CONTRACTURE NERVEUSE TRAUMATIQUE
car la malade ne voulait pas revenir, disant que je n'avais pu rien faire, que j'avais dit qu’elle n’avait plus mal et que cependant elle avait toujours mal. Je l’hypnotisai une seconde fois ; et cette fois le sommeil fut plus profond, la malade n'eut au réveil qu’un souvenir incomplet de ce qui s'était passé. Je neutralisai de nouveau la raideur et la douleur par suggetion. L'effet fut plus persistant
au réveil et la malade eut quelque confiance. Cependant la raideur
ne disparut pas complètement; la malade pouvait et put encore le lendemain spontanément fléchir et étendre ses doigts, fléchir et étendre lentement le coude.
Le surlendemain troisième séance. Je conduisis cette fois-ci la malade dans les salles de l'hôpital et la fis assister à l’hypnotisation de plusieurs autres personnes : je lui montrai en particulier une femme qui avait aussi une paralysie douloureuse d’un bras, guérie par suggestion. — Quand son esprit fut bien impressionné par ce qu’elle avait vu, je l’hypnotisai et pour cette fois elle tomba en sommeil profond avec annésie complète au réveil. La résolution fut complète : il n’y eut plus de tendance au retour de Ja contracture : là malade hésitant encore à fléchir et à étendre le poignet et faisant tousles mouvements de la main avec les doigts seuls, je lui affirmai à l’état de veille qu’elle pouvait remuer le poignet comme avant : ce qu’elle fit en effet sans difficulté. Le lendemain elle revint, radieuse, montrer que la guérison était totale et s'était maintenue. Il ne restait plus qu’un certain degré d’atrophie musculaire consécutive à l’inertie prolongée.
La guérison ne s’est pas démentie.
Voilà donc une contracture douloureuse d’un membre datant de plus de huit mois, ayant résisté à toutes les médications, guérie en trois jours par simple suggestion. Déjà l'intensité insolite de la douleur accompagnant une fluxion buccale, la durée de cette douleur pendant cinq ou six semaines, l’insomnie complète indiquaient un état névropathique, greffé sur une affection légère. l’action de coudre appela la diathèse nerveuse éclose par l'affection faciale, sur le bras droit sous forme de contracture douloureuse.
Bien qu’il s'agisse d’une affection chirurgicale qui a donné lieu à la contracture, nous avons cru cependant pouvoir ranger ce cas dans le cadre des névroses traumatiques.
OBsEeRvATION XII. — Hyperesthésie du membre inférieur droit avec contracture musclaire, suite de chute. — Guérison de l’hypéresthésie par suggestion, de la déviation due à lu contracture musculaire par chloroformisation et apparril pldtré. (Observation recueillie par par M. le professeur agrégé Vautrin.) |
E... François, dix-huit ans. — Père très nerveux, non alcoolique ; ses grands parents paternels également nerveux. — Mère
bien portante. Antécédents personnels : pas de maladies anté-
rieures. Le malade est d’un tempérament lymphatique, a toujours été très impressionnable, et pouvait à peine modérer son émotion. Cependant il n’aurait jamais eu d'accidents nerveux. Il se souvient qu’un jour, dans son enfance, s'étant frappé le dos de la main droite contre les barreaux d’un escalier, sa main resta raide pendant un mois.
Quinze jours avant son entrée à l'hôpital, étant dans la cour du petit séminaire de Pont-à-Mousson, où il était élève, en train de jouer avec ses camarades, il trébucha contre une pierre et tomba sur le genou droit. Il ressentit une vive douleur sur-le-champ. Mais ce ne fut que deux jours après que, pendant la promenade, il remarqua qu'il trainait la jambe, que cette jambe était plus faible, et qu’en même temps ilavait des douleurs dansle genou et la hanche; il se mit alors à s'appuyer sur l'épaule d’un de ses camarades. La faiblesse du membre augmenta et cinq jours après l’accident, E... entra à l'hôpital de l’établissement, où on lui mit un vésicatoire sur le genou. Le mal ne fait qu’empirer, et la cuisse et la jambe se contracturèrent. C’est en cet état que, ne pouvant marcher, on l’apporta dans le service de chirurgie de M. le .professeur Gross. à
Etat au 28 mai1888. — Ce jeune homme accuse surtout de vives douleurs dans le genou droit avec lancées dans la cuisse et la jambe. Ù
Au lit, le membre repose sur sa face externe, dans la flexion de la cuisse sur le bassin et de la jambe sur la cuisse. Le plus léger attouchement détermine de la douleur et des soubresauts impossibles à localiser. E... crie dès qu'on l’approche. L'hyperesthésie est très prononcée, au point que la couverture du lit même cause des douleurs. On ne constate cependant aucun gonflement de l’articulation, ni des os, pas de fièvre, l'appétit est conservé. Il n’y a donc pas d’ostéomyélite. D'ailleurs, la jambe et la cuisse participent à l’affection.
Si on fait lever le malade, on constate qu’il quitte le lit avec les
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