DU SOMMEIL DANS L'HYPNOSE
Elle ne se souvient absolument de rien ; elle est convaincue ^XuLdornù. Etait-ce le sommeil? Je crois que cetaU
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n,ao .étisé. . Son œil reste fixe et étonné. Je lui mets les S en l'air ; il ne peut les baisser. Je lé piqne avec nne é3 u-'" il e t analgésique. Je ini dis : « Dormez-vous? . I rond ; . Non. » Plus tard il se sonvient de tout ou peu se souvenir de tout. - Je lui dis au contraire : « Vous dormez . Il répond: . Oui. » Et plus tard, il ne se sou- .°ent de rien et croit avoir dormi. Je lui ai donné l'illusion du sommeil ; mais aucun signe- apparent ne démontrait la réalité du phénomène.
Bien plus, je peux donner à certains sujets suggestibles l'illusion rétroactive du sommeil, c'est-à-dire le souvenir fictif d'un sommeil qui n'a pas existé ; je puis leur faire croire qu'ils ont dormi pendant deux heures, par exemple, et ils sont convaincus qu'ils. l'ont fait; ils peuvent même loo-iques avec leur conception du 'sommeil, avoir oublie tout ce qui s'est passé en eux ou autour d'eux pendant ces deux heures. N'est-ce pas «la meilleure démonstration de ce fait que la conscience du sujet ne suffit pas pour consacrer la réalité du phénomène sommeil ?
C'est donc restreindre singulièrement la conception du mot hypnose, c'est méconnaître la nature réelle du phénomène que de le définir par sommeil provoqué, comme Braïd et ses successeurs.
Braid avait constaté, il est vrai, que la suggestion à l'état de veille peut, chez certains sujets, agir sur l'esprit des patients et produire de la catalepsie, des illusions, des hallucinations, exactement comme à l'état de sommeil. Ces « vigilant phénomèna ^ étaient |bien connus dans l'Amérique du Nord, dès 1848, sous le nom à' électrobiologie. Braid propose d'appeler mono-idéisme cet état particulier, c'est-à-dire l'état de l'esprit sous l'influence d'une impres-
irVPNOTISME, SUGGESTION, PSYCIIOTIIÉUAPIE
sion dominante ; mono-idéisé l'état de la personne dans la
^^ZJ V"" '''''''''''''' développent sous
1 influence du mono-idéisme.
Cet état de mono-idéisme Tpourrait donc se développer soit a 1 état de veille, soit surtout pendant l'état anormal qu amènent les procédés hypnotiques.
Mais nous avons vu que cet état anormal n'est pas tou • Jours le sommeil ; nous avons vu que le sommeil n'est lui-même qu'un phénomène de suggestion, au même titre que la catalepsie, l'anesthésie, les hallucinations. Le mieux à mon avis, serait de supprimer complètement le mot hypnotisme et de le remplacer par celui de état de suggestion. Les procédés dits, hypnotiques se réduisent à démontrer ou à exalter les diverses suggestibilités. Toutes les activités dynamiques du corps peuvent être exaltées déprimées ou perverties par la suggestion : la motilité,! lâ sensibilité, les sensations, l'imagination, etc. Chaque sujet a ses suggestibilités spéciales: l'un n'est suggestible qu'en •ce qui concerne la motilité ; ou peut provoquer chez lui de la catalepsie, ;de la paralysie, des mouvements automatiques; un autre l'est quant à la sensibilité ; il peut réaliser de l'anesthésie, de l'analgésie ; un troisième l'est en outre quant à certaines images sensorielles : on peut développer chez lui des hallucinations du goût ou de l'audition, mais pas d'hallucination visuelle. Chez un quatrième les images visuelles peuvent être évoquées aussi. Chacun a. Je le répète, ses divers modes de suggestibilité qu'on peut mettre en jeu, simultanément ou isolément. Un certain nombre arrive à réaliser la suggestion du sommeil.
Si l'on veut conserver le mot hypnose, état hypnotique, nous le définirons ainsi : état psychique particulier susceptible d'être provoqué, qui met en activité ou exalte à des degrés divers la suggestibilité, c'est-à-dire l'aptitude à être influencé par une idée acceptée par le cerveau et à la réaliser.