‹ Hypnotisme, suggestion, psychotheŕapie (volume 3)Chapitre 151 sur 271 · TT · texte numérisé non relu

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25, — Douleurs localisées dans le côté gauche; le 26, douleurs depuis 9 heures du soir jusqu’au matin, généralisées.

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Le 27 au matin, après suggestion énergique, ces douleurs ont disparu. La malade dort toute la nuit. Le 28 elle ne souffre plus du tout. Pas de suggestion ce jour.

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29. — A partir dé midi hier, s’est plainte de douleur abdominale. À eu une crise de 7 heures à 8 heures et demie. N'a pas dormi la nuit. Ce matin douleur à la pression dans le ventre, dans les

membres, hyperesthésie générale. — Suggestion. 30. — A la suite de la suggestion elle a été bien toute la journée.

A bien dormi. Ce matin, elle a mal par moments.

31. — A été bien hier. Dans la soirée, étant à la musique, elle s'est trouvée énervée et a dû rentrer. Elle s’est réveillée souvent la nuit. Ce matin la malade ne peut rester en place : sensibilité générale à la pression. — Va bien à la suite d'une nouvelle sug-

gestion.

9 août. — A été bien jusque hier. Ayant êté entendre l'orgue à

l'église, elle se plaint depuis lors; mais elle a bien mangé dansla

journée et n’a plus eu de crises. — Suggestion.

3. — Va bien, a dormi la nuit, s’est éveillée une seule fois, n’accuse que par moments une douleur dans le genou droit.

5. — À été bien depuis. Hier étant de nouveau à la musique, elle a dû se sauver, un peu énervée, mais pas autant que la première fois.

7.— Allait bien jusque hier. Le soir elle a eu une crampe dans le pied droit enextension et de la main gauche en flexion, pendant cinq minutes. S'est réveillée à 4 heures du matin avec une sensation douloureuse allant du creux épigastrique jusqu'au milieu du

sternum.

Le traitement est interrompu, à cause des vacances, et la malade

quitte l'hôpital.

En résumé, la suggestion a supprimé instantanément l’obnubilation visuelle droite et augmenté l’acuité auditive de ce côté. La douleur, enlevée chaque fois, n’a pas été supprimée définitivement en dix-sept jours de traitement, Une suggestion prolongée eüt-elle déraciné toutes les

manifestations ?

Orservarion XX. — Hystérie convulsive depuis deux ans. — In- 4 fluence de la suggestion sur l'évolution des crises, leur production et

leur inhibition.

Marie-Emilie F..., âgée de dix-huit ans, entre à l'hôpital le {0 juin 1890 pour une hystérie datant de deux ans. Rentrant chez elle un dimanche, elle rencontra devant la maison cinq hommes

qui se battaient. Elle fut effrayée et sentit une douleur dans les deux bras et au creux épigastrique. Cette douleur persista sans crises ; elle dut rester alitée pendant deux mois, avec un malaise nerveux dont elle ne peut donner aucun détail, si ce n’est qu'elle dormait beaucoup et ne mangeait pas. Au bout de ce temps, elle commença à se lever, mais ne put reprendre son travail, elle était ouvrière en chaussures, se sentant trop faible. Trois mois apres ce début, environ, elle aurait eu, si ses souvenirs sont précis, la première crise d'hystérie, à la suite d’une dispute avec sa sœur. Cette

crise débuta par des sensations d'angoisse et de constriction qu'elle ne put dominer, puis elle tomba à la renverse et resta deux heures sans connaissance. Au bout de deux à trois mois, seconde crise moins longue, mais plus intense que la première. Dans l'intervalle: douleur épigastrique continue.

