LARYNGITE AVEC NEURASTHÉNIE LOCALE
À vingt-huit ans, pleurésie droite qui dura un mois. Il y a quatre ou cinq ans, bronchite pendant deux mois; depuis il a continué à tousser et à cracher. L’année dernière sciatique qui a duré vingt jours; depuis 1l ressent de temps en temps des élancements; il reste quelquefois huit jours sans en avoir; puis en ressent pendant un ou deux jours; ces élancements s’irradient de bas en haut et de haut en bas à la face postérieure du membre.
Il y a deux mois aurait eule ventre et les jambes enflés pendant cinq semaines, sans oppression notable.
Etat actuel. Constitution primitive bonne. Tempérament mixte. Apyrexie, pouls bondissant, ample, 60 par minutes. Voussure épigastrique et hypocondriaque due à une augmentation de volume du foie.
Le cœur n’est pas hypertrophié; souffle doux prolongé, diastolique à la base à gauche du sternum avec souffle doux au premier temps. Son tympanique profond avec pot fêlé, quand la bouche est ouverte, du deuxième au quatrième espace intercostal antérieur gauche. Souffle carotidien et crural simple. Légère scoliose latérale dont la concavité regarde à droite du côté de l’ancienne pleurésie; submatité en arrière et à droite. Expiration soufflée au sommet postérieur gauche; quelques râles fins à la base. Sibilances disséminées. Urinesclaires normales 1,500. Densité 1,017. Digestion normale.
Suggestion : sommeil profond; amnésie au réveil. Je suggère de ne plus avoir ni crampes, ni douleurs dans les membres.
Le malade reste au service jusqu’au 8 janvier sans se plaindre; n’a plus de crampes, ni de douleurs; n’accuse que des quintes de toux. Les crampes et les douleurs seraient-elles revenues sans la suggestion ?
Il rentre le 30 janvier : trois jours après sa sortie, la toux et l’expectoration augmentèrent. Il y a huit jours, mal de gorge intense avec enrouement et gêne à la déglutition. N’a plus eu ni crampes, ni battements de cœur. J’examine la gorge avec la cuillère. Après cet examen, il est pris de toux spasmodique avec inspiration sifflante difficile, prolongée, et respiration saccadée, avec rougeur de la face, et dilatation des veines du cou (toux coqueluchoïde); il dit avoir eu quelquefois (cinq ou six fois) des quintes semblables. Mêmes signes à l'examen du cœur et du thorax. Dort mal. — Suggestion.
1% février. — À eu deux quintes de toux, mais moins fortes que d'habitude. Se plaint encore de la sensation douloureuse à la gorge. — Suggestion. |
2. — Après la suggestion d'hier, la sensation douloureuse laryn-
gée a disparu et n’est pas revenue : elle était continue avant, Il dit aller beaucoup mieux. — Suggestion.
3. — A bien dormi de 41 heures à 3 heures du matin, — Suggestion de dormir toute la nuit depuis 8 heures sans se réveiller.
4. — S'est endormi à 8 heures, comme cela avait été suggéré, mais s’est réveillé à chaque heure pour tousser et s’est rendormi immédiatement. Réveil définitif à 5 heures. Avant son entrée à l'hôpital, il restait à chaque réveil produit par la toux une demiheure à 4 heure sans pouvoir se rendormir. L’enrouement a beaucoup diminué. — Suggestion.
5. — Ne se plaint plus de la gorge; appétit. Se réveille plusieurs fois la nuit; tousse et crache une ou deux fois, puis se rendort. — Suggestion. Même état les jours suivants. On n'arrive pas par la suggestion à produire le sommeil continu. Ainsi le 7 février, il se réveille trois fois dans la nuit, à minuit, 4 heure et 3 heures pour tousser et se rendort immédiatement. Il n’a plus d’ailleurs ni douleur laryngée, ni enrouement, ni autres symptômes subjectifs. Demande sa sortie le 9 février.
Il s’agit d’un sujet impressionnable atteint d'insuffisance aortique sans troubles fonctionnels cardiaques, mais qui présente de fréquents. troubles neuropathiques, crampes dans les mollets, dans le pectoral, sciatique, etc.
Une légère laryngite est l’occasion de sensations douloureuses intenses dans le larynx, de quintes de toux spasmodique, et d’insomnie, qui sont facilement combattues par la suggestion.
OBsERVATION LIV. — Ténesme vésical, suite de cystite légère. Besoin d’uriner au moins toutes les heures. Amélioration notable par la suggestion. Besoin d’uriner toutes les trois heures et demie.
X.T..., âgée de dix-neuf ans, entre à l'hôpital au commencement de mai 1886 pour du ténesme vésical qui la prend subitement tous les trois quarts d'heure environ et qui l’oblige à uriner. Si elle reste plus longtemps sans satisfaire ce besoin, elle a beaucoup plus de difficulté à le faire. Ce ténesme existe depuis plusieurs années. La malade a eu quatre couches, deux enfants vivent ; la ménopause est établie depuis deux ans; elle a été précédée de pertes abondantes pendant un an. Comme antécédents, pleurésie gauche en 1865 qui à duré trois mois, pneumonie en 1880 qui dura deux mois;
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quelques douleurs rhumatismales de temps en temps dans les membres. Constipation habituelle; ne va que par lavements; quelques aigreurs après ses repas. Crampes d'estomac assez fréquemment depuis dix ans.
