‹ Hypnotisme et spiritismeChapitre 54 sur 66 · DOUBLE CHEZ LE GÉNIE · texte numérisé non relu

DOUBLE CHEZ LE GÉNIE

On sait la vision que Gœthe a eue de son propre double, après la vive et douloureuse émotion de son dernier adieu à sa Frédérique.

Guy de Maupassant, au début de la paralysie générale qui devait l'enlever, vit avec terreur un double de lui-même assis à sa table, et il s'est inspiré de cette hallucination dans le Horla.

George Sand dit avoir eu plusieurs fois l'hallucination visuelle et auditive de son double.

La manifestation du double coïncide donc avec divers états psychiques anormaux.

Le double explique, sans qu'on ait besoin de recourir aux esprits, nombre de phénomènes spirites, pourvu qu'on admette que tout ou partie du

corps du médium puisse agir à distance. C'est au double qu'appartiennent les membres fluidiques, plus ou moins formés, que l'on voit sortir du médium, et qui ont fait si souvent croire à des fraudes de sa part.

Le double explique, chez le médium, la faculté de vision dans l'obscurité ; chez le somnambule, les transferts de sensations, qui le font voir par l'oreille, sentir des odeurs par le genou, etc. Il peut également expliquer, chez somnambules et médiums, la faculté de voir à distance ou à travers les corps opaques, celle de distinguer au simple toucher des métaux, semblables en apparence, et aussi le pouvoir de allocation à grande distance constaté dans le sommeil, l'agonie, et l'extase.

Le double permet encore de comprendre l'existence de corps fluidiques ayant, au moins pour quelque temps, tous les pouvoirs du corps vivant. Il peut être aussi considéré comme le trait d'union entre le médium et l'esprit des morts. Mais, tandis que ce dernier paraît immortel, il semble que le double ne dure guère après l'agonie. Son action concorde avec celle du vivant, tandis que l'action des défunts est d'ordinaire autonome et souvent en opposition avec celle du médium. L'esprit apparaît sous forme de fantôme distinct du médium, manifeste des énergies ayant les caractères individuels des défunts et dont le médium est incapable par lui-même.

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