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d’uneémotion morale vive, produite par la lecture d’'unroman émotif, est prise de battements de cœur. Plusieurs mois après, des battements de cœur, dus à une course forcée, révcénèrent le souvenir de la lecture et l’émotion déterminée par elle. Lorsqu'on fait un nœud à son mouchoir pour se rappeler un fait, on associe une idée à une impression visuelle ou tactile, pour que cette dernière venant à se reproduire suggère de nouveau la première. La mémoire fait appel à ce principe : suggestion d'idées par sensations associées.
Quelle que soit la porte d'entrée de l’idée dans le centre psychique, tantôt elle est transmise directement et le rôle premier du cerveau se borne à l’accepter; telle est l’idée communiquée par la parole, l’enseignement, la prédication, la persuasion : l’idée est comprise dans la sensation ; c’est la suggestion directe. Tantôt au contraire l’idée est créée par le cerveau à la suite de l'impression reçue : c’est la suggestion indirecte. Ici intervient le rôle individuel de chaque cerveau; Suivant leurs qualités natives, leurs modalités héréditaires, suivant leurs habitudes et aptitudes acquises par l’éducation, limitation, les suggestions antérieures, les divers cerveaux réagiront chacun à sa façon et transformeront en idées diverses la même impression perçue.
Prenez les enfants au sein, avant que l'éducation n’ait modifié leurs qualités natives, alors que leurs cerveaux encore vierges d'impressions acquises réagissent avec l’organisation native. Soumettez plusieurs de ces enfants à un bruit insolite, un sifflement, par exemple. Qu’arriverat-il ? L'un aura peur et criera; le second au contraire cessera de crier et rira; le troisième témoignera de la curiosité et cherchera autour de lui la cause du bruit. Voyez de même l'effet d’un bain sur ces divers êtres : joie pour l’un, colère pour l’autre, peur pour le troisième.
Ainsi, le phénomène sensoriel initial étant le même, l’idée consécutive, c'est-à-dire la suggestion, sera diverse