Huit mois après le début, elle put reprendre son travail, mais. dut bientôt le quitter, car elle eut trois crises dans l'atelier. Puis celles-ci devinrent fréquentes, surtout au moment des époques, irrégulières, sans qu’elle puisse préciser leur fréquence. Obligée: de quitter l'atelier, elle vendit des laines sur la place du marché. mais depuis six mois elle ne travaille plus et garde la maison. La semaine dernière elle se rappelle deux grandes crises. Elle s’est présentée à la consultation le 9 juin et y eut deux crises. Depuis. son entrée à l’hôpital le 9 jusqu'à ce matin (10 juin), elle en a eu deux d’un quart d'heure chaque, avec grands mouvements et perte de connaissance.

Le 10 juin au matin je la trouvai en pleine crise, la tête ren versée en arrière, en pleurosthotonos avec grands mouvements et contorsions ; cela durait depuis un quart d'heure quand je l'arrétai en quelques secondes par Suggestion. Elle ne se souvenait de rien. Alors je pus l’interroger et obtenir d’elle les renseignements qui précèdent, renseignements incomplets, car la malade n’a pas souvenir de la plupart de ses crises. C’est une jeune fille bien constituée, sans maladies antérieures, d'intelligence moyenne, assez docile de caractère. L'examen des organes ne démontre rien d’anormal. Elle n’a pas d’anesthésie, ni d'ovarialgie, mais une douleur vive, spontanée et à la pression à la région épigastrique, et une autre dans le tiers supérieur du sternum ; l’attouchement de ces régions détermine une contraction douloureuse des traits dela face. Celle-ci est toujours anxieuse, mobile ; les muscles frontaux se contractent souvent, dénotant des impressions pénibles ou douloureuses qu’elle rapporte surtout à l'estomac. Cependant les di gestions sont bonnes, la malade a bien mangé hier.

Pendant que je l’examinai le 40 juin, la malade, très impressionnable a une nouvelle crise qui débute toujours par des contorsions et des grands mouvements avec occlusion des yeux et arc de cercle sur le côté gauche. Pendant la crise, j'affirme qu'il y a un point sur la région frontale dont la compression arrête la crise. Je presse ce point arbitraire et la crise en effet s'arrête instantanément ; la malade ouvre les yeux sans souvenir de rien. J'affirme alors que la compression d’un point en face sur l’occiput réveille la crise. Je comprime cette région, aussitôt survient une angoisse douloureuse, une constriction épigastrique et laryngée,; les yeux se ferment ; le corps se renverse en arrière, puis sur le côté gauche, avec de grands mouvements cloniques. Après trois minutes de convulsions, je dis que la malade va entrer dans une nouvelle phase, qu'elle voit des hommes qui se battent, un incendie qui éclate autour d'elle. Bientôt en effet, la face exprime la terreur, elle se cache sous les draps, jette des cris. Alors je dis quelle va avoir des hallucinations gaies ; elle va voir des hommes qui dansent et des diablotins qui la chatouillent au cou et qui la font rire. En effet, sa face change d'expression et est agitée par les grimaces d’un rire provoqué. Gela fait, je provoque par suggestion une nouvelle phase avec contracture et grands mouvements, au milieu de laquelle, après deux minutes de contorsions j'arrête brusquement la crise par l’attouchement du point frontal.

Au réveil la malade se souvient de ses hallucinations. Je l'en-

dors ensuite, en sommeil profond avec amnésie au réveil et je lui

suggère de ne plus avoir de crise.

11 juin. — La journée et la nuit ont été bonnes, sans nouvelle crise. Ce matin la malade est assez bien, mais porte sa main à l’épigastre qui est douloureux. Elle répond bien aux questions; Yintelligence est nette, surtout quand on fixe son attention et qu'on la détache de ses sensations. Abandonnée à elle-même, elle a de la tendance à s’assoupir.

