voire puériles. A côté du miel, de l'encens, du sel souvent employés, on trouve prescrite en boisson la poudre de cervelle desséchée, on recom-.
mande aussi pour guérir les contusions l'application d'un liniment composé d'un vieux livre bouilli dans l'huile. Nombre de substances empruntées au règne minéral ou végétal faisaient partie de la pharmacopée ; nous ne citerons ici que la pierre memphite {aner sopdou) à laquelle on attribuait des propriétés anesthésiantes.
Quand ces moyens ne suffisaient pas le médecin avait une autre ressource, que nous trouvons consignée sur le papyrus Ebers : « Pose la main sur lui pour calmer la douleur des bras et dis que la douleur s'en aille... etc. » la suite est une formule de conjuration.
Dès les premières dynasties l'emploi de la magie était donc en honneur.
L'intromission en Egypte des nègres d'une part et des asiatiques à la fin de l'ancien empire, contribua très probablement à affermir la vogue des pratiques magiques et à en développer l'usage. Les médecins d'alors, très amis du merveilleux, accueillaient avec plaisir ce moyen si simple et si sûr de frapper vivement les esprits. Dès lors l'invocation magique passa pour anéantir les causes mystérieuses du mal, la mauvaise influence, dont le traitement combattait les manifestations visibles. En 3064 avant Jésus-Christ une bonne ordonnance se composait toujours de deux parties : une preso-iption médicale, une formule magique. Le papyrus Ebers est plein de ces sortes de conjurations. En voici une, entre autres, destinée à corroborer l'effet d'un vomitif.
« 0 Démon qui loge dans le ventre de *" fils de *** ô toi dont le Père est nommé Celui qui abbat les têtes, dont le nom est Mort, dont le nom est Mâle de la Mort, dont le nom est maudit pour l'élernité. »
La magie était en grand honneur chez les Egyptiens. Les livres de magie tenaient dans les bibliothèques une place honorable et les formules de conjuration occupent dans les papyrus qui sont parvenus jusqu'à nous, de longs chapitres. Les Egyptiens regardaient la magie comme une science et le magicien comme un savant digne de l'estime de tous. Des princes, des
pharaons cultivèrent la magie, sur laquelle ils comptaient peutêtre pour se concilier le bon vouloir de leurs peuples.
Les talismans furent aussi répandus en Egypte qu'on Ch aidée et on Asie. Ils étaient faits avec toutes sortes d'objets, pièces d'étofl'es, pierreries, statuettes que couvraient des inscriptions ou dos dessins, emblèmes de leur puissance.
On couvrait les morts de ces talismans destinés à les protéger pendant leurs pérégrinations dans la « divine région inférieure ». Le livre funéraire fait souvent allusion aux enchantements et au incantations qui devaient procurer de grands, avantages au défunt.
Il ne faudrait pas croire cependant que la magie des Egyptiens était identiqueà celle dos Asiatiques, Bien qu'elle ait avec celle-ci plus d'une analogie, due sans doute aux contacts fréquents des deux peuples, elle on diffère par un point assez essentiel. En effet, on voit dans toutes les incantations égyptiennes, celui qui les prononce s'assimiler à un Dieu on vertu de la puissance des paroles de l'enchantement. Cest en cette qualité de Dieu que l'homme se trouve mis à l'abri du danger.
Salut à vous les deux Hekiou,
Les deux Sœurs, les deux yeux Uréus
Je vous dirige par un pouvoir magique,
Je rayonne dans la barque Sekti,
Je suis Hor fils d'Isis,
Je viens voir mon Père Osiris (1),
Ce fait est très nettement établi par les formules du papyrus Harris, manuscrit de la xix° dynastie qui semble être un fragment d'un fameux recueil de magie dont on attribuait la composition au dieu Ta-IIout (Thut),
Pendant l'ancien et le moyen empire (oOOi-1703 av. J.-C.) la pratique de la médecine et de la magie paraît n'avoir été l'apanage exclusif d'aucune caste. Sous le moyen empire les prêtres s'efforcèrent de l'accaparer pour eux seuls. Au dire de Diodore de Sicile ils avaient composé une sorte de code médical dont il leur était défendu de s écarter. Bientôt ils formèrent un
1, Livre des Morts.
corps très puissant, divisé en différentes classes. S'il faut en croire Hérodote chaque prêtre médecin devait se borner à soigner un genre particulier de maladies. Afin de conserver pour eux leur monopole, les prêtres ne transmettaient leurs connaissances qu'à ceux de leurs descendants appelés à leur succéder. Ils laissaient beaucoup agir la nature et entreprenaient rarement le traitement d'une maladie aiguë avant la fin du quatrième jour (1). Il ne leur était pas interdit de voyager. Les médecins égyptiens étaient célèbres au temps d'Homère. « En Egypte, dit-il, les médecins sont les plus célèbres d'entre les hommes » Les prêtres médecins n'eurent pas moins de réputation. Hérodote rapporte qu'il y en avait à la cour de Darius. Il en cite également auprès de Cy us.
II y eut bientôt des temples célèbres pour les guérisons qu'on y obtenait. Les principaux furent ceux d'Isis, d'Osiris et de Sérapis. Aux pratiques de l'ancienne médecine et de la magie ces médecins prêtres, plus prêtres que médecins, adjoignirent ou substituèrent celle des songes. Quelques passages deStrabon, de Diodore de Sicile, d'Artemidore semblent indiquer que déjà dans les temples d'Isis et d'Osiris les malades venaient passer la nuit pour y recevoir des songes. Cette coutume prit toute son extension dans le temple de Sérapis dont le culte, plus moderne, ne parvint à son apogée que sous les Ptolémées. Selon Tacite, c'est Ptolémée Soter qui lit venir de Synope la première statue de Sérapis parue en Egypte. C'est lui encore qui fit bâtir un temple à ce dieu à Rhacotès, près d'Alexandrie. Bientôt Sérapis fut érigé en dieu médecin par excellence. Le plus célèbre des temples de Sérapis fut celui de Ganope. Strabon rapporte qu'il avait la confiance des gens delà plus haute distinction et que ceux-ci y venaient dormir pour y obtenir des songes.
II est probable que l'usage d'aller dormir dans les temples des dieux a existé en Egypte avant de s'établir en Grèce. Cependant il est impossible de l'affirmer. Diodore de Sicile cite bien cette pratique dans le livre où il raconte les événements