LEÇON IV
Ue l'hypnotisme. - Procédés empiriques des moines dumont Atlios, des Fakirs et Yoguis aux grandes Indes, des sorciers en Egyp e des gzanes, des mlirabouts, des Aïaoussas en Afrique - Pratiques de M smer - Découverte du somnambulisme provoqué par le mai quis de Puys/o-ur. - De la sug^^estinn par l'abbé Faria. - De l'hypnotisme par Braid - Doctrine de la suggestion et application a la thérapeutique par Liébeault. - Définition de l'hypnotisme par Braid. - Hypnotisme sans sommeil, avec sommeil réel, avec illusion du sommeil. - Le sommeil n'est qu'un des phénomènes de l'hypnotisme. — L hypnotisme n'est qu'un état psychique qui exalte la suggestibilité. - Déiimtion du mot magnétisme animal.
Parmi les moyens qui augmentent la crédivité, imposent l'idée au cerveau et facilitent sa transformation en acte, il n'en est pas de plus utile que l'hypnotisme. C'est l'adjuvant le plus efficace, souvent le seul efficace de la suggestion. Nous avons défini ce dernier mot : reste à définir l'hypnotisme. Un court aperçu historique est nécessaire pour remonter à son origine.
De même que la suggestion, l'hypnotisme est vieux comme le monde.
Quand les moines du mont Athos regardaient fixement leur ombilic et tombaient dans une extase cataleptique prolongée, ils s'hypnotisaient.
Ainsi font encore depuis 2400 ans, les fakirs et les Yoguis des grandes Indes, qui fixent pendant un quart d'heure le bout de leur nez, retenant ou ralentissant leur respiration, concentrant leur attention, jusqu'à ce qu'une flamme bleuâtre apparaisse, dit-on, à l'extrémité de leur nez : alors ils prennent des attitudes cataleptilonnes extraordinaires.
6i HYPNOTISME, SUGGESTION, rSYCIIOTIIÉRAPlE
En Egypte, se trouve depuis des temps immémoriaux, dit Le D"' Rossi cité par Figuier, une classe de personnes qui font leur profession du Mandeb. Ils font généralement usage d'une assiette en faïence parfaitement blanche ; ils dessinent avec une plume et de l'encre deux triangles croisés l'un dans l'autre, et remplissent le vide de ladite ligure géométrique par des mots cabalistiques. Le sujet choisi pour l'expérience, fixe le regard au centre du double triangle croisé. Au bout de quatre à cinq minutes, il voit un point noir au milieu de l'assiette ; ce point noir grandit, change de forme, se transforme en diverses apparitions qui voltigent devant le sujet. Alors celui-ci halluciné acquiert souvent une lucidité somnambulique extraordinaire.
D'autres parmi ces sorciers fout fixer simplement le regard du sujet dans une boule de cristal.
Dans l'Afrique française, d'après M. de Pietra-Santa, les gzanes arabes, bohémiennes, sorcières ou diseuses de bonne aventure, décrivent sur la paume de la main avec une matière colorante noirâtre un cercle au centre duquel est indiqué un point également noir. En fixant attentivement ce cercle pendant quelques minutes, les yeux se fatiguent et se brouillent. Bientôt à la fatigue succède le sommeil, puis une sorte d'insensibilité.
Les marabouts de certaines sectes religieuses des frontières du Maroc placent, sur une table recouverte d'une nappe blanche, une bouteille ordinaire remplie d'eau, derrière laquelle brûle une petite lampe. Le sujet, assis sur une chaise, fixe le point lumineux placé devant lui. Au bout de quelques instants, il éprouve de la lourdeur dans les paupières ; peu à peu elles s'abaissent et le sommeil arrive.
Les Aïaoussas qui sont venus donner leurs représentations à l'Exposition se plongent dans une hypnose extatique et anesthésique par d'autres procédés. Aux sons du