12, — AÀ été bien hier. La pression du point ‘occipital produit une respiration haletante ; la face se renverse en arrière, les yeux se convulsent ; de grands mouvements irréguliers surviennent, elle se jette de côté et d'autre, la contracture alterne avec ces mouvements ; les pras se crispent. Je cesse la pression du point occipital. La raideur du corps et des bras disparait après une demi-minute et fait place à une résolution complète avec persistance de la contracture en extension des membres inférieurs, et apparence de

<ommeil. Je touche le point frontal; la malade se réveille: —

Suggestion de guérison.

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43. — La malade a eu hier une crise pendant dix minutes. Je produis toujours les mêmes phénomènes par attouchement du point hystérogène suggéré, je provoque une phase de grandes convulsions, une phase d’hallucinations tristes, puis gaies, une nouvelle phase de grandes convulsions et le réveil par attouchement du point frontal. — Suggestion et sommeil provoqué de une heure.

16. — La malade n’a plus eu de crises, mange bien, digère bien; la douleur épigastrique existe toujours, mais atténuée. La respiration est toujours haletante, à 70 mouvements par minute et ne peut être ralentie immédiatement par suggestion.

47. — Va bien ; n’a plus de crises. Respiration moins haletante,

La malade continue à bien aller ; n’a plus de nouvelles crises. Le 19, elle accuse de la douleur à la région de l’hypocondre droit: elle est enlevée par suggestion, mais il faut éviter d'explorer la région abdominale en général avec trop d'insistance pour ne pas la réveiller. La respiration, moins haletante, est encore accélérée, à 44.

La malade va bien jusqu’au 25 juin; ce jour, à cinq heures du soir, elle a une crise spontanée qui est arrêtée par suggestion.

Le 27 juin, elle accuse des douleurs dans le cou depuis plusieurs jours. — Elles disparaissent par suggestion hypnotique.

Elle va bien, sans crises, les jours suivants. Le 2 juillet, elle accuse une difficulté pour avaler les aliments, même la salive. La pression sur le cartilage thyroïde détermine une vive douleur qui est enlevée par le sommeil provoqué. A l'examen de la gorge, le pharynx est un peu rouge.

Le 3. — Accuse une sensibilité douloureuse à l’occiput, qui est enlevée facilement.

La malade continue à bien aller. Elle est en voie de guérison. Mais l’impressionnabilité nerveuse n’a pas encore suffisamment disparu pour qu'on puisse l’abandonner déjà à elle-même. Il est certain qu’en continuant la suggestion, on arriverait à la guérison complète. Mais dans la journée du 5, la malade, avec deux autres de la salle, a une altercation avec la sœur, qui leur défendait d'aller au jardin potager, et les trois malades, se suggestionnant réciproquement, quittent l'hôpital.

Cette observation montre le rôle que la suggestion cons-

ciente ou inconsciente peut jouer dans le phénoménologie de l’hystérie et aussi son influence thérapeutique.

OgservarTion XXI. — Hystérie convulsive ancienne — Suppression des crises par suggestion et intimidation.

D. (Constance) âgée devingtetun ans, habitant Bruyères (Vosges) avec ses parents, m'est adressée le 7 juillet 1890, à l'hôpital, par le D' Marlier, pour une hystérie opiniâtre datant de cinq ans et demi. Elle rencontra, dit-elle, à la tombée de la nuit, un homme dans un chemin, prit peur, poussa un cri et se sauva. Les jours suivants, elle n’eut que des battements de cœur sans autre symptomes. Au bout de quatre jours, le souvenir de l'homme se présente à son esprit, et elle eut une crise ou une série de crises avec convulsions, pendant trois jours; elle ne se rappelle pas ce qui s’est passé pendant ce temps.

La seconde crise, dit-elle, eut lieu au bout d’un mois et dura une heure : huit jours après, vint la troisième crise. Depuis, elle a des crises variables d'intensité et revenant à des intervalles variables. La seconde année, elle resta trois mois sans en avoir. Elle ne peut, d’ailleurs, donner de renseignements précis sur ce qu’elle a présenté pendant ces années. Tout ce qu’elle peut dire, c’est que, depuis quinze jours, les crises reviennent presque tous les jours. Elles débutent par une sensation de chatouillement à la partie supérieure du sternum, et une forte douleur au synciput. Au bout de une à deux minutes, elle tombe, se débat ou reste dans le sommeil ; ces crises durent plus ou moins, de un quart d'heure à une heure.

