‹ Hypnotisme expérimentalChapitre 15 sur 30 · GO · texte numérisé non relu

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bicéphale double qui avait vécu quelques jours, terminer son rapport par ces mots :

« S’il y a des motifs pour que les deux moitiés symétriques de l’homme ne fassent qu’un tout indivis, un seul système vivant, les mêmes motifs prescrivent de ne voir qu'un seul être dans les deux parties réunies de la fille monstrueuse des Pyrénées, qu’une seule unité vivante. »

Rien n’est plus plaisant que le sérieux avec lequel M. Duran discute sur la nature simple ou double du principe de la vie départie à la fille, ou bien aux deux filles réunies dont il avait examiné la conformation anormale.

M. Duran trembl'ait d’effroi à la pensée qu’il put y voir deux âmes, dans ce qu’il nomme pompeusement une seule unité vivante.

Personne aujourd’hui ne songerait à faire un individu unique d’un monstre bicéphale dont on rencontre de temps en temps des exemples vivants. La première idée serait que, puisqu’il y a deux têtes, il y a deux intelligences, deux individus.

M. Castel qui fit à l’Académie de médecine une description complète de phénomènes observés chez Ritta-Christina, concluait que ce monstre ôtait composé de deux enfants, que leur existence était double. « Il y a deux intelligences, disaitil; il y a deux volontés; les impressions ne sont point identiques, mais au contraire les actes de la vie de relation sont distincts dans l’un et dans l’autre. »

Depuis lors, il a été admis que les monstres doubles (bicéphales) étaient formés par la réunion de deux individus différents.

Arrêt de développement du corps calleux et des autres parties de l’encéphale. — Dans le premier chapitre de ce travail, nous avons signalé de nombreux cas dans lesquels

(1) G. St-Hilaire. Rapport fait à l’Acad. des sciences sur un monstre bicéphale (Xiphodime), sur un mémoire fait par le Dr Duran, de Saint-Girons. Ann. des sc. nat., 1831.

(2) Castel. Deux mémoires sur l’explication physiologique des phéomènes constatés chez Ritta-Christina.

l’absence de corps calleux avait été constatée à l’autopsie de certaines personnes qui, pendant leur vie n’avaient présenté aucun signe pouvant faire supposer l'existence de cette anomalie.

L’embryogénie peut nous donner quelques explications sur le mode de formation de cet arrêt de développement.

Au deuxième mois, et même au commencement du troisième, ■ on trouve les deux hémisphères réunis en avant par une petite commissure étroite, tandis qu’ils sont tout à fait séparés en arrière.

Aux quatrième et cinquième mois, le corps calleux est encore rudimentaire. Il est donc admissible de croire, comme le faisait M. le professeur Malinverdi, que cette absence du corps calleux est bien le résultat d’un arrêt de développement de l’organe.

D’ailleurs ces arrêts de développement sont assez fréquents dans les autres régions de l’encéphale. On peut espérer qu’il sera possible d’arriver à en déterminer le siège, par le simple examen des troubles qui se manifestent après la naissance.

C’est ainsi que M. Auguste Voisin (1), dans une récente communication à l’Académie de médecine, se fondant sur cinq observations avec autopsie, a déclaré que le retard dans la marche, dans la précision et l’habileté des membres chez les enfants, est dû à l’atrophie plus ou moins complète de l’écorce du cerveau, au niveau de la partie supéro-interne des circonvolutions frontale et pariétale ascendante, dans le voisinage du lobe paracentral. Les malades observés par M. Voisin, avaient présenté quelques autres troubles, tels que le retard dans la parole, la gêne et la gaucherie dans les mouvements des membres supérieures, l’impossibilité ou la difficulté d’apprendre à écrire, l’asymétrie des oreilles, etc.

De nombreuses observations faites peu de temps après la naissance, dans cet ordre d’idées, surtout si elles portaient, sur

(1) Aug. Voisin. L’atrophie de la région de Rolando dans ses rapports avec le retard de la marche chez les enfants. (Acad, de méd., séance du 17 juin 1884.)

l’examen comparatif des troubles constatés dans les deux côtés du corps et des lésions constatées dans les deux hémisphères, fourniraient d’utiles renseignements à l’étude des arrêts de développement.

Conclusions. — Les faits consignés dans ce chapitre, quoique peu nombreux, sont suffisants pour prouver que le développement de chacun des deux hémisphères s’opère d’une façon indépendante de celui de son congénère, ce qui est en rapport avec tout ce que l’anatomie et la physiologie nous avaient révélé.

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