Depuis trois semaines élancements douloureux dans les reins, s'irradiant pendant la marche jusqu’à l’ombilic et aux épines iliaques antérieures; quand elle est couchée, elle n’a que des douleurs lombaires. Ces douleurs existent depuis dix ans, mais ont augmenté depuis trois semaines, si bien que la malade ne peut pas marcher plus de dix minutes sans avoir des élancements qui Pobligent à s'arrêter.
Il y a six ans la malade a été en traitement chez le D' Liébeault; après cinq ou six séances, elle fut soulagée, bien qu'elle n’eût pu dormir profondément.
La constitution est bonne; on ne constate rien d’anormal à l’examen du cœur et des poumons. Pas de douleur à la pression de l’abdomen ni des régions lombaires. Le toucher utérin ne dénote aucune anomalie. Quelques craquements dans les articulations des phalanges. Les urines renferment un dépôt assez abondant de phosphates et quelques globules de pus. Diagnostic : Nervosisme; cystite légère, ténesme vésical.
La malade est hypnotisée pour la première fois le 4% mai; elle n'arrive qu'au premier degré. Elle garde les urines une heure et demie ce jour. Le 5, elle reste 2 heures sans uriner; les douleurs lombaires et les irradiations ont diminué. Dans la nuit du 6 au 7, elle urine quatre ou cinq fois avec moins de ténesme.
Seconde suggestion le 7 mai. La malade reste deux heures et demie sans uriner; elle se réveille six fois dans la nuit, mais reste de 2 à 4 heures sans uriner, ce qui ne lui était pas arrivé depuis trois semaines. — Le 8, elle reste deux heures et demie dans la journée et deux heures dans la nuit. Les douleurs sont moindres, mais existent encore. Continuation des suggestions.
Le 9, elle reste trois heures et demie dans l'après-midi sans uriner. Dans la nuit elle urine trois fois seulement de 8 heures du soir à 4 heures du matin.
Le 10, elle urine deux fois dans l'après-midi ct quatre fois dans la nuit de 8 heures du soir à 4 heures du matin. Suggestion.
Le 11, la malade reste trois heures et demie sans uriner dans la journée; elle urine trois fois pendant la nuit.
Les douleurs iléo-lombaires ont notablement diminué sans avoir disparu complètement. La malade se trouve soulagée et demande sa sortie le 42,
OBSERVATION LV. — Douleurs lombaires et intercostales depuis un mois. — Amélioration immédiate par la suggestion hypnotique ; guérison en quatorze jours.
L... (Joseph), âgé de cinquante-six ans, relieur, entre le 13 décembre 1888 à l'hôpital pour une névralgie lombaire et intercostale. Depuis un mois, il accuse des douleurs dans les reins et autour du ventre, se développant quand il marche et au moindre effort, et l'empêchant de dormir. Ces douleurs ont commencé à la suite d’une fièvre typhoïde qui s’est prolongée avec une rechute, pendant deux mois. Le malade commençait à manger; il ne se levait pas encore, quand il fut pris tout à coup de douleur dans les reins, douleur qui persiste depuis; il ne peut rester levé plus d’une heure, à cause de cette douleur quis’exaspère alors.
Il a eu, il y a quatre ans, une névralgie faciale et dentaire double qui a duré trois mois.
Etat actuel. — Constitution bonne ; tempérament lymphaticonerveux. Apyrexie. Fonctions digestive, cardiaque, respiratoire, normales.
La douleur fait le tour en ceinture depuis la colonne vertébrale, au niveau des trois derniers espaces intercostaux et du rebord costal, à droite. A la pression, pas de douleur au niveau du rachis; mais douleur très vive au niveau du rebord costal et au onzième espace, depuis l’aisselle jusqu'en avant. A gauche, même douleur au niveau des trois derniers espaces et du rebord costal.
Suggestion : sommeil profond le 13 novembre.
14 novembre. — Après la séance, les douleurs étaient moindres. Le malade uw pu dormir cette nuit, ce qu'il ne faisait pas auparavant.
15. — Hier matin, après suggestion, douleur moindre : on pouvait presser les espaces intercostaux et le rebord costal sans réveiller la douleur. Le malade a voulu se lever; en marchant, les douleurs ont reparu. — À dormi cette nuit, comme la précédente. — Ce matin, n'a plus de douieurs vers le rebord costal droit; la douleur existe du côté gauche.
16. — Hier après suggestion, a pu courir; a marché pendant deux heures ; a encore eu mal, mais beaucoup moins qu’auparavant. À bien dormi.
17. — Après la suggestion de hier, plus de douleurs ; a marché pendant deux heures. Les douleurs ont reparu ensuite, moins fortes. À été endormi le soir et a dormi jusqu’à 6 heures du matin. A déjà marché une heure ce matin, — Suggestion.
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