‹ Hypnotisme et spiritismeChapitre 44 sur 66 · MORTS ANCIENS · texte numérisé non relu

MORTS ANCIENS

Il existe des communications de personnes mortes depuis des siècles.

Un descendant de Sébastien Bach en a obtenu une d'un musicien italien, Baldassarini, qui vivait à la cour de Henri III de France, et cette communication, que l'on peut lire dans le livre de Delanne, est authentifiée grâce à un feuillet trouvé dans une épinette de 1664.

« Il m'est apparu, dit Stainton Moses, un esprit se disant le docteur Dee, lecteur à l'université de Paris à l'époque de la reine Elisabeth, qui le visita à Mortlake où il mourut, détails confirmés par documents du British Muséum.

J'ai eu moi-même une communication d'un certain Zaccharias Gray, se disant ecclésiastique à Cambridge en 1728 et auteur du livre The immortal Holybrass. Cette communication, d'une écriture très particulière, est conforme à celle des manuscrits de l'auteur, conservés au British Muséum.

Les meilleures preuves d'identité d'esprits sont

données par la cinquantaine de messages compté-

HYPNOTISME ET SriRITISME

mentaires (cross correspondence des Anglais), obtenus grâce à l'esprit-guide de Myers, esprit très savant et qui s'est communiqué presque simultanément à quatre médiums, Mme Holland aux Indes, Mmes Farbes et Verrai en Angleterre, et Mm* Piper en Amérique, leur dictant des messages presque identiques pour le fond.

Beaucoup de ces faits peuvent être mis en doute, si on les considère isolément. Mais leur nombre et leur concordance créent une certitude presque complète. Cette certitude vient de la révélation de particularités de la vie des individus et de petits faits ignorés, qu'on avait intérêt à ne pas faire connaître ; elle vient aussi de l'identité d'écritures dont le médium ignorait la forme, surtout quand elles dataient de plusieurs siècles, et de la coïncidence du fond de communications multiples faites simultanément en des pays éloignés et à des médiums différents.

Une autre preuve est, dans certaines communications, le caractère fragmentaire et contradictoire du dialogue, lequel exprime le mélange et le croisement confus de plusieurs personnalités ainsi que !e niveau intellectuel du médium. C'est le cas lorsque l'esprit Stattford. interrogé sur un sujet d'anatomie, demande l'aide de l'esprit Willis, prétextant qu'il ignore l'anatomie ; de même lorsque Mistress Cartwright corrige une communication de la jeune Nelly, disant : je crois que l'enfant s'est trompée,

il ne faut pas la laisser bavarder ainsi; lorsqu'elle le fait adressez-vous à moi ».

Le médium Mme Corwin cesse soudain de parler, pendant une trance, et continue la communication avec des mouvements Darticuliers des mains, où l'on reconnaît le langage usuel des sourds-muets, ignoré pourtant du médium.

Ces gestes, ces dialogues fragmentaires, mais caractéristiques et se corrigeant les uns les autres, sont, comme le remarque Bozzano, dans sa belle Identification des phénomènes spirites, d'une évidence ingénue qui exclut toute fraude et complète les signes d'identité,

Page 1