SECTE DES ROSE-CROIX
On crut reconnaitre dans cette substance le principe ou fluide qui, venant des astres, met en communication Îles différents corps célestes entre eux et avec les êtres sublupaires. Dans les êtres animés, Paracelse crut constater une vertu secrète, une qualité attractive semblable à celle de l’aimant. C’est le magnétisme animal ; c’est l’origine de la médecine magnétique.
Les talismans, que Paracelse contribua à mettre en honneur, étaient des boites conservatrices des influences célestes. Il donne une recette pour les faire; il donne la composition de deux onguents sympathiques qui guérissent les plaies, à 20 milles de distance. Il suffit d’imbiber avec le premier un morceau de bois trempé dans le sang du malade; avec le second d'en couvrir le fer qui à fait la blessure, pour que la guérison ait lieu par sympathie.
Au commencement du xvu siècle, se constitua une secte d’enthousiastes fanatiques, qui propagèrent en l’amplifiant la doctrine théosophique de Paracelse, C'étaient les Rose- Croix" qui exercaient publiquement la médecine. La croix mystique teinte de son sang rosé, qui est le mot d'ordre des adeptes, suffit à donner la sagesse et la science. Les Rose- Croix guérissent toutes les maladies par la foi et l'imagination. Un véritable Rose-Croix, dit Figuier, n’a qu'à regarder le malade le plus grave pour qu’à l'instant il soit guéri. Ils avaient une poudre de sympathie et un emplâtre céleste qui guérissait instantanément les plaies, les ulcères, les hémorrhagies et nombre d’autres maladies. Rodolphe Goclenius, professeur de médecine à Marburg, écrivit en 1608 un traité sur la cure magnétique des plaies dans lequel il cherche à expliquer par les lois magnétiques de la nature lefficacité considérée par lui comme incontestable de cet emplâtre. Un jésuite, le père Roberti, publia un traité pour le réfuter;
Réformation générale du monde entier par La « Fama fraternilatis des Rose-Croix ». Ratisbonne, 1614.
une.polémique violente s'engagea. « Si les cures s’opèrent, dit le jésuite, par les talismans, les mumies et l’onguent des armes de Goclenius, elles ne peuvent être que l’œuvre du démon. » Tous les Rose-Croix, avec Paracelse, n'étaient que des sorciers; le calviniste Goclenius et Calvin lui-même étaient fils de l'esprit malin”.
L'illustre Van Helmont intervint dans le débat de son livre : «De magnetica vulnerum naturali et legitima curatione contra Joan. Roberti, 1621. » Il affirma que les phénomènes ne sont pas dus au diable, mais au magnétisme, c’està-dire à une vertu secrète des corps qu’on appelle ainsi à cause de son analogie avec les propriétés de laimant. L’onguent magnétique agit en tirant à soi la qualité hétérogène qui est dans les plaies et les préserve ainsi d’inflammation et d’ulcération.
Comme preuve en faveur de la cure magnétique des plaies, un autre adepte de la doctrine de Paracelse, Hélimontius, citait la guérison par transplantation. C’était une croyance alors répandue que les maladies pouvaient se transplanter : par exemple, en mettant du sang d’un hydropique dans une coquille d’œuf, qu’on tient chaude et qu’on fait manger avec de la viande à un chien affamé; celui-ci prend Ja maladie et l’homme en est débarrassé,
On peut faire passer la maladie dans un arbre : il suffit d'enlever l’écorce pour creuser un trou, de mettre dans ce trou l’urine ou les cheveux du malade fiévreux ou hydropique, et, cela fait, de remettre l’écorce. Aïnsi la maladie est transplantée dans l'arbre, Tel est le procédé indiqué dans le livre intitulé la « Philosophie de Moïse », de Robert Fludd, le plus célèbre des Rose-Croix du xvu° siècle, et qui mit au service de Ia médecine magnétique toutes les rêveries théosophiques de son imagination. Il existe deux magnétismes : le spirituel et le corporel et les effets de ce
® Roberti. Metamorphosis magneticæ Calvino Goclenianæ. Donac, 1619.
A A | “ =* nd 3 jee LE Ts Va Hour DT kde LYS Se Le = qui” +4 OR. 42 Les 0 ei Ki Eee # d PCR LA 2. Ld AA 2 < Cr 2 der " n ds D Un vire d 2e | hé \ Se xD oitet : DAT : NRA ‘
MAXWELL, GREATRAKE 17
double magnétisme existent non seulement entre les animaux, mais entre ceux-ci et les végétaux et même les minéraux. Les prières seules guérissent les maladies. Le philosophe écossais indique les formules auxquelles il faut recourir en certains cas et mème la région du ciel vers laquelle il faut se tourner pour être exaucé.
L'Écossais Guillaume Maxwell!, adepte de Fludd, soutient avec énergie le magnétisme animal qui est la médecine universelle. Un grand principe vital se communique des astres aux corps par la chaleur et la lumière. Cet esprit universel émanant du soleil est la source de l’esprit vital particulier à toutes choses; c’est lui qui l’entretient et le régénère. Toute maladie provient de l'épuisement de l’esprit vital. Celui qui sait agir sur l'esprit vital particulier à chaque individu peut guérir à quelque distance, que ce soit en appelant à son aide l’esprit universel; cet esprit est dans la lumière.
Les cures sympathiques sont dues à la communication des esprits qui adhèrent à tout ce qui se dégage du corps. animal. Aussi Maxwell transformait-il les déjections en autant d’aimants qui avaient la vertu de guérir toutes les maladies. | |
Un simple soldat irlandais, étranger à toute cette théosophie transcendante, avait appris en 1662 par une secrète révélation qu'il avait le don de guérir. Valentin Greatrake était un précurseur du zouave Jacob. Cet homme honnète et de bonne foi guérissait par le simple attouchement les écrouelles, plaies, ulcères, les convulsions, l’hydropisie et beaucoup d’autres maladies. « Par l'application de sa main, dit un témoin, l’évêque Georges Rust, il faisait fuir la douleur et la chassait aux extrémités, L'effet était quelquefois très rapide et j'ai vu quelques personnes guéries Comme par enchantement. Ces guérisons ne m'induisaient pas à
‘Maxwell. De medicina magnetica. Francfort, 1679.