HYPNOTISME ET SOMMEIL
Les phénomènes hypnotiques ne sont donc en réalité que des phénomènes de suggestibilité.
Si le sommeil n'est pas nécessaire à la suggestion, il faut dire toutefois qn'il la facilite. Qu'il soit naturel ou provoqué il supprime ou atténue l'initiative intellectuelle, il concentre l'activité cérébrale sur les phénomènes d'automatisme; il laisse l'imagination libre soustraite au frein modérateur des facultés de raison. Les rêves sont les autosu-estions hallucinatoires du sommeil naturel. Dans ce sommeil, comme nous le verrons, on peut se mettre en rapport avec le sujet et réaliser tous les phénomènes de
l'état hypnotique.
Le sommeil augmente la suggestibilité ou la crée. Beaucoup de sujets ne deviennent suggestibles à un degré notable que lorsqu'on a réussi chez eux à provoquer l'apparence du sommeil. Aussi cherche-t-on en général dans l'hypnose à provoquer le sommeil ou un état aussi voisin que possible du sommeil pour rendre la suggestion aussi intense que possible. Mais il importe de savoir que ces deux phénomènes ne sont pas absolument corrélatifs et ce serait, comme l'a déjà dit Braid, s'exposer à des échecs thérapeutiques fréquents que d'attendre le sommeil profond pour suggérer des effets salutaires.
Le mot magnétisme animal, eu égard à sa signification historique, doit conserver un sens plus large que celui d'hypnotisme. Il comprend, outre l'hypnotisme, tous lesphénomènes dits d'influence fluidique, rapprochée ou à distance, la clairvoyance, la transmission de pensée, la divination, etc. L'hypnotisme seul, jusqu'à ce jour, constitue une branche réellement scientifique de l'ancien magnétisme.