CONCLUSION
Ainsi donc tous les phénomènes observés dans l'obscurité complète ou presque complète, tels que chaises tirées fortement avec la personne ^assise.
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attouchements de mains, lumières, empreintes de doigts, etc., ont pu être obtenus par nous sans perdre de vue le médium. Nous avons pu avoir, en séance éclairée, la preuve évidente des faits constatés en séance obscure. Pour expliquer les phénomènes de celle-ci, il n'est pas nécessaire de supposer une fraude du médium ou une illusion de notre part. Preuve que les faits des séances obscures peuvent avoir les mêmes causes que les phénomènes constatés avec le médium bien en vue et assez éclairé pour être contrôlé sans cesse dans sa position et ses mouvements.
Nous pouvons aussi dire : i° que, dans les circonstances données, aucun des phénomènes obtenus à la lumière n'aurait pu être produit par un artifice ; 2' que l'on peut en dire autant pour la plupart des phénomènes de l'obscurité. Pour quelques-uns seulement on pourrait admettre à la rigueur un artifice du médium. Mais tout ce qui précède montre que cette hypothèse est improbable, et même inutile dans notre cas, puisque, même en l'admettant, l'ensemble des faits bien certains n'en serait en rien compromis.
Suivent les signatures.
Citons d'autres faits intéressants.
A Naples, en 1893, j'ai recommencé ces expériences en compagnie de mes éminents collègues
Bianchi, Tamburini, Vizioli, toujours avec Eusapia comme médium. Nous vîmes distinctement en pleine lumière un grand rideau, qui séparait la ehambre d'une alcôve située à plus d'un mètre du nédium, se porter tout à coup sur moi, m'envelopper et me serrer, si bien que je ne m'en débarrassai que difficilement.
Une assiette de farine est placée dans l'alcôve assez loin d'Eusapia. On allume la lumière, et l'on trouve l'assiette renversée couvrant la farine, restée sèche et cependant agglomérée comme de la gélatine. Fait inexplicable, et par les lois de la physique, et par une fraude du médium, resté les pieds liés et les mains tenues par les nôtres. Peu après, toujours à la lumière, nous voyons une grande armoire située dans l'alcôve à 2 mètres de nous, veni lourdement à la favon d'un gros pachyderme.
En une autre séance éclairée, nous voyons Eusapia, pieds et mains immobilisés, gonfler sa robe, laquelle s'allonge sous nos yeux, comme une sorte de troisième bras, et fait résonner une sonnette.
Le médium exécute souvent les expériences suggérées par les assistants. Un soir, sur notre demande, Eusapia restant immobile, une sonnette posée sur une chaise du cabinet tombe à terre et se meut lentement de notre côté pendant quelques minutes, comme poussée légèrement par une main. Une lampe électrique s'allume et s'éteint plusieurs fois
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de suite, sans qu'on entende le bruit de l'interrupteur.
Ces phénomènes sont parfois si rapides qu'ils laissent subsister des doutes sur leur vraie nature ; d'autres fois ils sont lents, pénibles, indiquant un effort et une concentration intenses.
A noter un certain synchronisme entre les phénomènes et les mouvements du médium. Par exemple, en même temps que la lampe électrique, s'al'.ume ou s'éteint, je perçois un léger mouvenent de l'index de la main d'Eusapia tenue dans la nienne. L'effort du médium se fait dans une direction opposée au phénomène.
Autres faits. Une lourde table de lOkil., chargée d'm métronome, s'approche de nous, puis s'éloigne. Le métronome commence son tic tac régulier, s'arrête au bout de quelques minutes et recommence à plusieurs reprises. Mettre en marche un métronome n'est pas difficile, mais demande quelque attention, et surtout est une opération que cet instrument n'a pas l'habitude de faire de lui-même. Parfois les objets arrivant sur la table médianimique sont accompagnés du rideau, comme s'ils étaient portés par des personnes cachées derrière.
A une autre séance, un dynamomètre, presque en contact avec le rideau venu jusqu'à la table, se met en mouvement tout seul, disparaît dans le cabinet, puis de ce dernier sort, au-dessus de la tête du médium, une main tenant le dynamomètre
et ayant l'air de nous le montrer. Elle se retire et au bout d'un instant le dynanomètre reparait sur la table, marquant la pression de 100 kil., que seul un homme très fort pourrait donner.
Il est certain que la pensée des assistants exerce tine certaine influence sur les phénomènes. Si nous parlons de soulèvement de la table, elle se lève: si nous y frappons des coups rythmiques, ils sont exactement répétés, parfois au même point. Si nous parlons de phénomènes lumineux, obtenus avec Eusapia et non encore constatés par nots, aussitôt une lumière apparaît sur les genoux (de celle-ci, s'éclipse, puis se montre sur sa tête, dtscend le long de son côté gauche, se fait plus vive et enfin disparaît à la hauteur de sa hanche.
Morselli, un soir, distingue à travers le rideau un( silhouette humaine, dont il sent le corps s'appuyer sur le sien, et dont nous voyons les bras. Bozzano entre tout d'un coup la tête dans l'ouverture du rideau, pour regarder dans le cabinet, et n'y trouve personne. Le rideau est gonflé et cependant vide Ce qui d'un côté paraît le relief d'un corps se mou vant couvert du rideau, de l'autre côté n'est qu'une cavité dans l'étoffe, un moulage. On dirait l'homme invisible de Wells.
Un carillon arrive sur la table, comme tombé d'en haut. Il est parfaitement isolé et, pendant que nous le regardons curieusement, il joue quelques secondes. Cet instrument bien simple exige pour-
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tant le concours de deux mains, l'une pour le tenir, l'autre pour tourner la manivelle. A peine a-t-il fini son glin-glin que nous entendons une mandoline glisser par terre. Bozzano la voit sortir du cabinet, s'arrêter derrière le professeur Morselli et donner quelques notes; puis elle se soulève, se pose sur la table, en fait le tour et finit par s'arrêter dans les bras de R., comme un nourrisson.
A noter, dans le mouvement de la mandoline et des autres objets, une espèce d'orientation. Leur mouvement est de translation plutôt que de révolution. Ils s'avancent, se retournent, vont à droite et à gauche, en gardant la même position, comme s'ils étaient tenus par une main. La mandoline a toujours le manche tourné vers le médium. Les chaises, lorsqu'elles font leurs étranges promenades et grimpent sur les tables, ont l'air d'être tenues par leur dossier.