CHAPITRE I Phénomènes spirites d'Eusapla
L'objection que les faits spirites sont inexplicables par les lois de la physiologie n'était donc plus suffisante. Bien qu'encore hésitant, je consentis, en mars 1891, à une séance en plein jour, seul à seul avec Eusapia Paladino, et voyant de lourds objets se soulever sans contact, j'acceptai dès lors de m'occuper de ces phénomènes.
Eusapia Paladino, née à Murge en 1854, voit à l'âge de huit ans égorger son père par des bandits. Maltraitée par son aïeule, puis abandonnée à la rue, elle est recueillie par charité chez de riches bourgeois de Naples. Dès l'enfance, elle est sujette à de singuliers phénomènes, entend des coups sur les meubles où elle s'appuie, se sent déchirer la nuit ses vêtements et voit des fantômes.
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En 1863, Damiani, assistant à une séance spirite dans la famille qui a recueilli Eusapia, constate que la présence de celle-ci coïncide avec d'extraordinaires phénomènes de raps et de mouvements d'objets. Dès lors Damiani et Ghiaia s'occupent de son éducation de médium, et la pauvre enfant, trouvant là un gain qui la rend indépendante, fait du spiritisme sa seule occupation.
Le détail de toutes les expériences faites en Europe avec Eusapia Paladino demanderait un gros volume. Je me borne ici à mes dix-sept séances de Milan en 1892, en compagnie d'Aksakoff, Richet, Finzi, Ermacora, Brofferio, Gerosa, Schiaparelli, du Prel, résumées par Finzi, et où nous prîmes les précautions coutumières : visiter le médium, changer ses habits, lui lier ou tenir les mains et les pieds, avoir sur la table une lampe électrique pouvant être allumée ou éteinte instantanément. Je résume aussi d'autres séances importantes à Gênes, Milan et ces dernières années à l'Institut Général de Psychologie de Paris.