‹ Hypnotisme, suggestion, psychotheŕapie (volume 3)Chapitre 130 sur 271 · AA · texte numérisé non relu

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18. — Va tout à fait bien. Sent que les forces reviennent. Peut e faire des efforts sans réveiller de douleur. Sort guéri. “4

En résumé une douleur vive thoracique et abdominale Ê consécutive à un effort, sans lésion, existe depuis quinze jours entretenue par un système nerveux impressionnable. Elle est enlevée en trois jours par suggestion hypnotique sans autre traitement, Nous verrons dans plusieurs observation au contraire des douleurs de ce genre, traitées vigoureusement par des vésicatoires, des pointes de feu, et autres moyens puissants, sans suggestion, s’enraciner pendant des mois, et même des années, parce que le médecin n’a pas su reconnaître et neutraliser la cause psychique qui entretenait le mal. A

OBSERVATION IT, — Jouleurs dorso-lombaires consécutives à des efforts musculaires, guérison presque totale par suggestion.

S... (Célina), domestique, entre à l’hôpital le 16 mai 1889 pour À des douleurs dorso-lombaires. En novembre dernier après avoir soulevé des gerbes et fait de grands efforts, elle ressentit des douleurs assez aiguës dans tout le dos. Après plusieurs jours le cf bras droit devint douloureux; puis les reins. La douleur se localisa de. définitivement et se fixa dans les reins, lancinante, continue, | s’exaspérant par les mouvements, et s’irradiant dans la cuisse Le droite jusqu’au genou, ne suivant pas un trajet déterminé, sans d’ailleurs empêcher la marche.

La malade est impressionnable, et n’a cependant eu aucune maladie nerveuse. Elle accuse depuis plusieurs années une douleur au creux épigastrique; elle digère bien. Sa menstruation est régulière, abondante, durant quatre à cinq jours; elle a souvent de la leucorrhée. Elle a eu, comme maladie antérieure, une fièvre # typhoïde, il y a quatre ans. On constate le 19 mai : constitution bonne; tempérament mixte. Apyrexie. Pas de douleur à la pression de la région lombaire, ni de la cuisse. La malade marche bien. \ La respiration est normale, ainsi que les autres fonctions. La malade n’a ni anesthésie, ni ovarialgie, ni engourdissements, ni fourmillements. Elle n’accuse que le seul phénomène subjectif, élance- | ments douloureux dans les reins se propageant pendant la marche [ à la cuisse droite. Elle dort mal la nuit. |

La malade est facilement hypnotisable au sommeil profond. Des la première séance, la douleur a diminué et le sommeil a été meildeur la nuit. En continuant la suggestion tous les jours pendant une quinzaine, puis de temps en temps, l'amélioration augmente tous des jours; la malade reste encore à l'hôpital, où elle aide les infirmiers à faire le service jusqu’au 10 juillet. 11 ne lui restait plus -qu'une sensation obtuse mal définie aux reins, mais elle n’accusait plus de douleur.

Est-ce bien une névrose traumatique”? Si nous admettons qu’un effort musculaire est un traumatisme, nous pouvons ranger notre cas dans cette catégorie. En tous cas, il s’agit je pense d’une névrose. La douleur n'existe pas à la pression, mais seulement par les mouvements ; elle est d’abord dans tout le dos, puis dans le bras droit, puis elle se fixe dans les reins. Cette propagation de la douleur après l’ef- Sort musculaire, en dehors de tout rhumatisme, de toute lésion, n’est pas en rapport avec une lésion purement locale. Sa persistance pendant plus de six mois sans aucun autre symptôme et sa guérison par suggestion justifient bien l’idée de névrose.

OBSERVATION IV. — Hypéresthésie péri-ombilicale consécutive à une eæcoriation, datantde un an.— Guérison par une seule suggestion.

Emile L..., âgé de neuf ans, entré le 31 octobre 1889, dans mon -s2rvice pour une fièvre typhoïde qui a débuté il y a huit jours. En l’'examinant je constate au niveau de l’ombilic une sensibilité dou” loureuse excessive. Dès que je touche cette région, l'enfant pleure et crie. Cette douleur est continue, dans une zone d’environ 5 centimètres autour de l’ombilic; elle existe depuis un an. A son entrée, au moment où mon chef de clinique l’examinait, la mère l'a prévenu pour qu'il ne touche pas cette région, où l’enfant ne “supporte pas le moindre attouchement. L'apparition de cette dou- Jeur il y à un an à eu pour cause une légère excoriation de l’ombilic

-qui existe encore recouverte d’une toute petite croûte. L'enfant est

d’ailleurs bien consiitué et n’a jamais été malade.

J'hypnotise aussitôt l'enfant; je le mets instantanément en ‘sommeil profond et je lui suggère la disparition de sa douleur; je Jui montre en touchant la région qu’elle n'existe plus; et peu à

peu, je presse plus profondément, quand je vois bien que l'enfant ne réagit pas, que la suggestion prend bien; et je lui démontre ainsi par pression profonde que la douleur est déracinée, ce que j affirme pendant que j’exerce la pression. Au réveil, l'enfant ne sent plus rien, n’a plus peur quand j'approche la main avec précaution pour ne pas réveiller cette peur; et j'arrive à comprimer lombilic sans douleur.

Une seconde suggestion hypnotique fait de même disparaitre une légère céphalalgie frontale et une sensibilité exagérée des muscles du cou, existant depuis huit jours, due à la fièvre continue.

La guérison se maintient. Les jours suivants l'enfant montre lui-même en triomphant et en riant qu'il n’a plus mal.

La fièvre typhoïde continue son cours, bénigne, abortive {ce qui n’est pas dû à la suggestion); elle se termine le 6 novembre.

Ainsi une petite excoriation de l’ombilic produit une douleur ; l’impressionnabilité nerveuse de l'enfant grossit cette douleur : la peur d’un attouchement l'entretient; il en résulte une zone d’hyperesthésie de nature purement psychique. La suggestion la guérit. Elle durait depuis un an. Combien de temps eùt-elle duré sans traitement suggestif ?

OBsEeRv. V. — Traumatisme sur la région épigastrique, il y a deux ans. Dilatution d'estomac consécutive : sensations douloureuses ; état hypocondriaque. Tuberculose pulmonaire secondaire. Amélioration par la suggestion.

Pierre S..., âgé de trente-sept ans, journalier, entre à l'hôpital le 19 mai 1890. Il y a deux ans, il a été saisi à la ceinture par une courroie qui l’entraina à 6 mètres de haut. On coupa la courroie pour le dégager et on le transporta sans connaissance à l'hôpital Saint-Nicolas. Au bout de trois quarts d'heure, il revint à lui, mais avait une sensation douloureuse à l’épigastre qui a persisté depuis. C’est une gêne continue dans cette région qui lui coupe la respiration surtout quand il s’abaisse et veut lever une charge. Depuis ce moment 1l sentirait aussi comme un clapotement stomacal. Quand il mange, sensation de gêne épigastrique, par moment des régurgitations aqueuses, sans pyrosis. D'ailleurs pas de crampes d'estomac, pas de nausée après le repas. Quelquefois seulement, deux ou trois fois par semaine, environ, il a après les repas une sensation de constriction qui dure une heure. Le malade n’a pu

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