‹ Hypnotisme, suggestion, psychothérapie (volume 2)Chapitre 28 sur 160 · PROCÉDÉ SUGGESTIF DE FARIA · texte numérisé non relu

PROCÉDÉ SUGGESTIF DE FARIA

laires en refermant les paupières supérieures. Le sommeil est alors immédiat.

2° La simple application des pouces sur les globes oculaires peut quelquefois provoquer l'hypnotisme sans fixation préalable ;

3° On peut combiner les deux méthodes : fixer les yeux de la malade en lui appliquant les pouces sur les sourcils^ les autres doigts enserrant les tempes ; • 4° On place entre ses yeux un corps quelconque (crayon^ porte-plume en argent), et on lui dit de regarder fixement..

N'est-ce pas là, en somme, le procédé de Faria ? fixation de ses yeux sur ceux du sujet. La seule différence, c'est que Faria ajoutait le mot : Dormez.

t La volonté d'endormir est inutile, ajoutent MM. Bourneville et Regnard, les passes sont inutiles. Quand on a déjà hypnotisé souvent une malade, on arrive à le faire bien plus vite et bien plus facilement. La seule idée qu'elle va être endormie fait qu'elle s'endort presque subitement. » C'est la doctrine même de l'abbé Faria ! C'est son procédé f

Ce procédé peut s'appeler : l'hijpnotisation par simple suggestion.

L'idée de la suggestion a été certainement mieux conçue par l'abbé Faria que par Braid.

Voici la méthode du chirurgien anglais : « Prenez un objet brillant quelconque (porte-lancette, par exemple) entre le pouce, l'index et le médius de la main gauche, tenez-le à la distance de vingt-cinq à quarante-cinq centimètres des yeux, dans une position telle au-dessus du front, que le plus grand effort soit nécessaire du côté des yeux et des paupières pour que le sujet regarde fixement l'objet. Il faut faire comprendre au patient qu'il doit tenir constamment les yeux fixés sur l'objet et l'esprit uniquement attaché à l'idée de ce seul objet. Les pupilles se contracteront d'abord ; peu après elles commenceront à se dilater, et quand elles seront considérablement dilatées et subiront un mou-

Si HYPNOTISME, SUGGESTION, PSYCHOTHÉRAPIE

vement d'oscillation, les doigts indicateur et médius de la main droite étendus et un peu séparés sont portés de l'objet vers les yeux : souvent alors les paupières se ferment involontairement avec un mouvement vibratoire. S'il n'en est pas ainsi ou si le patient fait mouvoir les globes oculaires, demandez-lui de recommencer, lui faisant entendre qu'il doit laisser les paupières tomber quand de nouveau vous porterez les doigts vers les yeux, mais qiie les globes oculaires doivent être maintenus dans la même position et l'esprit attaché à la seule idée de l'objet au-dessus des yeux. Il arrivera en général que les yeux se fermeront avec un mouvement vibratoire. »

On voit que pour Braid il y avait deux choses : la concentration fixe de l'œil visuel amenant un phénomène physique ou physiologique : <t la paralysie des muscles releveurs de la paupière supérieure, la paralysie des centres nerveux dans les yeux et leurs dépendances > et la concentration de l'œil mental, de l'attention sur un objet. Ce n'est pas la conception nette de la suggestion pure, telle que Faria l'avait formulée, telle que Liébeault devait la retrouver.

Aussi les successeurs de Braid, mal éclairés sur la doctrine suggestive de l'hypnotisme, continuèrent-ils à procéder empiriquement, soit par fixation des yeux, soit par des passes.

Voici le procédé de M. Ch. Richet » :

<t Je prends chacun des pouces du sujet dans une main et îe les serre fortement, mais d'une manière assez uniforme. Je prolonge cette manœuvre pendant trois à quatre minutes ; en général les personnes nerveuses ressentent déjà .une certaine pesanteur dans le bras, aux coudes et surtout aux poignets. Puis je fais des passes, en portant les mams ■-étendues sur la tête, le front, les épaules, mais surtout les

* Charles Richet. L'homme et rinteWgence. Paris,

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