‹ Hypnotisme, suggestion, psychothérapie (volume 2)Chapitre 128 sur 160 · DOULEUR LOMBAIRE · texte numérisé non relu

DOULEUR LOMBAIRE

c'est une fiilure neurasthénique. Elle accuse aujourd'hui un certain malaise général.

A la suite de la suggestion, elle dit que cela va très bien.

Le 31, elle n'a plus aucune douleur dans le bras et la jambe; elle se sent guérie et rentre chez elle.

Observation LXXXV. — Douleur lombaire vive. — Guérison rapide

par suggestion.

Frédéric G..., âgé de quarante-huit ans, entré le 20 juillet 189G à l'hôpital, pour une douleur lombaire gauche.

Il y a dix jours, en travaillant dans les champs, il ressentit tout d'un coup une vive douleur à la région lombaire gauche, survenue sans cause, sans effort et qui a persisté depuis, l'empêchant de travailler et de se lever. 11 ressentit en même temps une douleur moins vive à la partie antérieure des genoux, douleur qui a disparu graduellement par séjour au lit.

Marié, il a treize enfants dont six vivants. Comme maladie antérieure, il accuse la variole à douze ans, un rhumatisme articulaire aigu il y a trente ans, pour lequel il fut quatre mois à l'hôpital et prit des bains de vapeur ; une fièvre muqueuse à forme cérébrale à vingt-quatre ans. Enfin, depuis trois ans, il aurait eu six fois des fluxions de poitrine? il a été pris une fois pendant trois mois, une autre fois pendant six semaines, la dernière date du printemps et fut caractérisée par une douleur à l'aisselle, de la toux, de l'expectoration. Il lui est resté un certain degré d'oppression.

Etat actuel. — Constitution bonne, tempérament lymphaticonerveux. Apyrexie. Thorax un peu bombé, le côté gauche un peu plus, se soulevant en masse. On constate un certain degré d'emphysème pulmonaire; son ample, profond, un peu tympanique à droite ; son clair, peu ample (son de carton) à gauche, normal en arrière; la respiration un peu faible, humée partout; quelques râles fins dans les bases; les bruits du cœur sont normaux.

L'attouchement de la région lombaire gauche est excessivement douloureux; le malade 'ne peut s'asseoir dans son lit à cause de cette douleur.

L'abdomen est souple et indolore. Le foie est normal; les urines sont claires, sans albumine. Les digestions sont bonnes. Traces légères de rhumatisme dans les doigts.

Le malade est mis en sommeil profond avec amnésie au réveil.

Après suggestion, lu douleur a beaucoup diminué ; il peut s'incliner un peu en avant et presque s'asseoir.

21. — A assez bien dormi cette nuit, tandis que les nuits précédentes, il était réveillé par la douleur lombaire. Ce matin, il s'assied seul sur son lit et on peut l'ausculter. — La pression de la région lombaire gauche ne réveille plus qu'une légère sensibilité. — Suggestion tous les jours.

22. — Se trouve bien; n'accuse plus qu'un peu de sensibilité dans le rein. Après la suggestion, plus rien.

23. — A été bien pendant la journée. Le soir a senti un peu de douleur dans le rein. A bien dormi.

24. — N'a plus aucune douleur; n'accuse qu'une certaine oppression, se lève et marche. La guérison se maintient et il sort le 31 juillet.

OBSERVATIONS d'aFFECTIONS SPINALES

Observation LXXXVI. — Ataxie locomotrice. — Douleurs fulgurantes. — Besoin fréquent d'uriner. — Disparition de ce dernier symptôme par suggestion.

Nicolas St..., quarante-quatre ans, terrassier, entre à l'hôpital le 22 décembre 1887, pour des douleurs fulgurantes d'ataxie.

Le 2S mars, il s'est fracturé le col du fémur, a passé cinq mois au service de chirurgie, a guéri avec un raccourcissement considérable et ne marchait qu'avec une crosse. Il y a trois semaines, montant un escalier, il a faibli, les genou.x se sont fléchis, il a pu se retenir à la rampe et a ressenti aussitôt une douleur aiguë qui l'empêche de marcher. Depuis, élancements douloureux tantôt dans une jambe, tantôt dans l'autre, intermittents, cinq ou six au moins par quart d'heure.

Hier matin, n'a pas eu d'élancements ; dans l'après-midi, cinq ou six accès se composant chacun de cinq à six lancées.

Accuse quelquefois des fourmillements dans les mollets, d'autres fois sensation de froid dans les mollets et les talons. — Déformation considérable de la hanche, trochanter en arrière et en dehors ; les muscles de la cuisse sont un peu atrophiés. Aucune douleur à la pression. — Sensibilité partout normale. — Absence de réflexe tendineux. Depuis qu'il est sorti de l'hôpital, il est obliger d'uriner plus souvent ; il se lève plusieurs fois la nuit pour uriner. — Urines normales.

