‹ Hypnotisme, suggestion, psychotheŕapie (volume 3)Chapitre 103 sur 271 · DOULEUR DE L’ULCÈRE ROND · texte numérisé non relu

DOULEUR DE L’ULCÈRE ROND

bien que ce ne soit pas absolu. IT déerit aussi le point spinal entre la huitième dorsale et la deuxième lombaire ; la pression épigastrique réveille parfois le point spinal.

La description de Brinton a servi à tous les auteurs classiques qui ont traité de l’ulcère rond; tous ont rendu hommage, en se l’appropriant, à cette description précise qui met si bien en relief cesymptôme capital! Personne cependant n’a relevé le désaccord, quant à la nature de cette douleur, qui existe entre Cruveilhieret Brinton; l’un disant que cette douleur peut être « celle de coups de canifs qui se succèdent », l’autre disant «qu'il est rare, si cela à jamais lieu, que la douleur soit lancinante ou piquante ». Les deux, il est vrai, parlent de sensation de brülure, de douleur qui ronge. Il s’agit en effet d’un ulcère qui ronge. ce qui peut donner l’idée d’une douleur rongeante, au moins, au médecin et par suite, comme nous le verrons, au malade.

Sans doute, il peut y avoir dans l’ulcère rond, comme dans toutes les affections de l’estomac, des sensations douloureuses épigastriques. Mais cette sensation est-elle aussi nette, aussi précise et localisée que l’affirment les auteurs”? Avant de connaître la suggestion, j'avais bien constaté cette douleur, je la trouve notée dans mes observations, mais elle ne m'avait jamais paru assez caractéristique pour servir à elle seule au diagnostic différenciel. L’ulcère rond est une lésion passive, une nécrobiose agrandie par l’action non corrosive, mais digestive du suc gastrique; ce n’est pas une lésion inflammatoire, aucune congestion n'existe autour de l’ulcère; la séreuse de l’estomac est intacte, tant que l’ulcère n’arrive pas jusqu’à elle. Théoriquement l’ulcère ne doit pas être douloureux. Pourquoi d’ailleurs cet ulcère projetterait-il une douleur sur la paroi abdominale, et une autre, sur la colonne vertébrale, alors que l’estomac n’a avec ces deux régions aucune connexion vasculaire ni nerveuse? Soit encore pour l’épigastre dont

la pression peut retentir sur l’ulcère! mais à travers le ra- .

chis, la transmission n’est pas possible. La théorie commode des réflexes explique tout, il est vrai! Et puis, si le fait existe cliniquement, peu importe la théorie; il faut bien l’admettre.

Mais le fait lui-même me paraît douteux. Voici en efiet ce que nous observons toujours. La région xiphoïdienne est la plus sensible de tout l'abdomen. Chez tous les sujets impressionnables la pression même légère de cette région détermine une sensibilité plus ou moins vive. Les malades affectés de gastrite, de gastralgie, d’ulcère rond, sont tous impressionnables; la sensibilité de cette région se transforme très facilement chez eux en douleur; et le fait d'explorer pour la rechercher constitue souvent une suggestion suffisante pour l’exagérer; l'attention du malade appelée sur cette région l’exalte ou la crée de toutes pièces. Vous avez vu avec quelle facilité chez tous les sujets je ne dis pas hystériques, je ne dis même pas neurasthésiques, mais simplement impressionnables, nous créons cette douleur xiphoïdienne, avec tous les caractères que nous voulons, réalisant ainsi sur nos malades l’idée pré-

conçue que nous avons. Il suffit ensuite que je parle devant

le malade du point rachidien vis-à-vis du point xiphoïdien et que J'explore la région rachidienne, sans affectation, pour que, arrivé sur la vertèbre correspondante, le malade réagisse douloureusement. Vous savez avec quelle précision mathématique, pour ainsi dire, nous obtenons ce fait curieux chez tous nos neurasthéniques. C’est même un des procédés dont je me sers d'habitude à la clinique pour reconnaître l’impressionnabilité nerveuse et dépister l’origine auto-suggestive ou neurasthénique des douleurs. Je rappellerai seulement le cas suivant que vous avez encore sous les yeux :

Une femme, âgée de soixante-douze ans, bien conservée, entre ? ‘el ? 5 au service le 22 avril dernier, pour une hyperesthésie douloureuse

MEN ES an de Ya sc sr a Aid ER ñ ‘ "t nd Sy piani c ; e HN CET ER Cote M Tu ie de SR INT FAST EE GONE Et PT TONER 2.0

s TU TION RAR

pui à ire dé ddéré: e

DOULEUR XIPHOIDIENNE SUGGÉRÉE 199

avec crampes dans le membre inférieur gauche; depuis quinze mois elle ne pouvait marcher qu’en s’aidant d’une crosse et d’un bâton. Nous l’avons guérie en quelques jours par suggestion hypnotique ou du moins nous avons rendu la marche possible mo-

. mentanément et calmé ses douleurs. A son entrée, la cuisse et la jambe droites étaient partout douloureuses à la pression. Ces douleurs n’avaient pas ‘de localisation précise; nous pouvions les localiser à volonté sur n'importe quel point. Alors j’eus l’idée de provoquer chez elle, rien qu'en la cherchant, la douleur de l’ulcère rond. En touchant la région xiphoïdienne et lui demandant si elle avait mal, elle y accuse une douleur intense, lancinante, qu'elle compare à des coups de canifs. En vous disant que cette douleur occupe ordinairement une zone de l’étendue d’une pièce de 2 francs, je délimite au crayon dermographique cette zone très nette qui manifeste une douleur aiguë. Dans le point vis-à-vis de la région vertébrale, je crée, rien qu’en la cherchant, une aire douloureuse analogue. En disant ensuite devant vous que cette douleur est habituellement réveillée par la digestion, elle affirme, en effet, que,

un quart d'heure après le repas, elle sent dans ces deux endroits. des élancements douloureux.

Le lendemain, la malade accusait spontanément ces douleurs

qu'elle disait avoir eu le soir, de cinq heures à neuf heures et demie, à l’épigastre et dans le dos, au niveau des zones suggestionnées. Si on presse au niveau du point xiphoïdien, elle contracte - douloureusement ses traits. Cette douleur continue les jours suivants, bien localisée; elle survient spontanément un quart d'heure après chaque repas; — et ce n’est qu’à grand’peine que j'ai pu déraciner cette auto-suggestion douloureuse.

Je pourrais relater nombre de faits analogues. Ils m'ont imposé un doute quant à la valeur réelle de la douleur dite: si caractéristique de l’ulcère rond. Ne suis-je pas autorisé à me demander jusqu’à quel point l'imagination du médecin ou du malade n’est pas pour quelque chose dans la spécification et la localisation si précise de cette douleur rorgeante ou brûlante projetée par l’ulcère sur la peau de l'abdomen et du dos en face de lui?

Cet exemple ne serait pas le seul des erreurs médicales.

entretenues à la faveur d’une suggestion inconsciente. ee

Voici par exemple un sujet chez lequel on a diagnostique

” dés LR 42... à i sd > CN 0 PIS Sd ae 'IBAPErTPT., 1) ts r Le. fun SL de ne ) + ÿ A © Den à CE. ME, Mit: a +. tte PT AEAUE, FF: “<e on L L à D # 4 Fr :

Page 1