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OBSERVATION D'IMPUISSANCE GÉNITALE

et l'érection cesse. Il s'agit évidemment d'une impuissance d'origine psychique ; une émotion morale fait inhibition. Il dit selivrer quelquefois à l'onanisme, mais d'une façon inconsciente, pendant le sommeil de la nuit. Cela dure quelquefois trois nuits de suite; puis cela revient au bout d'un temps variable, dix ou quinze jours.

X... paraît trè.s nerveux, très impressionnable ; sa pai-ole est saccadée, il tremble facilement; il se surexcite à chaque instant. 11 est bien constitué, n'a jamais eu de maladies, ni aucune crise nerveuse, je ne constate rien d'anormal à l'examen.

Je le mets facilement en sommeil profond ; je suggère le calme physique et moral ; « il n'aura plus de tendance à l'onanisme la nuit ; l'érection en présence d'une femme se maintiendra jusqu'au bout, sans émotion ; il conservera tout son sang-froid, n'aura aucune peur, et sera apte à remplir ses fonctions, etc. ».

Le malade reste à Nancy du 10 au 23 octobre seulement, son congé expire à celte date. Je répète la suggestion tous les jours. 11 n'a plus d'onanisme nocturne depuis la première séance. Une fois dans la nuit du 13 il se réveille dans la nuit, la main sur la verge avec un commencement d'onanisme ; mais il arrête court; et cela ne s'est plus reproduit.

Le 20 au soir, après suggestion,, il essaie le coït, sans succès ; toutefois il constate qu'il n'a plus la peur et le tremblement comme autrefois, et il croit avoir été plus près du but.

Je lui suggère vivement de répéter le 22 et j'affirme que cette lois-ci le succès sera complet. En effet, le 23, il m'annonce qu'il a réussi pour la première fois de sa vie : bien que l'érection ait faibli à la fin de l'acte, il a pu le mener jusqu'à iéjaculation. Je lui suggère que maintenant qu'il a réussi une fois, qu'il est débarrassé de l'émotivité qui le paralysait, il ne pourra plus faiblir; et il rentre dans son pays très satisfait.

Observation XXXVIII. -Inversion sexuelle. ~ Impuissance génitale vis-a-vis de sa femme depuis sept ans. - Guérison par suggestion en vingt jours.

M. de X..., de la Hongrie, âgé de trente-six ans, vient me consulter le 24 mai 1889 pour de l'impotence génitale liée à de 1 inversion sexuelle. Celle-ci existe depuis sa jeunesse, due à des habitudes vicieuses contractées au collège. Avant son maria-e cependant, il avait pu avoir fréquemment des rapports avec des femmes. Marié à vingt-neuf ans, aimant sa femme, il n'a jamais de-

puis sept ans, pu cohabiter avec elle. L érection était impossible en sa présence, aussi bien qu'en présence d'autres femmes; il avait au contraire un goût prononcé pour des hommes se traduisant par des érections et qu'il satisfaisait par des attouchements ; deux fois seulement il aurait eu de vrais rapports contre nature: avant l'âge de dix-huit ans, il pratiquait l'onanisme, mais avec modération. Depuis il a perdu cette habitude.

C'est un hommeintelligent,lymphatico-nerveux, impressionnable, sans antécédents morbides. Bien élevé, honnête, il souffre infiniment de son état; il essaie en vain depuis des années de lutter contre celte anomalie qui le rend malheureux ; c'est une obsession continue qui le mine. Tous les traitements ont échoué; tous les essais tentés ont été infructueux.

Je l'hypnotise le 24 mai et les jours suivants. Le premier jour, il tombe facilement en sommeil avec catalepsie et automatisme rotatoire, souvenir conservé au réveil. Dès la troisième séance, il tombe en sommeil profond avec amnésie. Je suggère des érections pour sa femme, et la disparition complète du goût anormal; je répète tous les jours cette suggestion, avec insistance. Je précise après quelques jours et j'affirme que le 3 juin, il aura dans la nuit une érection spontanée avec désir ardent qui recevra ample satisfaction. Dans la nuit du 3, il a en effet une érection, mais qui ne persiste pas assez longtemps pour permettre le rapprochement.

Je continue la suggestion hypnotique pendant quelques jours et je provoque une nouvelle tentative pour le 8. L'érection a lieu; elle est un peu plus prolongée, mais ne se soutient pas encore assez longtemps. Cependant il commence à être convaincu qu'il arrivera à son but.

Je précise de nouveau pour le 13 juin. Celte nuit en effetil réussit pleinement. Il dit qu'il a accompli l'acte conjugal facilement avec plaisir; mais sans attraction irrésistible. Le goût pour les hommes diminue, sans être éteint absolument.

Il est très heureux d'avoir réussi. Le 16, il n'a pas renouvelé l'essai, malgré la suggestion donnée. Il dit qu'il est comme un homme saturé, n'ayant plus aucun goût ni pour le sexe mascuhn ni pour le sexe féminin. Je lui suggère d'avoir des rapports avec sa femme dans la nuit suivante.

Le 17, il me dit avoir réussi dans la nuit, il s'est réveillé avec une érection, sans savoir qu'elle eût été suggérée, et a vu sa femme avec plaisir. Actuellement il sent pour le sexe masculin une indif. férence complète; il ne sait pas cependant si une occasion se présentant, il résisterait.

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