Même état. N'a pas dormi la nuit. Continuation de la
suggestion tous les jours.
14. — A passé une bonne nuit. L’hyperesthésie existe encore. x 16. — L'hyperesthésie a disparu hier, après la suggestion. La
malade à pu un peu marcher. Le sommeil de la nuit est toujours entrecoupé. L'amélioration continue les jours suivants à la suite à
de chaque suggestion. e 21. — La malade va bien, marche bien, dort bien. N’a plus au-
cune douleur. Ne se plaint plus que des sueurs nocturnes qu'elle È
avait déjà avant sa chnte. % 3 mai. — La guérison se maintient.
La malade dont il s’agit était une nervo-arthritique ayant 4 une lésion mitrale d'origine rhumatismale, ayant eu, d'autre part, à la suite de frayeur, une crise d’hystérie. Cinq heures seulement après la chute, les douleurs se
manifestèrent dans les membres, avec la parésie. En quelques séances, la suggestion rétablit le mouvement, en supprimant la douleur.
La névrose traumatique peut réaliser une contracture persistante : comme dans les faits suivants :
OBSERVATION X. — Contracture douloureuse du membre inférieur droit
suite d’entorse. — Insuccès de la suggestion. — Trois mois plus tard rétention d'urine qui persiste plus de deux ans. — Contracture du membre inférieur gauche la quatrième année. — Guérison
à la suite d'émotions morales après quatre ans et septmois de durée.
Jeune fille de vingt six ans, entre, vers lemois denovembre 1884, à la clinique chirurgicale pour une entorse tibio-tarsienne droite, M. le professeur Weis lui appliqua un appareil inamovible. Au bout de quelques semaines, ayant enlevé l’appareil, il constata que le pied était désenflé, mais tout le membre était rigide et douloureux. Il me pria de la voir ; il y avait contracture et hyperesthésie excessive au moindre toucher. Nous diagnostiquâmes : contracture hystérique développée par le traumatisme. Elle ne présentait d’ailleurs et n'avait jamais présenté aucune autre manifestation hystérique, ni anesthésie, ni ovarialgie, ni crises. J'essayai de l'hypnotiser; elle s’y prêta de mauvaise grâce, disant que cela ne servirait à rien; j'arrivai cependant à l'endormir deux ou trois fois en sommeil assez profond. Mais la contracture douloureuse persistait; la malade semblait mettre une certaine malice à démontrer devant les malades du service que cela ne servirait à rien, qu’elle avait toujours mal. Puis après quelques séances je ne pus plus l'hypnotiser. On lui remit un appareil. Trois mois plus tard, sans aucune cause, comme pour affirmer le diagnostic, elle eut une rétention d'urine, et, depuis ce moment la rétention persiste avec la contracture : il faut la sonder régulièrement trois fois par jour. J'essayai de l’hypnotiser de nouveau; pour échapper à mes obsessions, elle simula le sommeil.
Cependant la contracture persistant amena une rétraction du tendon d’Achille et un pied bot équin; à plusiegrs reprises il fallut la chloroformer pour redresser le pied et finalement sectionner le tendon d’Achille. La contracture du genou finit par céder spontament : celle de la jambe et du pied persiste et un appareil inamovible maintient constamment son pied fléchi.
Contre la rétention d'urine j’essayai en vain l'intimidation, l’é-