Comme antécédents, elle accuse, vers l’âge de dix-neuf ans, «es coliques fréquentes sans diarrhée. Elle est réglée assez réguliérement pendant trois jours chaque fois; les crises sont plus fréquentes au moment des époques. Nous ne pouvons savoir s’il y a des antécédents nerveux héréditaires.

Assez bien constituée, lymphatico-nerveuse, elle ne présente aucune altération organique.

Le jour de son arrivée, à onze heures du matin, la malade s’endort, sans secousses ; pendant ce sommeil, elle se raidit trois ou quatre fois pendant quelques secondes ; les yeux entr'ouverts, la ‘ace sans expression, pâle, la respiration faible, le pouls petit. La sœur effrayée m'appelle. Je reconnais une crise de sommeil hystérique avec contracture durant depuis trois quarts d’heure. Je la réveille rapidement par affirmation suggestive. Elle n’a aucun souvenir au réveil. Toute la journée, elle a des frissons, mais pas de crises. La nuit, elle a mal aux dents et ne peut dormir.

Le lendemain 8, elle présente une forte fluxion buccale avec

commencement d’abcès sur la joue droite ; elle a des dents cariées et une douleur vive au niveau de la première molaire gauche. |

La sensibilité tactile est partout intacte; celle à la douleur est partout obtuse. Pas d’ovarialgie, pas. de douleurs à la pression du ventre. On peut d’ailleurs, par affirmation suggestive, provoquer partout, à volonté, une douleur vive.

En pressant sur la partie supérieure du sternum, je détermine, par suggestion, une crise. Les yeux se convulsent en haut, les paupières se ferment d’abord ; puis le corps reste immobile, les yeux sont de nouveau entr'ouverts ; l'expression faciale est inerte; les membres supérieurs sont contracturés, le bras gauche en flexion, le droit en demi-flexion ; les jambes sont contracturées. Il y a de la catalepsie. Quand on met la jambe gauche en l'air, elle y reste. La malade ne répond pas aux questions. Je cherche à abaisser la jambe gauche sans y arriver, elle est en catalepsie rigide,

Je touche alors le sternum en affirmant que la malade va avoir des convulsions. Bientôt en effet, elle plie les jambes, lève les bras, les abaisse, tord le tronc. Je dis : « Ces mouvements s’arrétent.» La malade reste rigide au travers du lit en opisthotonos.

Je détermine ensuite une phase hallucinatoire pénible; eun chien la mord, etc. » Bientôt elle se raidit en opisthotonos, crie, agite son bras droit, fait des efforts pour chasser un chien imaginaire.

Je suggère ensuite une phase d’hallucinations gaies: « vue de petits anges, prière, etc. » La malade s’assoit, le regard en lair, les mains jointes, en extase ; elle prie: « Je vous salue, Marie, pleine de grâces, etc. »

Je dis qu'il va de nouveau se produire une crise avec secousses. Les yeux se convulsent en haut, le corps se cambre en arrière, en opisthotonos, la tête en bas du lit; aussitôt que je parle de secousses ou de mouvements, des secousses se produisent dans tous les membres, mais ne se continuent pas ; elle revient en état rigide, avec tendance naturelle pour cet état. |

Pendant cette crise d’opisthotonos, la malade est réveillée en un quart de minutes par affirmation suggestive en touchant le front. Au réveil, elle répond immédiatement à toutes les questions et ne se souvient de rien.

Je provoque alors le sommeil calme et profond.

9 juillet. — À été bien dans l'après-midi, sans crises. Ce matin, elle est tombée spontanément en catalepsie rigide ; elle semble se

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