‹ Hypnotisme, suggestion, psychothérapie (volume 2)Chapitre 29 sur 160 · PROCÉDÉS DE LA SALPKTOIÈRE · texte numérisé non relu

PROCÉDÉS DE LA SALPKTOIÈRE

paupières. Les passes cousistent à faire des mouvements uniformes de haut en bas, au-devant des yeux, comme si en abaissant les mains on pouvait faire fermer les paupières Au début de mes tentatives, je pensais qu il était nécessaire défaire fixer un objet quelconque par le patient, mais il m'a semblé que c'était là une complication mutile. La fixation du regard a peut-être quelque influence, mais elle n'est pas indispensable. i>

A la Salpôtrière, la conception de l'hypnose se modifie. C'est une névrose qu'on ne produit que chez les hystériques, névrose à trois phases : léthargie, catalepsie, somnambulisme; les trois états différents peuvent s'obtenir d'emblée, l'un ou l'autre, suivant les sujets, par fixation du regard. La léthargie se transforme en catalepsie par l'ouverture des yeux des sujets ; la catalepsie redevient léthargie par l'occlusion des yeux ou l'obscurité. Les deux se transforment en somnambulisme par friction légère du vertex du sujet, et le somnambulisme devient de nouveau léthargie par compression légère des globes oculaires. L'état de léthargie est rebelle aux suggestions.

Une impression sensorielle intense et soudaine, telle que le bruit subit et inattendu d'un tamtam, l'explosion d'un paquet de fulmi-coton par une étincelle électrique peut aussi provoquer la catalepsie.

Au lieu d'une impression vive et brusque, on a aussi produit l'hypnose par une impression sensorielle faible, monotone prolongée, telle que le tic tac d'une montre : on l'a produite môme par l'attouchement de certaines régions du corps, dites zones hypnogènes.

Tous ces procédés si variables, si bizarres, les uns simples, les autres complexes, n'ont absolument rien de commun, ni comme manipulation, ni comme excitation sensorielle. Chose singulière ! [La môme impression brusque, lumineuse, auditive, ou la même impression lente et monotone, ou les mômes passes, ont pu fortuitement affecter

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souvent les sujets liypnotisables, sans déterminer l'hypnose : elles ne l'ont produite que lorsqu'elles étaient spécialement faites dans ce but. Tout peut réussir chez un sujet, pourvu qu'il soit prévenu. C'est qu'un seul élément intervient en réalité dans tous ces procédés divers : c'est la suggestion. Le sujet s'endort (ou est hypnotisé) lorsqu'il sait qu'il doit dormir, lorsqu'il a une sensation qui l'invite ■au sommeil. C'est sa propre foi, son impressionnabilité psychique qui l'endort. Cette vérité a été nettement établie par l'abbé Faria et surtout par le docteur Liébeault.

Le médecin de Nancy, revenant à la simple méthode de Faria, hypnotise par suggestion verbale. Voici comment il «xpose son moclus faciendi K

« Pendant que le sujet immobilise ses yeux sur ceux de l'opérateur, il isole ses sens des impressions extérieures -et même intérieures ; on lui affirme de ne songer qu'à dormir et à guérir ; on lui annonce les phénomènes initiaux du sommeil, engourdissement du corps, besoin de dormir, lourdeur des paupières, insensibilité. Quand iOn aperçoit «que les paupières clignottent, s'alourdissent, que l'œil prend un aspect étonné, que la pupille oscille ou se dilate, on dit : « Dormez. » Et si les paupières ne se ferment pas. ■on répète plusieurs fois la même série d'affirmations ; puis les pouces placés de chaque côté des yeux sont appliqués sur les paupières abaissées, pendant qu'on continue la suggestion. Si au bout d'une minute; rien ne se manifeste, on remet la chose au lendemain. » M. Liébeault fait assister le sujet préalablement à d'autres hypnotisations pour ajouter l'influence de l'imitation à celle de la parole. Pour Liébeault, comme pour Faria, la suggestion, c'est-à-dire l'idée introduite dans le cerveau, est, on le voit, la clef de -l'hypnose.

Sans doute, Braid a pu endormir des sujets par la fixa-

* Liéljeault. Le sommeil provoqué . Paris, 1889.

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