DOULEURS INTERCOSTALES
18. — S'est levé hier de six heures et demie à une heure. A pu marcher et descendre dans la cour. La nuit a été un peu agitée par des cauchemars. 11 n'y a plus de douleur à la pression des espaces intercostaux.
20. — N'a eu que de légères douleurs hier dans la journée. A marché environ six heures. A bien dormi jusqu'à 3 heures du matin. Les douleurs ont reparu à cette heure ; elles ont disparu actuellement.
21. — A bien dormi, n'a pas eu de douleur. Pas de suggestion hier.
22. — Va beaucoup mieux ; il marche une partie de la journée, mais est obligé de s'asseoir parfois, à cause d'une sensation douloureuse. — Suggestion : sommeil profond.
24. — Continue à bien aller. Marche la moitié de la journée. Dort bien la nuit. — Suggestion.
26. — A eu sa douleur intercostale hier soir à 4 heures, jusqu'au milieu de la nuit. Va bien ce matin.
27. — A eu peu de douleur hier. A bien dormi cette nuit ; a senti cependant une douleur dans le bras gauche, qui a cédé à une friction.
28. —Va bien; plus de douleurs intercostales. Sortie 29 novembre.
Observation LVL — Douleurs lancinantes avec impotence fonctionnelle des membres inférieurs depuis trois semaines. — Rétablissement immédiat de la marche par suggestion à l'état de veille. — Guérison complète par suggestion hypnotique en trois jours.
Fritz J..., âgé de douze ans, entre à l'hôpital le 19 janvier 1890 pour des douleurs avec impotence fonctionnelle des membres inférieurs.
L'affection a commencé il y a trois semaines. Voulant se lever le matin pour aller à l'école, l'enfant n'a pu marcher, ni se tenir debout. Depuis ce jour, il accuse des douleurs lancinantes à la face antérieure des jambes jusqu'aux malléoles, douleurs revenant deux ou trois fois dans la journée, durant peu de temps.
L'enfant saigne du nez depuis deux semaines et demie, abondamment, tous les trois jours environ. Il ne tousse pas, a peu d'appétit. 11 demeure avec son père, sa mère et trois enfants, dans la même chambre où on fait la cuisine sur un poêle en fonte; de plus, mauvaise nourriture.
L'enfant est de complexion délicate, lymphatique, pàle ; souffle
HYPNOTISME, SUGGESTIO.N, l'SYCUOTlIKUAPlE
anémique dans les carotides. Au dynamomètre la main droite donne 11°; la main gauche 13°. La sensibilité est ^normale. Les réflexes tendineux des pieds sont légèrement exagérés.
L'enfant dit ne pas pouvoir se lever. Je le fais mettre debout; il se tient seul, la jambe droite un peu fléchie et portée en avant, le tronc un peu renversé en arrière. Je lui dis avec assurance qu'il peut marcher ; il commence à avancer lentement en fléchissant les articulations, le corps appuyé sur la jambe gauche, boitant de la jambe droite. On arrive par entraînement en peu de minutes à l'étal de veille à supprimer la claudication et même à faire courir le petit malade. — Je fais alors la suggestion hypnotique : sommeil profond.
20 janvier. — L'amélioration s'est soutenue; l'enfant va beaucoup mieux, la marche est plus assurée. Au dynamomètre, la main droite donne 15°, la main gauche 16°.
21 . — Le petit malade marche beaucoup mieux. Sa mère qui est venue le voir, a été stupéfaite de le trouver debout et marchant.
La guérison se maintient. Le24janvier, l'enfant se plaint d'avoir mal aux yeux; je lui enlève la douleur par suggestion. Il n'a plus eu d'épistaxis.
Il reste encore à l'hôpital, où on l'alimente et le tonifie par le fer et la gentiane jusqu'au 28 janvier ; il est levé et marche très bien, n'accuse plus aucune douleur et rentre guéri.
S'agit-il de douleurs nerveuses chez un enfant lymphatique anémié ? S'agit-il de paralysie musculaire liée à une intoxication par l'oxyde de carbone ? La suggestion à l'état de veille et hypnotique a rapidement enlevé la douleur, restauré la fonction et accru la force musculaire.
Observation LVII. — Douleurs lancinantes à la face et au membre supérieur du côté gauche. — Sensations de vertiges et de défaillance. — Amélioration par la suggestion.
M..., âgée de quarante ans, débarrasseuse, entre à l'hôpital le 14 mai 1890 pour des douleurs nerveuses dans le côté gauche de la face et le bras. Mariée, mère de six enfants, elle est sujette depuis sa dernière couche, qui date de six ans, aux étourdissements. C'était, dit-elle, une douleur à l'épigastre qui monte vers la tête, dans le cerveau et donne lieu à du tremblement avec sentiment de