DYNAMISME DANS LES LÉSIONS ORGANIQUES
de la capsule blanche interne, le carrefour sensitif qui livre passage aux conducteurs de la sensibilité ; mais cet organe était dynamiquement frappé par lésion de voisinage ; le choc traumatique avait déterminé un ébranlement nerveux autour de la lésion, dépassant le champ de l'altération organique, comme une pierre jetée dans l'eau ébranle les molécules voisines dans une série de cercles concentriques. La stupeur fonctionnelle contiguë au traumatisme avait persisté, entretenant l'hémianesthésie : la suggestion, appelant l'influx nerveux à travers les fibres nerveuses inertes, a permis aux impressions centripètes de se frayer de nouveau leur voie jusqu'aux centres de la [perception. J'ai relaté des observations de ce genre dans mon livre sur la suggestion.
Une sclérose en plaques produit un tremblement caractéristique dans les membres ; une ataxie locomotrice crée une incoordination motrice. Ici encore le trouble fonctionnel peut dépasser le champ de la lésion organique. Les fibres spinales non détruites subissent le contre-coup des lésions avoisinantes ; elles sont frappées dynamiquement avant de l'être organiquement. La suggestion peut encore réveiller leur activité et restaurer I9 fonction. Le tremblement peut disparaître, l'incoordination motrice des jambes peut faire place à une démarche parfaite ou convenable, la maladie est susceptible d'une rémission fonctionnelle, tant que l'évolution organique inexorable n'a pas achevé son œuvre. C'est ainsi que les maladies organiques du système nerveux peuvent être guéries, si la lésion le ipermet, ou momentanément amendées, si elles sont de leur nature incurables.
Que de troubles nerveux viennent 'se greffer !sur les maladies organiques les plus diverses, troubles réflexes, sympathiques liés à l'impressionnabilité nerveuse générale d'un organisme dont toutes les fonctions sont solidaires, si bien que l'irritation d'un filet nerveux retentit douloureu-
sèment sur les fibres nerveuses lointaines ! Les vomissements incoercibles de la grossesse, la névropathie consécutive aux déplacements utérins, l'hystérie traumatique, le nervosisme arthritique, l'hystérie saturnine, le vertige stomacal, les convulsions dues aux vers intestinaux, la chorée vermineuse, l'épilepsie par Irayeur, les paralysies sympathiques, les palpitations nerveuses du cœur engendrées par la dyspepsie, la migraine liée à la menstruation, les mille et une douleurs, sensations, manifestations diverses qui gravitent autour des lésions, déroutent le diagnostic, déconcertent la thérapeutique, tout cela ne montre-t-il pas que le dynamisme nerveux, venant s'ajouter à la lésion primordiale, joue dans la séméiologie un rôle immense et ouvre à la suggestion un champ d'intervention plus vaste que ne semble le comporter l'organe lésé? Voici, par exemple, une légère rétroversion utérine qui ne gène en rien les fonctions vésicale et rectale, mais qui suscite par le mécanisme des actions réflexes toute [une pathologie, névralgies, sulïocation, battements de cœur, vomissements, dypepsie, vertiges, hypocondrie, [convulsions. La lésion n'est rien; la réaction fonctionnelle est tout. Qu'importe que je ne puisse remédier à la lésion, si la suggestion peut faire appel à l'organe psychique pour faire acte d'inhibition sur toutes ces manifestations symptomatiques secondaires, si elle fpeut mettre un frein à toutes ces transmissions nerveuses !
Contre la maladie organique elle-même la suggestion ne peut-elle rien ? On sait que le système nerveux agit sur la nutrition des organes par l'intermédiaire des nerfs trophiques et vasomoteurs. On sait, d'autre part, que la suggestion peut réaliser des modifications organiques; nous avons vu de la rougeur, des vésications, de la diarrhée, des hémorragies se produire par la suggestion ; la stigmatisation est un phénomène d'auto-suggéstion. J'ai vu un eczéma chronique rebelle, entretenu peut-être par un état