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une névralgie sus-orbitaire. Il accuse des douleurs lancinantes au-dessus de l’orbite gauche et la pression de l’échancrure sus-orbitaire, lieu d’émergence du nerf, réveille la douleur. Cela paraît pathognomonique. Mais je soupçonne un sujet nerveux et suggestible. Pour confirmer mes soupçons je presse au-dessus de l’orbite vers le milieu de la région sus-orbitaire en disant : « Voici un point très douloureux. » Le malade pousse un cri de douleur. Je presse alors à l’échancrure sus-orbitaire au point de l’émergence du nerf, en disant : «Ce point n’est nullement douloureux. » Le malade ne manifeste aucune douleur. Chez le même sujet, je crée facilement le point épigastrique et le point rachidien. Je découvre facilement chez lui d’autres signes de neurasthénie; je conclus qu’il ne s’agit pas ‘d’une névralgie réelle, mais d’une névrose douloureuse.
Beaucoup de malades nous arrivent sous la rubrique de sciatique chez lesquels je suis obligé d’infirmer ce diagnostic. Sans doute, si l’on n’y prend garde, il est facile chez eux de localiser par suggestion inconsciente la douleur sur le trajet du nerf incriminé. Mais si j’examine tout le membre, sans rien dire, sans trahir une idée préconçue, sans appuyer sur la chanterelle, je constate que la douleur est diffuse, et mal précise, qu’elle existe aussi bien sur la région antérieure, par exemple, sur le fascia lata, sur l’os et que je peux ensuite localiser ad libitum des points douloureux. Une affection rhumatismale, une douleur neurasthénique, une coxalgie, peuvent à ceux qui méconnaissent la suggestion en imposer pour une vraie sciatique.
Je dis plus. L'idée préconçue me paraît avoir joué un rôle suggestif dans la description si précise des points douloureux signalés par Valleix pour la sciatique. Voici un malade qui à bien une sciatique non douteuse. La douleur s’irradie de la région fessière à la plante du pied le long de la face postérieure du membre; elle est lancinante, s'accompagne d’engourdissement vers le mollet, de four-