II PRÉFACE
comme au point extrême des civilisations avancées, nous trouvons l'irréligion : en bas, due à l'état rudimentaire de l'intelligence; en haut, produite par deux causes opposées : tantôt par une sorte de régression, de dégénérescence amenée par les vices de la société, tantôt par le développement extrême de la raison, qui ne veut plus demander la vérité qu'à elle-même. Orgueil et folie, disent les théosophes; évolution naturelle, disons-nous, et nous nous efforcerons de le prouver.
En effet, comme l'établit judicieusement l'auteur de ce livre, les religions ont eu pour premier mobile la recherche de la vérité, le désir de tout savoir et de tout comprendre joint à l'impuissance d'y parvenir. Ne pouvant expliquer par la seule raison les phénomènes de la nature, l'homme s'est adressé à Tordre surnaturel, découvert pour les besoins de la cause. Cet appétit du merveilleux, ce besoin d'une religion, général dans l'humanité, n'est donc pas nécessairement, comme on l'a prétendu, une preuve de l'existence du surnaturel; il ne prouve que le besoin de vérité dont est travaillée l'espèce humaine.
Obéissant à ce même sentiment, l'homme en