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travailler depuis deux ans; marié, père de trois enfants, sa femme est obligée de l’entretenir, car au moindre effort pour soulever une charge, la douleur vive existe à l’estomac. Il est tombé dans un état de dépression morale très grande.
Depuis quinze jours il tousse; la toux est quinteuse; il a de l’expectoration séro-spumeuse visqueuse ; il a maigri notablement; 1l sue abondamment la nuit, cinq ou six chemises chaque nuit.
Marié depuis onze ans, il à une femme bien portante; il a luimême été toujours bien portant avant son accident; il a fait deux ans de service militaire.
Etat actuel (20 mai). — Constitution moyenne débilitée. Amaigrissement notable depuis l'accident. Tempéramment lymphaticonerveux. La température était de 37° 4 le 19 au soir, de 37° 6 le 20 au matin, le pouls à 88 ample, régulier; le thorax est bien conformé, la respiration costo-abdominale Sonorité thoracique normale; à l’auscultation, respiration vésiculaire, sauf dans la fosse sus-épineuse gauche où la respiration est très rude avec retentissement de la voix; elle est un peu soufflée à droite. A l’examen de l’abdomen on constate une sensibilité à la pression depuis l’appendice xiphoïde jusqu’à deux travers de doigts au-dessus de l’ombilic dans un espace transversal de quatre travers de doigts. Sonorité stomacale et clapotement jusqu’à l’ombilic (dilatation d'estomac). Le foie ne déborde pas. Les autres fonctions sont normales. Le malade n’accuse que ces sensations épigastriques; le clapotement l’obsède; quand il marche, dit-il, cela va mieux; il lui semble que l’eau descend et que le poids disparaît. Cette sensation permanente semble dégénérer en vraie hypocondrie; son facies est triste, préoccupé, concentré.
Avant son accident, il n’avait jamais souffert. Diagnostic : Névrose traumatique épigastrique. Dilatation de l'estomac. Tuberculose pulmonaire récente. Prescription. Phénacétine, 1 gramme. Potion avec 5 centigrammes d'extrait thébaïque pour arrêter la fièvre et combattre la toux. J'essaie la suggestion hpynotique qui est difficile; car aussitôt les yeux fermés, survient une petite toux quinteuse incessante quicontinue tant qu’on observe le malade. J’affirme nonobstant que cette toux ne signifie rien, que la douleur épigastrique disparait, etc.
La phénancétine est supprimée le 23, l'extrait thébaïque le 21, la température est redevenue normale depuis ce jour; la suggestion est continuée tous les jours; la petite toux nerveuse se reproduit encore pendant laseconde et la troisième séance ; puis elle disparait à peu près, et le sommeil provoqué devient plus profond.— Le 22 mai
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le malade dit manger mieux, sans douleur; la nourriture passe bien; le pain sec, dit-il, s'arrête encore un peu. La sueur diminue aussi. Dans la nuit du 22, il ne sue qu'une chemise. Les régurgitations aqueuses disparaissent à partir du 20.
Bien que le malade mange bien et dorme bien, cependant la sensation de clapotement d’eau dans lestomac l’obsède toujours; sa pensée ne peut pass’en détacher. Je lui fais un lavage d'estomac ; il contient le café au lait pris le matin. Malgré ce lavage il se plaint toujours. |
Dans la nuit du 26 au 27, il dit avoir grelotté toute la nuit; ce matin il va mieux; la température est normale; mais le 27 au soir elle est à 38, 5 et le 28 au matin à 38, 2. Ilse plaint toujours de sa douleur à l’épigastre. Il ne tousse plus d’ailleurs ou presque plus et dort bien. Je continue la suggestion.
Le 29, la température est redevenue normale; le malade se trouve mieux, l'estomac est moins sensible; il a eu quelques filets de sang dans son expectoration; le soir la température est à 37, 6. — Suggestion (3° degré). Le 30, la température 37; le malade se trouve bien, et fait moins attention à son estomac. — Soir température 07, D. |
Le 31, température 37; le malade ne tousse plus, n’a plus de sueurs nocturnes; reste encore de la respiration rude et légèrement soufflée dans les sommets. L’estomac va micux; les digestions sont bonnes. Il dit que cela « hoche » encore un peu dans son estomac, mais moins et cela ne le préoccupe plus autant. Il a essayé hier de soulever une charge en se penchant le corps en avant et se redressant, il a encore eu une légère sensation épigastrique; mais ce n’est plus la douleur vive qu'il avait; et il croit pouvoir reprendre son travail, pour nourrir ses enfants, ce à quoi il n’avait pas songé depuis deux ans. Il demande sa sortie.
En résumé, un homme bien portant, jusque-là, est pris, à la suite d’un traumatisme à l’épigastre qui n’a pas laissé de trace, d’une sensation douloureuse, permanente, obsédante. La digestion n’est que peu troublée. Cet homme ne peut pas travailler à cause de cette douleur. La nutrition s’altère profondément ; le moral se déprime et, finalement, cette misère physiologique et psychologique crée un terrain favorable sur lequel éclôt une tuberculose.
Les sensations épigastriques ne sont pas purement sub-