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complaire dans cet état d’où je ne ‘la réveille que difficilement; elle cherche à y revenir instinctivement.
10. — A son époque depuis hier soir. Accuse une constriction épigastrique. La respiration est haletante, 64 par minute — Suggestion.
La fluxion buccale est guérie.
41. — Pas de crise hier. On a voulu la faire lever et marcher,
comme je l’avais prescrit. Mais elle s’est recouchée tout de suite. dans un état de somnolence avec révasserie qu’elle recherche volontiers, en dehors de ses crises. Elle mange assez bien, mais présente encore cet état d’atonie physique et morale.— Suggestion.
12. — Même état. Hier soir, à 5 heures et demie, crise convulsive spontanée, avec grands mouvements, qui à duré pendant vingt minutes et s’est dissipée spontanément. Pendant la nuit, au dire des voisines, elle aurait eu une crise.
Ce matin, pendant la visite, elle riait; mais aussitôt qu’elle m'entendit de loin parler d’elle, elle tomba en catalepsie rigide. Je la réveille facilement en lui tapant sur la joue. Mais sitôt qu'elle est livrée à elle-même, sa face reprend un air rêveur, extatique, béat ; et le corps s’immobilise de nouveau en catalepsie rigide. Jai beau la suggestionner, affirmer qu'elle va se réveiller, marcher, elle reste dans cet état où elle se complait. On dirait que, familière avec la suggestion, elle s'habitue à résister, dominée par ses sensations préférées d’auto-suggestion involontaire.
Alors je fais de la suggestion par intimidation ; je fais chauffer le thermo-cautère; j'affirme que si dans dix minutes, elle n’est pas levée, on lui mettra des raies de feu sur l'estomac. Quand le thermo-cautère arrive, elle se réveille, puis se lève et marche; tout cela se fait avec une certaine ingénuité: il n’y a ni simulation, ni mauvaise volonté consciente. C'est un état de catalepsie avec extase involontaire dans lequel elle se complait, que ses instincts provoquent; que la suggestion simple n'a pu réprimer, que la suggestion avec crainte du fer rouge a pu rompre.
1%. — La malade a été bien pendant ces trois jours, elle est restée levée et s'est occupée dans la salle. Hier, cependant, elle ne voulait pas se lever. Cs n’est qu’après suggestion et admonestation qu'elle s’est décidée à le faire. |
Ce matin, elle a un peu travaillé ; mais, à 10 heures, elle se met de nouveau sur sa chaise, reste immobile, rêveuse, cherchant son extase cataleptique. La respiration est haletante, etc. Le pouls est à 92. Constipation depuis cinq jours. Hier soir n’a pas mangé. À voulu jeter son diner par la fenêtre, — Suggestion.
45, — Pour la sortir de cet état d’atonie où elle se complait, je provoque une crise convulsive avec contracture, hallucinations gaieset tristes; puis je la réveille par suggestion. Mais aussitôt réveillée, elle retombe en extase cataleptique. Je Ia menace du fer rouge, puis je l’électrise vivement pour la faire sortir de cet état, la menaçant de recommencer si elle se rendort.
16. — La malade a été très bien hier à la suite de cette suggestion par intimidation ; elle s’est levée, a travaillé toute la journée. Je l’encourage dans cette bonne voie. Je la suggestionne à l’état de veille.
17. — A continué à être très bien. Elle est très active, n’accuse plus aucune douleur, se lève même de bonne heure pour travailler.
Cet état continue les jours suivants ; la malade est toute transformée. Dans la nuit du 20 au 21, elle a comme une velléité de crise qui n’aboutit pas. Se réveillant tout d’un coup pendant son sommeil, elle s’est levée sur son litet s’est raidie un instant; mais tout s’est vite dissipé.
Elle va, le 23 juillet, à la recherche d’une place, et l’ayant trouvée dans une ferme à Pixerecourt, près de Nancy, elle sort, le 24 juillet, se sentant tout à fait bien ; la malade était, à l'hôpital, recue aux frais de la subvention départementale : celle-ci étant épuisée, elle n’a pas pu être conservée plus longtemps. Le traitement n'a pas été prolongé assez pour que nous espérions une guérison sans rechute.
Nous avons vu, dans ce cas comme dans d’autres, la crise d'hystérie évoluer en diverses phases provoquées par suggestion.
Nous avons vu aussi que les moyens d’action suggestive doivent varier. L’auto-suggestion peut être plus forte que la suggestion purement verbale. La crainte salutaire du fer rouge, déjà utilisée par Boerhave, peut être nécessaire. La Simulation des hystériques n’est pas absolument volontaire : notre malade n’avait ni malice, ni rouerie: les lettres qu'elle écrivait à sa famille dénotaient une pauvre fille, naïve, ingénue, sans perversité, sans ruse. Elle se mettait en extase hystérique, parce qu’elle y trouvait un certain charme, parce que ses instincts modifiés par la maladie l’y poussaient et tendaient à l’y maintenir. L’intimidation
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seule rompait ce charme et permettait au cerveau l’action dynamogénique nécessaire pour rentrer dans l’état normal. C’est d’une observation superficielle que de prétendre tout expliquer par une banale simulation.
OBsERvATION XXII. — Crises hystériques depuis plusieurs mois, avec paralysie complète. — Guérison des crises en trois semaines, de la paraplégie en un an par suggestion.
Mie X..., âgée de treize ans, habitant Bruxelles, est atteinte depuis quatre à cinq mois de crises hystériques avec paraplégie. L'affection a commencé sans cause par la paralysie de la jambe droite suivie en peu de jours de celle de la jambe gauche; et depuis la paraplégie est complète. Quelques jours après ce début survinrent des crises hystériques, caractérisées par du sommeil, de l'oppression, de la strangulation, de la respiration hajetante, de la contracture, crises durant environ une heure et demie chacune et se répétant deux à trois fois par jour. La valériane, le bromure, la quinine, l’hydrothérapie faite dans un établissement spécial, n’ont pas amené de modification notable. La paraplégie a persisté. Les crises après avoir changé plusieurs fois dans leurs allures affectent maintenant un caractère régulier. Elles se répètent, trois fois par jour, à peu près à la même heure; chacune ayant une modalité différente quant à la succession des symptômes. Mais celles qui se reproduisent, chaque jour à la même heure, ont la même évolution : la céphalée, les mouvements convulsifs, la contracture, le rythme haletant de la respiration, le mode de réveil, tout se déroule chaque fois dans le même ordre.
Son oncle me l'amène le 1% juillet 14887. C’est une très grande fille pour son âge, treize ans, actuellement assez anémique, bien constituée, sans antécédents nerveux, sans maladie antérieure, remarquablement précoce, comme intelligence. Son père est très impressionnable, sa mère, autrefois hystérique, est depuis des années affectée de myélite chronique; elle est morte depuis.
Je ne constate rien de particulier aux allures de la jeune fille. D'un caractère doux, elle est, malgré son aspect souffreteux actuel, bien équilibrée intellectuellement et moralement ; elle n’a rien de ce qu'on décrit comme caractère psychique des hystériques. Toutes les fonctions sont normales ; époques régulières depuis plusieurs mois.