MANIFESTATIONS DE L'HYPNOSE
naturel, ou sait qu'on appelle ainsi les dormeurs ambulants c'est-à-dire qui se lèvent, marchent, agissent, qui ont des rôves animés. Le plus souvent il y a oubli au réveil. Mais, comme Lélat déjà l'a fait remarquer, ce n'est pas là un phénomène constant. La seule caractéristique du somuambulismenaturel, c'est l'hallucinabilitéactiveou rêve en action; nous appellerons aussi somnambulisme artificiel, l'état de suggestibilité provoquée dans lequel il y a des hallucinations actives, qu'il y ait ou qu'il n'y ait pas amnésie au réveil. .
Etudions maintenant les diverses manifestations del'hypnose. Voici un sujet ; je lui suggère de dormir. Immédiatement ses yeux se ferment ; vous voyez ses paupières agitées d'un frémissement vibratoire continu. Ce phénomène est fréquent, mais non constant. Si j'entr'ouve ses paupières, je vois ses globes oculaires remontés sous la paupière supérieure ; ce fait se présente chez certains, tandis que chez d'autres, les yeux conservent leur situation normale. La face est assez inerte, mais l'aspect un peu sérieux, le front plissé entre les sourcils ; cette expression est assez commune chez les hypnotisés. Avec une certaine habitude, vous reconnaîtrez souvent à ce masque que le sujet est pris. La respiration est régulière et calme, le pouls est normal. Lorsque vous constaterez chez une personne hypnotisée pour la première fois, une respiration anxieuseou haletante, un pouls accéléré, une face injectée et des secousses musculaires ou du tremblement, soyez assuré que ces phénomènes n'appartiennent pas au fait même de l'hypnose, mais à l'émotion du sujet impressionné par l'expérience.
Chez les névropathes, chez les hystériques, des manifestations nerveuses peuvent résulter de cette émotion : spasmes, strangulation, oppression, crise d'hystérie grandes et petites. Tout cela disparaît, si vous calmez et rassurez le patient, si vous procédez par suggestion douce ; et dès la
seconde ou troisième séance, l'hypnose a lieu sans concomitance de phénomènes étrangers d'origine émotive, qu'on lui a attribués à tort et qui ne lui appartiennent pas.
Voilà le sujet calme, inerte, absolument semblable à un dormeur naturel ; je lève rapidement ses bras et ses jambes ils retombent inertes.' Cet homme n'a rien de léthargique.
En le voyant ainsi impassible, sans mouvement, sans •expression, l'aspect indifférent à ce qui se passe autour de lui, à ce que je dis, vous pourriez croire qu'il est inconscient, qu'il est dans un état semblable au coma, que ses sens sont fermés à toute impression.
Cette idée, d'insconscience pendant l'état dit léthargique, existe encore chez beaucoup d'observateurs ; elle a été la source de toutes les erreurs qui ont été commises. Le sujet est conscient, il l'est à toutes les périodes, à tous les degrés "de l'hypnose ; il entend ce que je dis, son attention peut être dirigée sur tous les objets du monde extérieur. L'inconscience hypnotique, le coma hypnotique n'existent pas. A son réveil il ne se souviendra de rien ; mais je pourrai, ainsi que vous le verrez, évoquer le souvenir de tout ce qui s'est passé en lui, et autour de lui, alors que rien dans son masque ne trahissait son activité psychique.
Voyez cet homme en apparence inconscient. Je lui dis : « Donnez-moi la main. » Il est possible qu'à la première séance il reste immobile. Mais si j'ajoute: « vous pouvez remuer votre bras, donnez-moi la main, » il me la donne. Je puis le faire parler. Quelques-uns répondent tout de suite, dès la première séance. D'autres ne répondent pas, n'ayant pas assez d'initiative cérébrale pour mettre en activité les muscles qui réalisent la parole. Il en est aussi qui n'ont pas l'attention dirigée sur moi, absorbés par une idée personnelle ou par une concentration de l'esprit, difficile à définir: ils ne paraissent pas m'entendre. Alors il suffit <jue je répète la question plusieurs fois pour qu'ils me ré-