‹ Hypnotisme et croyances anciennesChapitre 15 sur 38 · HEBREUX · texte numérisé non relu

HEBREUX

La médecine proprement dite semble avoir été de peu d'usage dans les premiers temps de l'existence politique des Hébreux. Ils considéraient alors les maladies comme l'effet d'une punition divine qu'il fallait supporter tout entière sans essayer de l'entraver ou de l'adoucir. Ainsi nous voyons Job résigné, s'abandonner à son mal. Un peu plus tard les Hébreux prirent probablement au contact des Egyptiens quelques principes thérapeutiques, et l'art de guérir eut certainement chez eux des adeptes car le Deutéronome porte ce statut : L'homme qui aura blessé son prochain d'un coup de pierre ou de poing le dédonimagera du temps perdu et le fera guérir. Plusieurs contemporains de Salomon furent renommés pour leur zèle à rechercher les vertus des plantes. Enfin les chroniquesrappellentl'insuccès lies médecins et leurs vains efforts contre la maladie du roi Asa. Mais pendant un certain temps, au moins d'après les Thalmudistes, les médecins furent peu considérés, car l'exer-

cice de leur profession rendait inapte à gouverner l'État. Il est même très probable que la médecine fut dans le principe pratiqué par des esclaves, qui trouvaient là un moyen d'améliorer leur sort. Mais il n'en fut pas toujours ainsi, et le médecin finit par devenir un personnage. — « lïonorezle médecin, dit l'Ecclésiaste, à cause du besoin qu'on en a. Dieu l'a créé, Dieu s'en sert pour guérir. Dieu forma les plantes salutaires et nous fit connaître leur utilité. Tous les remèdes viennent de Dieu; l'homme sage ne peut avoir d'éloignement pour eux. Le médecin instruit sera élevé ; il recevra des éloges et des présents à la cour des rois » (1).

Les sentences de Jésus, fils de Sirach, écrites deux ou trois siècles avant Jésus-Christ prouvent que les Juifs de cette époque^ accordaient aux médecins une certaine estime.* Honore le médecin, la science le fait marcher la tète haute et lui mérite l'admiration des princes. Quand tu te sentiras malade invoque Dieu et fais venir le médecin ; car l'homme prudent ne dédaigne pas l'effet des médicaments de la terre ».

Malheureusement nous n'avons pu trouver sur les pratiques de ces médecins aucun éclaircissement. On trouve dans la Bible quelques bonnes notions d'histoire naturelle et quelques saines appréciations du moral sur le physique. « Le cœur pacifique fait vivre le corps », dit le livre des Proverbes. Mais rien ne nous indique comment les médecins procédaient et s'ils avaient, comme leurs confrères d'Egypte, recours à la magie.

On pourrait croire d'après le xvii^ chapitre du Lévitique que les prêtres pratiquaient l'art de guérir. Mais il est probable qu'il n'en fut rien, car l'éclat et la considération dont jouissaient les Lévites eut retenti de bonne heure sur la médecine. Les mesures prescrites par le Lévitique n'ont point été ordonnées en vue de l'hygiène, mais sous prétexte de pureté religieuse.

Les prophètes en revanche furent souvent consultés, car on croyait que les inspirés de Jehovah peuvent seuls recevoir de lui le droit et la science de guérir. Naaman, lépreux, consulte

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