TÉNESJIE VÉSICAL TABÉTIQUE

Température normale; pouls régulier. Respiralion normale. Le cœur fonctionne bien. Peu d'appétit depuis trois mois. Clapotement stomacal jusqu'à l'ombilic.

Les douleurs fulgurantes sont comballues par l'antifébrine à la dose de 1 tà 2 grammes, pris au moment des accès ; les douleurs disparaissent régulièrement au bout d'une demi-heure après chaque prise ; il a un ou deux accès de douleur par jour qui cèdent chaque fois. — Les besoins fréquents d'uriner qui existent depuis sa chute du 22 septembre persistent; il ne peut guère rester plus de une heure et demie sans uriner.

Le 27 décembre. — Suggestion : sommeil profond. A encore eu des douleurs à onze heures et demie et à deux deui-es; a pris chaque fois 1 gramme d'antifébrine; les douleurs l'ont quitté chaque fois au bout de vingt minutes.

28. — Est resté toute la nuit sans avoir besoin d'uriner. — Suggestion.

29. — A uriné deux fois seulement le jour; est resté six heures dans la nuit sans uriner. A eu deux crises douloureuses à quatreheures et à sept heures du soir, dissipées par l'antifébrine. — Suggestion.

30. — N'a pas eu de douleur jusqu'à cinq heures ce matin. N'a uriné que deux fois dans la journée et une fois dans la nuit.

31. — Pas de suggestion hier. — A uriné deux fois dans la journée, une fois la nuit. Douleurs seulement une fois la nuit. — Suggestion.

janvier 1888. — Pas de douleur dans la journée; elles ont commencé à neuf heures du soir jusqu'à onze heures. — A bien dormi le reste de la nuit. — A uriné trois fois le jour, une fois la nuit. — Suggestion.

3. — Va bien. — Pas de douleur. A uriné deux fois le jour, une fois la nuit.

— Quelques douleurs dans les deux jambes vers 8 heures du soir, pendant une demi-heure. A bien dormi. Continue à uriner environ trois fois le jour, une fois la nuit.

5. — Mêmes douleurs de 8 à 9 heures du soir. Sommeil le resl& de la nuit.

Jusqu'au il janvier même état : un seul accès douloureux dans, la soirée durant une demi- heure à une heure.

Le 14. — Deux accès douloureux le soir et la nuit.

Le 17. — Le malade n'ayant plus eu de suggestions depuis quelques jours, a des douleurs de 9 heures du matin à 5 heures dm soir, comme des coups de lancettes ascendant et descendant dans

•tou^ek jambe. L'appétit qui s'était amélioré est de nouveau sup-

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20 - A eu des douleurs presque toute la nuit dans tout le membre mférieur avec contractions musculaires visible dan drou an eneur de la cuisse et les muscles antéro-extemes de J ambe Suppression des réflexes tendineux. Les pupilles se contractent bien. — Suggestion.

21. — N'a eu qu'une seule fois des douleurs hier. La suggestion est continuée tous les jours

Jusqu'au 2o janvier, plus de douleurs. Ce jour, douleur le soir cle 4 a H heures.

Jusqu'au 29 janvier, malgré la suggestion, a un à trois accès par jour, durant de une à deux heures chacun.

A partir du 29 janvier, le malade n'a plus de douleurs fulgurantes. ^ °

II reste au service jusqu'au 21 mars. Depuis un mois, il n'a plus de douleurs ; il marche un peu mieux, boitant à cause du raccourcissement du membre fracturé. Il peut se tenir debout et faire quelques pas sans canne. Quant aux besoins fréquents d'uriner, ils ont disparu définitivement dès la première suggestion.

La suggestion ne guérit pas l'ataxie locomotrice; elle n'en ralentit pas l'évolution. Mais elle peut combattre certaines de ses manifestations. Quelquefois elle supprime les douleurs fulgurantes. Dans ce cas elle a supprimé le besoin iréquent d'uriner.

Observation LXXXVIL — Sclérose en plaques depuis deux ans. — Disparilion du tremblement et de la titubution par quelques séances de suggestion hypnotique. — Rémission pendant plus de deux mois. — La suggestion continuée pendant près de quatre semaines diminue le tremblement, améliore la marche, reste inefficace contre le vertige.

François, ouvrier aux forges de Pompey, âgé de vingt-huit ans, «ntre à la clinique le 29 janvier 1889. Comme antécédents morbides, il accuse une blennorrhagie contractée au service militaire, une fluxion de poitrine il y a seize ans, trois atteintes de fièvre typhoïde en 1870, en 1878 et 1884. Ni rhumatismes, ni syphilis. Il avoue des excès alcooliques et vénériens. Ses parents sont bien

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