‹ Hypnotisme, suggestion, psychotheŕapie (volume 3)Chapitre 159 sur 271 · Ne mange pas. Accuse des nausées. — Suggestion · texte numérisé non relu

Ne mange pas. Accuse des nausées. — Suggestion

3 janvier. Va très bien. Les règles sont à peu près terminées. Accuse encore une douleur dans le mollet et le genou droits. Peu d'appétit. — Suggestion.

5. — Va assez bien. Encore quelques sensations douloureuses dans la jambe. Demande sa sortie.

OBSERVATION XX VI. — Crises d'hystérie infantile due à une frayeur avec tristesse et cauchemars, datant de dix-huit mois. — Guérison de l'hystérie dès la première séance suggestive et de l'état nerveux en quelques jours.

Lucie L... est âgée de onze ans. Elle m'est amenée de Charleville, par son père le 7 mars 1890. Cet enfant, d'un tempérament impressionnable, née d’un père nerveux, a toujours été bien portante avant la maladie actuelle. I1 y a dix-huit mois, le domestique de la maison accusé à tort par la presse locale d’être un espion allemand, dut être congédié par le père et de désespoir alla se pendre. La petite fille qui lui était très attachée, il la conduisait à l’école, en fut vivement affectée. Pendant quatre mois, elle ne présenta rien d’anormal que de la tristesse, et de l’agitation: l'appétit se perdit ; le sommeil fut agité par des rêves et des cauchemars

pendant lesquels elle voyait toujours ce pauvre jeune homme en imagination; elle y pensait sans cesse. Chose singulière! Un mois après ce suicide, un petit garçon de seize ans, fils d’un ami, garçon très nerveux, frappé par ce triste événement, se pendit à l'escarpolette d’une fenêtre par une sorte d’auto-suggestion.

Trois mois plus tard Lucie L... après son diner fut prise tout à coup d’une crise violente; douleurs abdominales intenses remontant vers l’épigastre et la gorge, suffocation, face injectée, yeux blêmes, grands mouvements convulsifs, cris, agitation extrême.

- Elle appelle: « Louis, Louis (c’est le nom du domestique), je vais te

rejoindre », et cherche à se suicider. Elle se jette à terre, se frappe, se roule, mord, veut tout briser, étouffe, etc. Cet accès dure trois

heures. Depuis ce jour, elle a deux ou trois crises pareilles, en :

moyenne, par semaine; elle en a eu jusqu’à cinq. Dans l'intervalle des crises, elle est triste, inabordable, dit son père, facile à énerver: la moindre excitation amènerait la crise ; la nuit pendant son sommeil, elle a des cauchemars et parle. De plus elle a une douleur continue dans l’abdomen et dans les reins; on ne peut toucher la région abdominale, surtout à droite. L'idée seule qu’on va toucher cette région la fait crier.

En octobre dernier, à la suite d'un traitement par le bromure, la malade est restée six semaines sans crise, mais restant toujours énervée, agitée par des cauchemars nocturnes. Puis les crises revinrent, malgré le bromure, aussi violentes qu'auparavant, deux ou trois par semaines.

Le 31 janvier dernier, elle eut une crise très violente durant

deux à trois heures, pendant laquelle elle souleva son lit, et brisa un cadre dans lequel elle croyait voir le pendu. Quatre jours auparavant, pendant une crise analogue, elle appela son père assassin.

Le 2 février, elle eut une crise plus courte, moins violente. Quelquefois, elle la sent venir, devient anxieuse, se jette aux genoux. de sa mère en disant: « Déshabille-moi vite, je m'en vais. » Et tout se borne à de l’anxiété, de la suffocation, un sentiment de défaillance. — Un professeur de Paris, consulté, conseilla l'isolement dans un établissement hydrothérapique. Avant de le faire, le père désira me consulter. Je l’engage à mettre l'enfant dans mon service d'hôpital et je la fais coucher dans une chambre attenante à celle des malades. J’affirme qu'elle va être guérie et avant de l’endormir, je cherche à capter sa petite imagination, à lui donner confiance. Je Ja fais assister au sommeil provoqué chez d'autres malades.

Éd:

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