‹ Hypnotisme, suggestion, psychotheŕapie (volume 3)Chapitre 137 sur 271 · CONTRACTURE HYSTÉRO-TRAUMATIQUE · texte numérisé non relu

CONTRACTURE HYSTÉRO-TRAUMATIQUE

lectrisation, les moyens les plus variés. Rien n’y fit. Dans ces derniers temps, j'ai procédé par voie de douceur; je l’ai hypnotisée de nouveau, elle s’y prêtait bien et entrait en sommeil profond sans simulation. Elle est désolée de sa situation, elle voudrait certainement guérir et s’irrite quand on l’accuse d'y mettre de la mauvaise volonté. Au mois de mars de cette année (1886), après que jel’eus plusieurs fois hypnotisée, en cherchant à fui inculquer l’idée qu’elle guérirait bientôt, elle à paru accepter cette idée; elle a même fixé dans son sommeil le jour précis ou elle urinerait spontanément, dans quinze jours, un mercredi. La prédiction ne s’est pas réalisée : la rétention d'urine à persisté. |

Il s’agit là certainemeat d’une contracture et d’une paralysie psychiques. L'idée enracinée, l’auto-suggestion inconsciente est telle que rien encore n’a pu la déraciner. Au débutdu traitement, la maladé paraît s’être affirmé que l’hypnotisme ne la guérirait pas. Est-ce cette idée fortement ancrée dans son cerveau qui paralyse nos efforts et son propre désir de guérir ?

Les symptômes persistèrent à peu près les mêmes : rétention d'urine et contracture du membre inférieur droit. On dut sonder la malade deux ou trois fois par jour; en vain on voulut l’obliger à se sonder elle-même avec une sonde en verre, elle déclara ne pas pouvoir le faire.

En mai 1887, je laisse à la malade une sonde et je lui dis d'essayer de s’en servir. Je défends qu’on appelle l’interne de garde. Puis je ne lui dis plus rien; mais j'apprends qu’elle arrive à se sonder elle-même, et cinq ou six mois après j'apprends qu'elle ne se sonde plus, qu’elle urine seule. Quant à la contracture du membre inférieur droit, elle persiste en dépit de tout; le membre continue à s atrophier et garde l’attitude du pied bot équin. L'appareil est renouvelé de temps en temps.

Un beau jour, vers janvier 1888, je trouve l’autre jambe (gauche) contracturée en extension; et cette contracture, sans grande douleur, devient aussi permanente.

Devant l’insuccès de tous les traitements, pensant que l'affection céderait peut-être au temps ou à l'indifférence, je cessai de m'occuper de la malade, la traitant pour ainsi dire, par le mépris. Je passais devant son lit, sans m'y arrrêter, sans vouloir l’examiner, haussant les épaules quand elle faisait mine de me demander quelque chose.

La malade devint acariâtre, indocile, se croyant tout permis. La contracture double persistait plus marquée à droite qu'à gauche.

Vers juin 1888,la malade de plus en plus indocile eut une discussion violente avec la sœur: j'ordonnai qu’on l’envoyât dans la salle des incurables. Elle entra dans une violente colère, alla spontanément au service de chirurgie prier l’interne de lui enlever son appareil,et, à moninsu, quitta l'hôpital, se traina avec ses membres contracturés chez sa sœur qui refusa de l’accepter. Elle voulut rentrer à l'hôpital; je ne la reçus pas. Elle continua dès lors à rouler en ville; mes élèves la rencontrèrent quelques jours après, marchant bien et sans contracture. Quelques mois plus tard, elle revint au service pour une grossesse; nous l'avons conservée deux mois jusqu’à la veille de son accouchement, La contracture avait complètement disparu. Il ne restait qu’une atrophie musculaire notable du membre inférieur droit et de l’'équinisme, sans raideur, ni douleur. Depuis la malade a accouché et je l’ai rencontrée encore en ville en juillet 4890 marchant très bien sans la moindre claudication.

La première partie de cette observation est relatée dans mon livre de la suggestion. Une contracture douloureuse de la jambe consécutive à une entorse et à l’application d’un appareil inamovible persiste, s'accompagne au bout de trois mois de rétention d'urine. La suggestion resta impuissante, soit que le malade ne l’accepta pas par esprit de contradiction, soit que l’auto-suggestion douloureuse et spasmodique fut plus forte que la suggestion. Les opérations, la chloroformisation, les menaces, l’électrisation, rien ne sert. Cependant après plus de vingt-huit mois, la rétention d'urine finit par céder, quand on abandonne la malade à elle-même, avec une sonde.

Après plus de trois ans, l’autre jambe se contracture spontanément, Je ne m'occupe plus de la malade pendant plusieurs mois, dans l'espoir que cette sorte de suggestion par l’indifiérence réussirait pour la contracture comme elle avait réussi pour la rétention d’urine. Rien n’y fit, L’auto-suggestion persistait. Il fallut plus que l’indifférence et le mépris pour la neutraliser. Il à fallu la mettre à la porte de l'hôpital. Comment cette expulsion a-t-elle agi sur le centre psychique qui réalisait la contracture ? Est-ce la

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