ORIGINE SENSORIELLE DES IDÉES
viennent aussi le point de départ d'idées suggestives. Une crampe musculaire, une myalgie, suggèrent l’idée d’une maladie rhumatismale ou nerveuse. Les sensations viscérales diverses, picotement laryngé, borborygmes, intermittences cardiaques, sont recueillies par le cerveau, interprétées par lui et souvent traduites en conceptions hypocondriaques.
Nous sommes ici dans le domaine de l’auto-suggestion. On appelle ainsi la suggestion née spontanément chez une personne, en dehors de toute influence étrangère appréciable. En réalité, l’auto-suggestion ne résulte pas d’une génération spontanée; elle est toujours liée à une impression sensorielle qui donne naissance à une idée ou à une association d'idées, en rapport avec des souvenirs accumulés par suggestions antérieures. Exemple : Vous savez que les Jeunes étudiants en médecine se croient souvent tuberculeux. Plusieurs fois j'ai eu à rassurer vos camarades, à déraciner de leur esprit une auto-suggestion plus ou moins profondément implantée. Le jeune élève clinicien a étudié la tuberculose au lit du malade ; il a vu le facies amaigri, le thorax allongé, les ongles incarnés, les crachats nummurlaires, les sueurs nocturnes, il a perçu la matité et le bruit de pot fêlé, il a entendu la toux caverneuse, le souffle et les gargouillements ! Son esprit curieux est plein de ces symptômes ! Qu’une toux insignifiante, ou une légère douleur thoracique survienne, cette impression aboutissant au sensorium donne l’idée de tuberculose, et cette idée, prenant possession du cerveau, crée à son tour toutes les sensations corrélatives dont l’image à été fraîchement enregistrée dans le sensorium. Que d'étudiants qui explorent leur cœur ou qui l’entendant pendant la nuit battre dans l'oreille sont obsédés de l’idée d'insuffisance aortique!
Quand une idée s’est trouvée associée à une sensation quelconque, la même sensation se reproduisant spontanément peut réveiller la même idée. Une personne, à la suite