IIYPEUESTIIKSIE GREFFÉE SUR ARTHRITE
Observation LXVI. — Arthrite rhumatismale blennorrhaqique localisée au poifj7ïct avec hypereslhésie concomitant-', de tout Vavant-bras. — Suppression de cette hyperesthésie par la suggestion. Persistance de l'arthrite.
Marie P..., âgée de vingt-cinq ans, entre à l'hôpital le 18 avril 1890, pour un rhumatisme articulaire. Mère d'un enfant qu'elle a nourri pendant un an jusqu'à son entrée à l'hôpital.
Elle présente depuis deux jours de la rougeur avec gonflement de la main droite; une plaqiie douloureuse rouge grande comme une pièce de cinq centimes au mollet droit disparaît spontanément au bout de deux jours. La partie postérieure du coude était sensible. Deux grammes d'anlipyrine sont restés sans effet. La douleur de la main avec la rougeur persistait.
Le 24 avril on note : constitution moyenne, tempérament lymphatico-nerveux. Apyrexie. Gonflement notable avec coloration rosée du dos de la main droite. Sensibilité douloureuse vers l'articulation métacarpo-rdaalangienne de l'index, du médius et du poignet. Hypereslhésie très douloureuse à la pression de tout l'avantbras jusqu'au coude, le moindre attouchement fait pousser des cris à la malade. Céphalalgie frontale gravative intense ce matin. Les fonctions organiques sont normales.
La suggestion (sommeil profond) enlève la céphalalgie et l'hyperesthésie de l'avant-bras et de la main. Le gonflement persiste. Le 27, on ne constate plus que la sensibilité au poignet et à la main, qui a reparu la nuit. — Suggestion tous les jours.
Le 28 avril, on constate toujours la douleur locahsée dans la main et le poignet; les articulations métacarpo-phalangiennes sont aussi douloureuses à la pression. Le malade a peu dormi ces deux nuits. Mais l'hyperesthésie concomitante de l'avant-bras n'a pas reparu.
Je prescrivis une potion suggestive (10 gouttes d'alcoolature dacomt) a la faveur de laquelle la malade dort bien la nuit- elle s est réveillée quatre fois et rendormie avec la potion.
La malade reste au service jusqu'au 2S mai : la douleur reste localisée avec gonflement considérable dans l'articulation du doi gnet et es articulations métacarpo-phalangiennes; la suggestion qm a enlevé définitivement l'hyperesthésie del'avant-bras, atténue pour quelque temps seulement la douleur liée à l'arthrite mais ne a supprime pas. Il s'agit d'une arthrite blennorrhagique • la malaSe au l'aveu d'une blennorrhagie. L'affection exige un appli^^iià
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Une arthrite rhumatismale du poignet a provoqué, comme manifestation dynamique concomitante, une hyperesthésie douloureuse' de tout l'avant-bras. La suggestion a fait justice de cette névrose côncomitante ; elle n'a pu résoudre l'arthrite.
Observation LXVII. — Accès nombreux de rhumatisme articulaire suivis de douleurs dans les reins, la cuisse droite et la région épigastrique. — Guérison par suggestion hypnotique enquatre jours.
Jules S..., âgé de quarante ans, entre à l'hôpital le 22 décembre 1889. A l'âge de vingt ans, après s'être refroidi à un incendie, il contracta un rhumatisme articulaire aigu généralisé qui le tint alité pendant deux mois, et incapable de travailler pendant quatre mois.
En 1882, habitant une chambre humide, il eut une nouvelle atteinte qui eut plusieurs rechutes : il entra quatre fois à l'hôpital cette année, depuis le mois de février et ne sortit définitivement guéri que le 1°'" août. En 1886, nouvelle atteinte qui fut traitée par les bains de vapeur. En 1888, ilfut repris trois jours avant Pâques, de fièvre bronchite, douleurs rhumatismales, ilpritde nouveau des bains de vapeur et recommença à travailler en août. Enfin en janvier 1889, nouvelle attaque : il reste au lit cinq jours, fut traité par les bains et l'application de teinture d'iode : les pieds n'ont pas été enflés dans cette dernière atteinte : mais des douleurs aiguës, continues, accompagnées de crampe, empêchaient la marche. On lui fit des injections sous-cutanées de morphine et de teinture d'iode. Les douleurssubsislèrent jusqu'après Pâques. A ce moment, il put marcher en s'aidant d'un bâton. En mai, il marchait sans
bâton, mais était trop faible pour reprendre son travail. En juillet, il prit de l'ouvrage chez un pâtissier à Belfort, puis vint à Nancy.
Depuis quinze jours, il éprouva une douleur épigastrique, sensation de déchirement à l'estomac quand il a mangé, renvois, aigreurs sans vomissement.
En même temps douleurs rhumatismales dans les reins et dans les articulations, diffuses, ne l'empêchant pas de marcher.
Etat actuel (22 décembre). — Constitution bonne. Tempérament mixte. Apyrexie. Pouls 60, régulier. Sue beaucoup la nuit dort peu. Lrines claires, abondantes. Langue assez nette. A eu des coliques