‹ Hypnotisme et spiritismeChapitre 56 sur 66 · CHAPITRE XII Maisons hantées · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII Maisons hantées

Les phénomènes des maisons hantées apportent une contribution importante à la solution du problème de l'activité postmortelle des défunts. Ils seraient tout à fait analogues aux phénomènes médianimiques ordinaires, s'ils n'étaient plus spontanés que ceux-ci, souvent sans cause apparente, et presque toujours localisés dans une maison, une pièce, un groupe de personnes. Les plus fréquents sont des raps très forts, des frottements, des pas, des transports d'objets, même en des pièces fermées à clé, et plus rarement des apparitions.

Autres caractéristiques notées par Joire : absurdité apparente et manque de but dans les phénomènes moteurs, comme bruits de sonnettes, extinction de lumières, transports d'ustensiles, de chaussures, de coiffures, etc., dans les endroits les plus inattendus, habits chiffonnés ou cousus ensemble, etc. A noter également : la grande violence des bruits; la projection brutale d'objets sans égards aux personnes et aux choses, contrai-

renient à ce qui se passe dans les séances spirites; parfois une intention malfaisante : matelas brûlés, vêtements déchirés, etc.

La croyance aux maisons hantées est %i ancienne que dans toutes les langues on trouve des mots pour les désigner : spuken en allemand, haunted en anglais, spiritate ou infestate en italien, hantées en français, sans compter les nombreux termes locaux. Leur réalité est aussi confirmée par nombre d'arrêts de justice.

Dans les derniers jours de décembre 1867, à Florence, via Ghibellina n° 14, commencèrent d'étranges phénomène^: grondements souterrains, coups soudains à la table de famille pendant les repas, craquements d'objets dans les armoires, pluies de pierres, étreintes de mains invisibles aux bras des habitants, dont quelques-uns voyaient des fantômes coiffés d'amples chapeaux, comme en portent les frères de la Miséricorde. Le locataire cita le propriétaire en justice pour être indemnisé des dégâts, et le Tribunal accueillit la demande, après preuve des faits.

Dans une maison du cours Saint-Charles n° 7 à Naples, louée par la duchesse de Castelpoto et sa famille, on eut à constater d'étranges manifestations périodiques, à marche ascendante, puis descendante. Ce furent d'abord des bruits bizarres et des coups, augmentant d'intensité avec la nuit; puis des déplacements de meubles et autres objets, assez

230 BTPNOTISME ET SPIRITISME

bruyants pour effrayer les voisins. On entendit un jour des pas et l'on vit un fantôme lancer une clé, du seuil d'une pièce. Les locataires, ayant une nuit quitté la maison, trouvèrent en rentrant les portes obstruées au dedans par les meubles entassés. Tout ceci leur fit obtenir la résiliation de leur bail.

Déjà chez les anciens, les lois prévoyaient des ruptures de contrats de location pour cas semblables. C'est ce qui a lieu encore aujourd'hui en Espagne.

On lit chez Dalloz : « On discute si l'apparition de spectres dans une maison habitée entraîne la responsabilité du propriétaire. La plupart des auteurs se sont prononcés pour l'affirmative, ce qui fait que la personne qui a loué a le droit de demander la résiliation de son bail. »

Page 1